Un protecteur a le pouvoir d’opposer son veto à une décision proposée par un fiduciaire, mais jusqu’à présent – et selon les termes de la fiducie – l’étendue de ce droit de veto était sujette à débat. Certains estimaient que le protecteur ne pouvait s’opposer à la décision que si celle-ci était illégale ou irrationnelle. Ce rôle restreint a été confirmé récemment par la Cour suprême des Bermudes et la Cour d’appel des Bermudes.
Mais le Conseil privé a rejeté cette règle restrictive applicable aux protecteurs. Cela signifie que désormais, au lieu de simplement vérifier la légalité et la rationalité d’une décision du fiduciaire, les protecteurs peuvent – et cela reste soumis aux termes de la fiducie – user de leur pouvoir discrétionnaire pour décider d’opposer leur veto à une décision.
Pourquoi c’est important pour les îles Caïmans

En tant que centre offshore majeur, les îles Caïmans comptent de nombreux administrateurs et protecteurs. Dans un jugement rendu en juin 2024 par la Cour suprême des îles Caïmans, le juge Ian Kawaley a reconnu que l’étendue des pouvoirs d’un protecteur restait « controversée ».
« Il s’agit d’une décision capitale et très attendue pour les trusts offshore et leurs protecteurs à l’échelle mondiale », a déclaré Shelley White, responsable de l’équipe litiges relatifs aux trusts des îles Caïmans chez Walkers. « Ce jugement démontre clairement que les protecteurs de trusts ne se contentent pas d’entériner systématiquement les décisions des fiduciaires. »





