Le HuffPost avec AFP

61c4b7d7280000559a7ed721.jpg

MARTIN BUREAU VIA AFP

Conseil régional de Guadeloupe à Basse-Terre

PASS – Casse et intrusions. Des manifestants du collectif antipass sanitaire -“plus d’une centaine de personnes”, selon la région- ont fait irruption ce jeudi 23 décembre dans l’hémicycle du Conseil régional de la Guadeloupe à Basse-Terre, en brisant des vitres et d’autres objets. Ils ont ensuite décidé d’y passer la nuit.

“C’est devenu la maison du peuple”, a déclaré à la presse locale Gaby Clavier, syndicaliste de la branche santé de l’UGTG, après une réunion avec le président de la région Ary Chalus.

Selon Jocelyn Zou, syndicaliste FO et pompier mobilisé contre l’obligation vaccinale, “le président s’est engagé” à obtenir une réunion entre les manifestants et les parlementaires, “mardi”.

“Atteinte inacceptable à la démocratie”

Les manifestants, qui voulaient “dormir dans l’hôtel de région”, doivent décider ce vendredi de la suite à donner au mouvement. Ils demandent à l’Etat de se joindre à la table des négociations, interrompues depuis deux semaines, pour discuter des problématiques à l’origine de la crise sociale en Guadeloupe, avec en tout premier lieu l’obligation vaccinale.

L’intrusion des manifestants à l’issue d’une séance plénière des élus a été condamnée par l’ensemble de la classe politique de Guadeloupe. “Ces faits […] relèvent d’une radicalisation qui utilise la terreur” et sont “une atteinte inacceptable à la démocratie”, ont estimé les élus de la Commission permanente du département.

“Détruire le mobilier de la Région, […] saccager les bureaux des agents, molester des journalistes, insulter et menacer des agents de la Région Guadeloupe est inexcusable!”, avait dénoncé plus tôt l’exécutif régional, critiquant dans un communiqué des “pratiques d’intimidation et de violence indignes”.

“Non au pass sanitaire”

“Le collectif a cassé le portail d’entrée et la porte du hall d’accueil, et ils sont entrés dans l’hémicycle alors que s’achevait une plénière”, avait indiqué jeudi une responsable de la communication à la région. Elle avait ajouté que les élus avaient “eu le temps de quitter l’hémicycle” et que le président de la région, Ary Chalus “s’est enfermé dans son bureau”.

Ce dernier a notamment pu compter sur le soutien du ministre des Outre-Mer, Sébastien Lecornu, mais aussi de Renaud Muselier, président de la région PACA.

Sébastien Lecornu

Aucune revendication ne justifie d’entraver le bon déroulement d’une assemblée d’élus en pleine séance plénière.

Le @Prefet971 est en lien avec le président de région @achalus971 pour prendre les mesures nécessaires face à l’irruption de manifestants dans le @CRGuadeloupe.

@RenaudMuselier

Tout mon soutien et toute ma solidarité avec @achalus971, et l’ensemble des élus du Conseil régional de #Guadeloupe, apres cette intrusion des #antipasssanitaire #antivax.

Ces violences antidémocratiques sont condamnables et ne sont pas acceptables dans la République Française !

uRtKtfhk_normal.jpg

Agence France-Presse

@afpfr

Des manifestants d’un collectif antipass sanitaire ont fait irruption dans l’hémicycle du Conseil régional de la Guadeloupe à Basses-Terre, en brisant des vitres et d’autres objets, a appris l’#AFP auprès du Conseil régional

Selon les images diffusées par la chaîne locale Guadeloupe la 1ère, les manifestants ont envahi l’hémicycle en chantant. “Non à l’obligation vaccinale! Non au pass sanitaire”.

La 4eme séance plénière du @CRGuadeloupeinterrompue par le collectif. Dégâts matériels dans le hall et accès désormais bloqués (photos

GB) . @guadeloupela1e

FHTjgvTXMAAzLGD.jpg

FHTjgvRXEAg0U2N.jpg

FHTjgwKXIAA5wh2.jpg

“Il y a plus d’une centaine de personnes dans l’hémicycle”, selon le service de presse de la région, mais au total ce sont “plus de 400 personnes” qui ont envahi les lieux, en comptant celles restées à l’extérieur. “Ils nous empêchent de sortir”, a-t-elle ajouté.

Négociations avortées

En Guadeloupe, la résistance à la vaccination est forte. L’archipel a été touché en novembre par un mouvement de contestation, parfois violent, né de l’opposition à l’obligation faite au personnel soignant et aux pompiers de se vacciner contre le Covid-19. Des revendications sociales plus larges ont émergé par la suite.

Cette contestation est menée par un collectif d’organisations, notamment syndicales et citoyennes, très revendicatif.

Les négociations qui devaient débuter mi décembre pour résoudre cette crise ont avorté à la mi-décembre et n’ont pas repris après que les élus ont quitté la table des négociations au motif que la principale revendication du collectif, revenir sur l’obligation vaccinale, était des compétences de l’Etat, pas des leurs. Pour satisfaire les autres points de revendication, ils ont formulé leurs propositions sur les questions sociales et familiales sur un site internet.

Week-end de manifestations

Ce week-end, des manifestations se sont déroulées en plusieurs lieux de l’île. Samedi, les manifestants ont durant plusieurs heures bloqué l’accès au plus grand centre commercial de l’île, bondé, quelques jours avant

Un incendie s’est ensuite déclaré dans l’hypermarché. Après un dépôt de plainte de la direction de l’établissement, l’enquête devra déterminer “si les deux faits sont liés”, a indiqué le parquet de Pointe-à-Pitre.

Des violences sont également régulièrement commises dans l’enceinte du CHU de Pointe-à-Pitre, à l’encontre de la direction mais aussi de soignants non suspendus.

Lors d’une précédente intrusion fin octobre au siège de la région des manifestants avaient remplacé le drapeau français sur la préfecture par le drapeau indépendantiste de Guadeloupe.

Partager.

Comments are closed.

Exit mobile version