Le président cubain Miguel Díaz-Canel a réitéré, jeudi 12 février, la disposition de son pays à échanger avec Washington, “sans pression et dans le respect de la souveraineté” de l’île, tout en confirmant que l’appareil de défense cubain se prépare méthodiquement à toute éventualité.
Une offre de dialogue assortie de conditions
“Cuba est prêt à un dialogue avec les États-Unis, sur n’importe quel sujet”, a déclaré le président cubain lors d’une conférence de presse. Avant de préciser ses conditions : “sans pression, sans conditions préalables, dans une position d’égalité, dans le respect de notre souveraineté, de notre indépendance, de notre autodétermination, et sans aborder des sujets que nous pourrions considérer comme une ingérence dans nos affaires intérieures.”
C’est toutefois la voix du dialogue que le gouvernement cubain souhaiterait voir prospérer, assurant qu’il est “possible d’établir une relation civilisée entre voisins, laquelle pourrait apporter des avantages mutuels” aux peuples des deux nations.
“Nous nous préparons au cas où il faudrait passer à l’état de guerre”
Parallèlement à cette main tendue, Díaz-Canel a confirmé que “toutes les composantes du système de défense territoriale se préparent de manière progressive et systématique”, en référence à la doctrine militaire cubaine de “guerre de tout le peuple”. “Nous ne sommes pas en état de guerre, mais nous nous préparons au cas où il faudrait passer à l’état de guerre à un moment donné”, a-t-il précisé, en réponse à une question sur l’avancement de la préparation militaire du pays.
Le pays est “prêt à défendre la patrie jusqu’à la dernière goutte de sang”, avait-il déjà affirmé le mois dernier, en réaction aux déclarations de Donald Trump sur un éventuel “changement de régime” à Cuba — un objectif que le secrétaire d’État Marco Rubio a d’ailleurs reconnu explicitement devant le Sénat américain le 28 janvier 2026.
Une crise énergétique sans précédent depuis l’effondrement soviétique
Ces déclarations interviennent dans un contexte de dénuement énergétique grave. Depuis décembre 2025, les États-Unis ont commencé à saisir des pétroliers transportant du brut vénézuélien à destination de Cuba, avant de décréter un blocus sur les exportations pétrolières de Caracas. L’opération militaire américaine du 3 janvier 2026, au cours de laquelle des frappes ont visé Caracas et le président Nicolas Maduro a été capturé et transféré à New York pour répondre d’accusations de narcoterrorisme, a définitivement rompu ce canal d’approvisionnement. Le secrétaire général de l’ONU et de nombreux États ont dénoncé cette intervention comme une violation manifeste du droit international et de la Charte des Nations Unies.
Le 29 janvier 2026, Donald Trump a signé un ordre exécutif déclarant une “urgence nationale” concernant Cuba et autorisant des droits de douane punitifs contre les pays continuant à lui vendre du pétrole. Cet ordre a toutefois été partiellement remis en cause : un nouvel ordre exécutif signé le 20 février 2026 a supprimé le mécanisme tarifaire correspondant, et la Cour suprême américaine a par ailleurs invalidé le recours à la loi d’urgence économique (IEEPA) pour imposer de tels droits de douane. La menace demeure néanmoins, par d’autres voies légales.
Le Mexique, autre fournisseur potentiel, a de son côté suspendu ses livraisons à Cuba dès le 27 janvier 2026, sa présidente Claudia Sheinbaum présentant cette décision comme “souveraine”. Cuba fait ainsi face à ce que des observateurs qualifient de crise énergétique la plus sévère depuis l’effondrement de l’Union soviétique. Díaz-Canel a qualifié l’ensemble de ces mesures de “blocus génocidaire” — une formulation qui reflète la position officielle de La Havane, quand bien même des experts de l’ONU ont, pour leur part, condamné les mesures américaines comme “une grave violation du droit international” sans employer ce terme précis.
Moscou et Pékin en soutien




