Le Haut Conseil des Finances Publiques (HCFP) émet des réserves sur les perspectives financières du gouvernement, mettant en lumière des prévisions jugées trop optimistes et un manque d’alignement avec les engagements européens. (Visionner la vidéo en bas de ce texte.)

Pierre Moscovici :

…le plan gouvernemental manque « encore à ce jour, à notre sens, de crédibilité »

Le HCFP, organe de surveillance budgétaire, a exprimé ses préoccupations concernant le projet de loi de programmation des finances publiques pour la période 2023-2027. Pierre Moscovici, président du HCFP, a souligné le manque de crédibilité du plan, suggérant que les ambitions du gouvernement en matière de réduction du déficit et de désendettement étaient insuffisantes.

Le projet, qui avait déjà fait l’objet d’un rejet par l’Assemblée nationale il y a un an, est de retour sur la table des débats cette semaine. Le gouvernement, pressé par le temps et face à une opposition sceptique, envisage d’utiliser l’article 49.3 de la Constitution pour faire passer la loi sans vote. Une étape décisive, car le succès de cette loi est une condition préalable à la réception des fonds européens du plan de relance.

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, a mis en garde contre les conséquences d’un échec à adopter la loi. Sans cette adoption, une somme de 17,8 milliards d’euros pour 2023-2024 et une enveloppe de 28 milliards d’euros jusqu’en 2026 pourraient être en jeu.

Cependant, le HCFP remet en question les hypothèses sur lesquelles repose le plan gouvernemental, en particulier celles concernant la croissance économique. Il est souligné que les prévisions de croissance du gouvernement dépassent les attentes générales du marché. Alors que le gouvernement anticipe une croissance de 1,4% en 2024, la majorité des économistes prévoit une croissance plus modeste de 0,8%.

Monsieur Moscovici a également mis l’accent sur la nécessité pour la France de réduire sa dette, la situant actuellement à un niveau préoccupant de 108,1% du PIB, bien au-dessus du seuil européen de 60%. Cette démarche est essentielle pour assurer la capacité du pays à répondre à d’éventuelles crises économiques futures et pour financer des initiatives essentielles telles que la transition écologique.

Le débat se poursuit, mais une chose est certaine : le gouvernement est sous pression pour assurer que sa vision économique soit à la fois réaliste et en phase avec les besoins et les attentes de la nation.


Budget 2024 :

Budget 2024 : audition de Pierre Moscovici, président du Haut Conseil des finances publiques

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