Un rendez-vous pour créer du lien pour les entrepreneurs. C’est l’objectif que s’est donné Bokantaj. Jeudi matin, pour sa troisième édition, la manifestation organisée par Martinique développement compte rassembler 200 participants au CDST à Saint-Pierre. Entretien avec Alexandre Ventadour, président de Martinique développement.
Pourquoi avoir choisi la ville de Saint-Pierre pour cette troisième édition ?
Bokantaj est un rendez-vous que l’on a pensé pour sortir de la centralité. Beaucoup de choses se font à Schœlcher Fort-de-France Lamentin. On a voulu que Martinique développement et que les professionnels de l’accompagnement d’entreprises puissent aller dans les autres communes. Les deux premières éditions ont eu lieu au Morne-Rouge et à Sainte-Marie. Celle-là à lieu à Saint-Pierre mais ce n’est pas exclu que Bokantaj ait lieu dans le sud. L’idée est de rapprocher les accompagnements de l’entreprise, de la création, de son développement, de son accélération voire de sa fin des entreprises. Tout le monde est le bienvenu. Il va y avoir beaucoup d’exposants comme la CGSS (Caisse générale de la sécurité sociale) ou réseau entreprendre. Ces stands vont pouvoir aiguiller, aider et accompagner les entreprises de manière très concrète.
Que trouvera le visiteur à Bokantaj ?
Bokantaj est une matinée et aussi un cycle de conférences : l’innovation à portée de main, l’économie circulaire, l’intelligence artificielle et les changements climatiques. Ce sont des sujets qui sont le quotidien ou le futur de l’entreprise. L’objectif est d’inspirer, discuter, donner une hauteur de vue au chef d’entreprise. C’est une opportunité pour eux de sortir la tête du guidon, d’aller sur des problématiques concrètes avec France Travail ou la CGSS. Quand on parle d’intelligence artificielle, c’est aussi savoir ce qu’on peut en faire réellement sur des secteurs qui sont surtout l’avenir de l’entreprise. Par exemple, si une entreprise fait de l’agro transformation, quelle serait pour elle l’innovation ? Cela pourrait être le matériau utilisé, la manière dont elle va vendre son produit, créer un site internet, utiliser un matériau plus durable et plus renouvelable. C’est un sujet de prospective pour une entreprise.
Le tissu économique martiniquais est très majoritairement composé de Très petites entreprises (TPE). Le ressentez-vous lors de ces rendez-vous ?
La première édition, il y a 160 personnes, deuxième édition, 180 personnes. On espère atteindre les 200 cette année. On pourrait être beaucoup plus. Ce n’est pas tant le fait d’être à 85 voire 90% de TPE/PME car c’est une situation que l’on retrouve dans de nombreuses régions dans l’Hexagone, c’est le fait que parmi eux la très grande majorité est seule. Ce sont des gens qui ont leur camionnette, qui font leur entretien d’espace vert ou autre. La fréquentation de Bokantaj est bonne mais elle pourrait être meilleure. On le ressent aussi dans les questions qui sont posées qui sont très pragmatiques. On a parfois des gens en face de nous qui sont déstabilisés par les grandes transformations. Toute entreprise va devoir se plier à la facturation électronique. C’est plus facile à outiller quand on est dans une grande structure avec des salariés dédiés, ça l’est moins quand on est un ou deux dans l’entreprise et qu’on est obligé d’être un couteau suisse. On a donc besoin d’être accompagné. Bokantaj sert à dire à ces entreprises qu’elles ne sont pas seules. Il y a des dispositifs. Il y a des femmes et des hommes dont c’est le métier. C’est la prérogative de Martinique développement. On est un tissu particulier mais c’est beaucoup de proximité. Cet atypisme du tissu économique local en fait un lieu d’échange très humain.
Propos recueillis par Laurianne Nomel




