Un projet soutenu par les élus Cosignée par plus d’une quinzaine de sénateurs issus de la Guadeloupe, de la Martinique, de Guyane, Mayotte, Saint-Martin, Saint-Barthélemy, La Réunion, la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française, la proposition défend « la possibilité d’un développement contrôlé et encadré » d’activités extractives en Outre-mer, sous réserve d’un plafonnement lié à la consommation nationale.Pour Georges Patient, le contexte a changé depuis 2017 : « le contexte international et la situation interne à la France […] permettent d’envisager d’obtenir une majorité parlementaire ». Il rappelle que dès l’origine, il s’était opposé à l’inclusion des Outre-mer dans la loi
Les auteurs du texte avancent plusieurs arguments : sécuriser l’approvisionnement énergétique, réduire la dépendance extérieure de la France, diminuer le coût des importations, mais aussi stimuler un développement économique local.
Selon le sénateur, il ne s’agit pas de renoncer à la transition énergétique mais de la « rendre juste, cohérente et respectueuse des réalités ultramarines ». Le texte met en avant une question récurrente dans les Outre-mer : la place des territoires dans la souveraineté nationale.
« Les Outre-mer, victimes de la bonne conscience Pour le sénateur, la loi Hulot fut « symbolique », prise pour faire de la France un exemple, mais « peu suivie » dans le monde. Il cite notamment les voisins de la Guyane le Brésil, Venezuela, Suriname et Guyana qui ont massivement investi dans le pétrole.

Les sénateurs évoquent aussi Mayotte et les îles Éparses dans le canal du Mozambique, considérées comme zones à fort potentiel gazier.
Un enjeu stratégique pour la France
À l’heure où la France importe 99 % de son pétrole, une production nationale couvrant la consommation actuelle pourrait, selon le texte, rapporter entre 4 et 8 milliards d’euros par an à l’État et améliorer la balance commerciale de 50 à 60 milliards d’euros. Pour la Guyane, les collectivités percevraient 400 à 500 millions d’euros annuels.
Pour le sénateur Patient, l’enjeu est aussi institutionnel : depuis août 2025, les régions d’outre-mer sont compétentes en matière de droit minier off-shore. Sa PPL repose sur un principe : « faire confiance aux territoires », en leur laissant le choix d’engager ou non des projets extractifs.
Un débat qui dépasse les Outre-mer
Le sujet n’est pas isolé. En février 2025, Manuel Valls s’était dit favorable à revenir sur la loi Hulot, rappelant que « tous les pays autour » de la Guyane investissent dans ce secteur. Pour lui, « le seul territoire où on ne pourrait pas poser la question, ce serait la France ». Il appelait toutefois à une exploitation « avec précaution ».
Forte opposition du monde associatif et
Sur le terrain, la proposition de loi suscite de vives réactions. À Mayotte, l’association Mayotte Nature Environnement dénonce un « retour en arrière », et alerte sur les impacts écologiques durables de l’exploration off-shore : destruction des fonds marins, perturbations acoustiques pour les espèces, pollution chimique et risques d’accidents majeurs.
Elle insiste aussi sur les risques économiques : faible emploi local, infrastructures insuffisantes, dépendance à des multinationales et spécialisation dans une filière non durable.
Un débat révélateur d’un tournant
Il intervient au moment où :
- l’Europe cherche à diversifier ses approvisionnements énergétiques,
- les Outre-mer questionnent leur place dans la souveraineté nationale,
- les États voisins exploiteurs (Guyana, Suriname) bouleversent les équilibres régionaux,
- la France fait face à un contexte géopolitique mouvant (instabilité au Venezuela, tensions USA-Chine, transition énergétique mondiale)




