À l’occasion du 80e anniversaire de la loi du 19 mars 1946, Maurice Laouchez livre ici un « Repère » personnel, direct et sans détour sur un texte fondateur de l’histoire institutionnelle de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane et de La Réunion. À rebours des silences, des prudences et des discours convenus, il interroge ce que cette loi a réellement changé, ce qu’elle a apporté, mais aussi ce qu’elle dit encore de notre rapport à la France, à l’égalité, à la protection sociale et, plus largement, à la place de l’autre dans la société française. De la mémoire de l’assimilation aux débats très contemporains sur l’immigration, Monsieur Laouchez propose une lecture qui invite moins à la plainte qu’à la réflexion, moins au ressentiment qu’à la projection. Un texte pour ouvrir le débat, avec franchise, sur l’histoire, les responsabilités et les choix à venir.
Cette semaine, le 19 mars 2026 est le 80ème anniversaire de la loi dite d’assimilation des quatre vieIlles colonies françaises: la Guyane, la Guadeloupe, la Martinique et la Réunion.
Le concept d’assimilation étant aujourd’hui décrié par beaucoup, vous aurez remarqué la grande discrétion des manifestations organisées, s’il y en a, autour de ce très important anniversaire.
Quand on entend les innombrables déclarations de nos néo- décolonisateurs, on doit se poser une question simple: comparativement aux territoires voisins, eux aussi jadis colonisés, les Antilles-Guyane françaises peuvent-elles se plaindre?
Existe-t- il beaucoup d’autres pays colonisateurs à avoir fait ce choix d’égalité de principe, malgré les lenteurs d’application, porté par la loi de 1946?
Le temps trouvé pour nous plaindre de tout et de rien ne s’explique-t-il pas par le confort parfois excessif procuré par la loi de 1946?
Les difficultés de la France à trouver réponse aux défis de l’immigration renvoient à la logique de cette loi.
La France à cause de son histoire et de son système de protection sociale, compte sur son territoire de nombreux représentants de toutes les grandes civilisations.
Doit-elle les exclure? Peut-elle matériellement les expulser?
Chacun a sa propre réponse.
Celle que je vous propose est que la France saisisse cette situation comme une chance.
Mais cette chance ne pourra être vécue comme telle qu’à deux conditions:
- première condition : abandonner tout sentiment de supériorité vis -à- vis des autres civilisations;
- deuxième condition : appliquer l’article 5 du préambule de sa propre Constitution, à savoir le devoir, pour chacun, de travailler, et le droit, pour tous, d’obtenir un emploi.
Si elle sait organiser ces deux conditions, la France augmentera sensiblement sa puissance et son influence dans le monde entier.
Maurice Laouchez
MANMAY, AN NOU GADÉ DOUVAN!




