Les prix à la pompe sont en hausse. Le gazole flirte avec la barre de 2 euros le litre. L’impact de la guerre au Moyen-Orient se fait ressentir jusqu’en Martinique. Au 1er avril, le sans-plomb passe à 1,86 euro et le gazole à 1,95 alors que la bouteille de gaz grimpe à 24,70 euros. Une hausse qui reste contenue en comparaison avec les prix exercés dans l’Hexagone.
En prévision de la hausse des prix des carburants, le préfet Étienne Desplanques avait réuni l’ensemble des acteurs économiques jeudi. « L’objectif est de faire le point en toute transparence et donner de la visibilité sur l’évolution des prix des carburants en avril », avait-il expliqué. En effet, la préfecture des prix à la pompe nettement à la hausse au 1er avril. Le sans-plomb atteint 1,86 € quant au gazole il prend 31 centimes et s’envole à 1,95€.
La Martinique, tout comme le reste du monde, subit de plein fouet les conséquences de la guerre en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz. « La Martinique n’est pas seule au monde devra vivre aussi avec les cours mondiaux que ce soient les produits bruts ou les produits raffinés, précise le préfet. Les prix des carburants en Martinique ne dépendent que des cours mondiaux et de la parité euro/dollar ». D’où cette hausse au 1er avril. « La Martinique consomme des carburants qui sont en totalité importés en brut ou raffinés. Nous avons une chance en Martinique, nous avons une raffinerie et des prix qui sont réglementés. » Le préfet assure qu’aucun risque de pénurie ne menace l’île. Il ne voit aucun problème d’acheminement dans les mois qui viennent. « Les prix réglementés permettent d’amortir légèrement la variabilité des prix sur les marchés mondiaux. La hausse est moindre que dans l’Hexagone. »
Le gazole plus cher que le sans-plomb
À Paris, les prix dépassent allègrement les 2 euros le litre de sans-plomb selon le relevé des prix des carburants. À noter, une hausse plus marquée sur le gazole que sur le super « parce qu’en ce moment le gazole est très recherché sur les marchés mondiaux » fait remarquer Étienne Desplanques. « Nous obtenons des prix qui sont équivalents à ce que nous avons connu en 2023 et 2024. Pour le gazole, ce sera davantage comparable à ce que nous avons connu au début de la crise ukrainienne. » Le préfet le rappelle, outre les particuliers, les premiers touchés seront les professionnels notamment les transporteurs et le secteur du BTP. Ainsi une cellule de suivie a été créée avec l’ensemble des acteurs, des chambres consulaires, la CGSS, la DRFIP pour détecter des entreprises qui risquent d’être en difficulté. « Nous pouvons les accompagner avec des mesures temporaires qui peuvent porter sur le poids de la fiscalité et des cotisations sociales. » En Martinique et dans les autres départements d’outre-mer, les prix des carburants et du gaz sont fixés par arrêté préfectoral tous les mois. « Le prix des carburants évolue uniquement en fonction des cotations, le prix du Brent, la parité euro/dollar. Les marges resteront stables. Elles n’évoluent pas, elles ne dépendent pas des prix que ce soit la marge de la Sara, des grossistes ou des distributeurs. C’est uniquement un effet venant des prix mondiaux. Je me permets d’insister sur ce point pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté sur les causes réelles de cette augmentation. »
Pas de retour à la “normale” avant juin
Selon Olivier Cotta, directeur général de la Sara, l’augmentation notable du coût des carburants n’a pas de conséquences directes sur le fonctionnement de la raffinerie. « On a tout intérêt à avoir une raffinerie qui fonctionne. Aujourd’hui, on est à pleine capacité même en surproduction de manière à amortir ces effets de cotation internationale. » Cependant, il s’inquiète des conséquences du conflit au Moyen-Orient. « On a des raisons de s’inquiéter de la géopolitique et du contexte international. Les produits pétroliers ne sont pas les seuls affectés par le blocage du détroit d’Ormuz, c’est l’ensemble des produits de commodité : engrais, méthanol, le polyéthylène. Les agriculteurs sont affectés également directement. Quand bien même il y avait un arrêt de la guerre en Iran, les spécialistes en géopolitique annoncent que pour revenir à la normale il faudrait attendre le mois de juin. »
Laurianne Nomel





