Depuis lundi et jusqu’à samedi, des rencontres régionales de diffusion artistiques ont lieu dans l’île. Une délégation de 40 personnes venues des quatre coins de l’Hexagone, des Outre-mer et du Canada est venue à la rencontre de l’écosystème culturel martiniquais.
Tambour, ti boi, chant. Des notes de bélè s’élèvent des abords du canal Levassor. Une partie de la culture martiniquaise se dévoile dans les locaux de l’association Tanbou bô kannal. Pour ce bref interlude, l’auditoire est tout ouïe. Il s’agit de 40 personnes issues du monde de la culture et des arts venues de toute la France hexagonale mais pas que. Des représentants de la Guadeloupe, la Guyane et même du Canada étaient présents ce lundi matin à Fort-de-France. Tous sur invitation de la Direction des affaires culturelles et de son directeur Johan-Hilel Hamel. La délégation de 40 directeurs de structures culturelles effectuera un séjour de six jours dans l’île. L’objectif est d’aller à la rencontre des artistes martiniquais.

« Il y a la programmatrice du festival d’Avignon qui est là mais aussi des directeurs de scènes nationales, de théâtres, des festivals. On voit qu’il y a un intérêt croissant pour la création martiniquaise. C’est un signal important et très positif pour l’écosystème culturel martiniquais », explique Johan-Hilel Hamel. Le dernier événement de ce type s’était déroulé en 2022, juste après le Covid avec beaucoup moins de participants. « Ils ne viennent pas chercher du particularisme culturel, ils viennent s’intéresser à l’écosystème artistique local, à la diversité et à la richesse de la création et des points de vue autres que ceux qui sont exprimés en France hexagonale. » Côté artistes martiniquais, la visite de cette délégation peut rimer avec visibilité.
« Un moment rare pour l’art martiniquais »
« J’espère qu’ils en tireront des diffusions au national de leurs spectacles qui sont déjà produits, peut-être des fidélités sur le plus long terme avec des politiques d’artistes associés et des collaborations entre les structures elles-mêmes. » Le directeur de la DAC, explique que c’est un moment rare pour l’art martiniquais. Quarante programmateurs qui se rencontrent en un lieu prendront le temps d’échanger et d’écouter des artistes, une mission de l’Onda (Office national de diffusion artistique.)
« Je constate un intérêt fort de l’Onda pour les territoires ultramarins avec une priorité menée sur la Martinique. »
Sylvain Cornuau a fait le voyage du Canada de Montréal au Québec plus précisément. Même fuseau horaire et à quelques heures de vol seulement. Il co dirige un festival international pour l’enfance et la jeunesse. Sylvain Cornuau veut aller plus loin dans la francophonie des Amériques. « Je suis très curieux de voir comment se développent ces pratiques pour la jeunesse et l’enfance en Martinique. Il y a une jeunesse vibrante. »
La directrice du théâtre de l’Union et de l’école supérieur de théâtre de l’Union à Limoges, Aurélie Van Den Daele est aussi venue à la rencontre des artistes. L’école qu’elle dirige possède une plateforme d’enseignement d’art dramatique dédiée aux Outremers.
« Nous comptons beaucoup d’élèves qui viennent des territoires ultramarins et qui attendent d’avoir un écho entre les projets qu’ils voient et l’enseignement qu’ils reçoivent. »
La délégation ne restera pas centrée sur Fort-de-France mais sera en itinérance dans toute la Martinique pour aller à la rencontre des compagnies dans leur lieu de création.
Laurianne Nomel




