Face aux menaces de Trump de faire du Canada le « 51e État » américain et à des droits de douane atteignant 25 à 50 % sur les exportations canadiennes, Ottawa cherche à réduire sa dépendance économique et stratégique vis-à-vis des États-Unis.
Sur le plan économique, le gouvernement a désigné des « Grands projets d’intérêt national », dont la mine de graphite de Matawinie (Saint-Michel-des-Saints, Québec), destinée à faire du Canada le premier producteur occidental de ce minerai crucial pour les batteries, la défense et les énergies renouvelables. L’objectif : contrôler une chaîne de production complète, du sol à la batterie.
Sur le plan politique, des figures comme Jean Charest, en charge des relations avec Washington, jugent la crise salutaire : elle force le Canada à sortir de sa « léthargie » et de sa dépendance confortable à la puissance américaine. Toutefois, les deux économies restent si imbriquées — 25 % des exportations canadiennes vers les États-Unis contiennent des composants américains — qu’une rupture est jugée impensable.
Sur le plan sociétal, la rhétorique trumpiste a déclenché un sursaut patriotique inédit : boycott des produits américains, “Canadiano” remplaçant l’Americano dans les cafés, effondrement du tourisme canadien vers les États-Unis, et montée des tensions symbolisée par la rivalité USA-Canada aux JO d’hiver.
En résumé : le Canada joue la résilience à court terme tout en amorçant une stratégie de souveraineté à long terme, sans illusion sur le fait que Washington restera son partenaire incontournable.