À 23 ans, Nathanaël Kapela-Lonsa a choisi de consacrer son service civique aux personnes âgées dans un Ehpad des Anses-d’Arlet. Comme lui, de plus en plus de jeunes s’engagent dans le dispositif « service civique solidarité seniors », né après la crise sanitaire pour lutter contre l’isolement des aînés dans une Martinique où la population vieillit rapidement.
Vêtu de son tee-shirt jaune et coiffé de son afro, Nathanaël Kapela-Lonsa ne semble jamais se départir de son sourire. Et il a de quoi sourire, à 23 ans, le jeune martiniquais a trouvé sa voie. Après des études dans la vente, il se détourne de son orientation initiale pour embrasser une carrière dans l’aide à la personne auprès des aînés notamment. Plus qu’une révélation, il s’agit d’une confirmation pour Nathanaël Kapela-Lonsa. « J’ai toujours su que je voulais aider les autres, ce service civique auprès des aînés n’a fait que confirmer mon souhait. » En effet, depuis la mi-janvier, le jeune homme effectue son service civique dans un Ehpad des Anses d’Arlet. « Le Service civique est un engagement volontaire pour une durée de 6 à 12 mois. Il s’effectue exclusivement au sein d’organismes du secteur public et associatif : associations, fondations, collectivités territoriales, établissements publics, services de l’État, syndicats, entreprises solidaires d’utilité sociale, etc. » explique le site du gouvernement. Pouvant s’effectuer dans divers domaines, c’est auprès des aînés que Nathanaël Kapela-Lonsa a choisi de marquer son engagement. Il anime le quotidien des résidents de l’Ehpad avec des ateliers vannerie, des exercices sportifs, carnaval ou petit déjeuner créole.

L’objectif premier de ce service civique solidarité senior est de rompre l’isolement. Les restrictions sanitaires ont révélé la précarité sociale des personnes âgées. La véritable prise de conscience s’est faite durant les confinements en 2020. En 2021, le service civique solidarité senior était né.
Selon l’Insee (Institut national des statistiques et des études économiques), en 2022, la Martinique est devenue la région la plus vieille de France. Fragilisée par l’exode des jeunes, la population présente pour s’occuper des personnes âgées se délite. « De plus l’isolement ici n’est pas perçu de la même façon que dans l’Hexagone. En France hexagonale, si on a cinq contacts par semaine, on n’est pas isolé alors qu’avec ce même nombre de contacts, en Martinique on se considère comme isolé. D’où l’importance des jeunes qui font ce lien. », explique Léonie Gaydu, responsable régionale du service civique solidarité seniors. « L’isolement contribue au mal vieillir. On veut créer du lien social intergénérationnel », poursuit Mickael Achard, responsable interrégional du service civique solidarité senior.

Un lien solide puisque le domaine attire les jeunes de par son accessibilité notamment. « Nous avons un socle de formation qui leur permet d’être outillés et ils sont accompagnés par leur tuteur directement dans leur structure comme les CCAS, les Ehpad, les centres sociaux ou les bailleurs sociaux », précise Mickael Achard. De plus, le recrutement s’effectue davantage sur la motivation que sur les compétences.
Les métiers de l’aide à la personne sont des métiers en tension. Le service civique solidarité senior peut s’avérer un tremplin vers un emploi plus pérenne. « Cela aide à entrer en formation dans ce domaine mais on a aussi eu des jeunes qui sont directement embauchés », affirme Léonie Gaydu.
« Ces deux dernières années, en Martinique, plus de 100 jeunes ont ainsi accompagné 1 230 seniors. » Le service civique solidarité senior qui recherche des candidats est accessible aux volontaires de 16 à 25 ans (30 ans en cas de situation de handicap).
Laurianne Nomel




