La justice kényane a interdit le déploiement d’un millier de policiers en Haïti, une mission soutenue par l’ONU pour lutter contre la violence des gangs. Cette décision, qualifiée d'”inconstitutionnelle, illégale et invalide”, suscite des tensions entre les obligations nationales et les engagements internationaux du Kenya. Le gouvernement kényan a annoncé son intention de contester cette décision, laissant planer des incertitudes sur le soutien international nécessaire à la stabilité d’Haïti. 

Le Kenya a récemment bloqué l’envoi d’un millier de policiers en Haïti dans le cadre d’une mission de maintien de l’ordre soutenue par l’ONU, créant ainsi une controverse internationale. La décision récente de la justice kényane de bloquer le déploiement d’un millier de policiers en Haïti, dans le cadre d’une mission soutenue par l’ONU, a suscité des débats et des préoccupations à l’échelle mondiale. Cette mesure, jugée “inconstitutionnelle, illégale et invalide” par la Haute cour de Nairobi le 26 janvier dernier, met en lumière les tensions entre les obligations nationales et les responsabilités internationales du Kenya en matière de maintien de la paix.

 

Face à la montée en flèche de la violence des gangs en Haïti, le gouvernement haïtien et l’ONU avaient sollicité l’aide internationale. Le Kenya, répondant à ces appels pressants, avait accepté d’envoyer une force de 2500 à 2600 policiers pour contribuer à rétablir l’ordre dans ce pays des Caraïbes. Cependant, la décision de la Haute cour kényane a créé un obstacle majeur à cette initiative.

 

Blocage Juridique et Contestation

 

L’opposant kényan, Ekuru Aukot, avait saisi la Haute cour de Nairobi, soutenant que la mission était inconstitutionnelle, n’ayant pas de base légale claire. Le juge Enock Chacha Mwita a appuyé cette argumentation, soulignant que le Conseil national de sécurité n’avait pas le mandat de déployer des agents de la police nationale en dehors du territoire kényan. Cette décision a été qualifiée d'”inconstitutionnelle, illégale et invalide.” Le président kényan, William Ruto, avait pourtant affirmé que ce déploiement était une “mission pour l’humanité” visant à soutenir un pays en proie à l’instabilité, attribuant les difficultés d’Haïti au colonialisme.

 

La réaction du gouvernement kényan ne s’est pas fait attendre. Bien que respectant l’État de droit, le gouvernement a annoncé son intention de contester immédiatement la décision de la Haute cour. Isaac Maigua Mwaura, porte-parole du gouvernement, a souligné l’engagement du Kenya dans le maintien de la paix, rappelant les contributions précédentes du pays dans des zones de conflit telles que la République démocratique du Congo et la Somalie.

 

La crise en Haïti, exacerbée par la violence des gangs et l’instabilité politique post-assassinat du président Jovenel Moïse en 2021, se trouve désormais au cœur de cette bataille juridique. Les autorités haïtiennes, confrontées à des défis urgents, voient ce blocage comme un obstacle au soutien international crucial pour endiguer la terreur des gangs.

 

Perspectives Futures et Enjeux Internationaux

 

La résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en octobre, prévoyait une mission multinationale de soutien à la sécurité pour une période initiale de douze mois, avec une réévaluation au bout de neuf. Si le blocage persiste, le Conseil de sécurité pourrait devoir rechercher d’autres contributeurs pour mener la mission, laissant ainsi Haïti dans l’incertitude quant à un soutien international urgent.

 

Le blocage juridique du déploiement des policiers kényans en Haïti expose les défis auxquels sont confrontées les relations internationales en matière de maintien de la paix. La conciliation entre les exigences légales nationales et les obligations internationales demeure une question cruciale. La résolution de ce différend pourrait avoir des implications durables, non seulement sur la stabilité d’Haïti, mais aussi sur l’engagement futur du Kenya dans les missions de maintien de la paix à l’échelle mondiale.

 

Thibaut Charles

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