À la suite de la tribune libre de JPB consacré à la comparaison entre la pollution aux PFAS dans le Maine et la contamination à la chlordécone en Martinique, un lecteur a souhaité réagir.
Dans ce courrier argumenté, il conteste certaines analyses, rappelle les dispositifs mis en place par l’État et invite à une lecture plus nuancée de la situation.
Nous publions ci-dessous, dans son intégralité, sa contribution.
Pourquoi voir toujours le verre à moitié vide ?
Cet article paru dans Antilla ce jour est l’exemple même du mal qui frappe la Martinique en plein cœur. Je ne parle pas de la chlordécone mais de cette tendance à nier systématiquement la réalité des faits et continuer à véhiculer des fausses informations pour entretenir les nombreuses polémiques et tensions qui rongent notre société.
La comparaison faite entre le Maine et la Martinique, en faveur du Maine bien sûr, est non seulement abusive, mais surtout bourrée, au mieux d’inexactitudes et au pire de faussetés.
Reprenons les faits : le Président Macron a reconnu la responsabilité de l’État français dès 2015. Un budget de 130 millions d’euros est consacré au traitement de cette catastrophe environnementale sur la Martinique et la Guadeloupe. Si on compare les 60 millions de dollars de fonds publics du Maine pour une population de plus de 1,3 million d’habitants par rapport à la Martinique/Guadeloupe, l’État français consacre quatre fois plus de budget par habitant pour traiter de la chlordécone.
Voilà donc déjà deux éléments à corriger : la reconnaissance de l’État français et les budgets consacrés à traiter la chlordécone.
La stratégie chlordécone mise en place par le gouvernement traite le sujet dans son ensemble : recherches scientifiques, accompagnement des Martiniquais dans leur alimentation, tests de sang et de sols gratuits pour toute la population et tout le territoire, sans oublier les aides apportées aux agriculteurs, éleveurs de bovins et pêcheurs. On parle bien ici d’une stratégie collective et globale assumée.
Alors, l’article qui fait mention d’une adaptation reposant avant tout sur les individus n’est-elle pas un peu — voire beaucoup – abusive ?
Je pourrais continuer ainsi sur de nombreux autres points (indemnisation des victimes professionnelles de pesticides, portail internet fournissant en toute transparence les actualités judiciaires et parlementaires, programme d’aide aux jardins familiaux…).
Anyway ! Il est de bon ton en Martinique de dire que rien ne va sans chercher et surtout transmettre les vraies informations.
Pour une fois que le sujet est pris à bras-le-corps, que des campagnes de prévention sont mises en place, que des chercheurs travaillent d’arrache-pied et que le gouvernement français agit, pourquoi ne pas le reconnaître ?




