Dans un contexte de faible croissance et de tensions sociales persistantes, l’Institut d’émission des départements d’outre-mer (Iedom) dresse le bilan d’une année 2025 placée sous le signe de l’accès au droit et du soutien à l’économie locale. Publications économiques, médiation du crédit, gestion du surendettement et éducation budgétaire : son directeur, Patrick Croissandeau, détaille des missions élargies au service des entreprises comme des particuliers.
L’Iedom tire son bilan d’activité dans l’objectif d’un meilleur accès au droit des populations dans une année 2025 à faible croissance. « Les enjeux sociaux et environnementaux demeurent », explique Patrick Croissandeau, directeur de l’Iedom. Les missions l’institut sont au cœur de ce bilan. Sa première mission est l’éclairage des acteurs économiques, l’activité d’études statistiques. L’Iedom a donc publié plus d’une vingtaine de publications économiques et financières sur des thématiques récurrentes, notamment les enquêtes de tendances qui sont publiées trimestriellement, des études sur le coût du crédit, les tarifs bancaires. « Ces études ont pour but d’éclairer les acteurs économiques du territoire dans leurs décisions et dans leur stratégie. »
Par délégation de la Banque de France, l’Iedom est la banque centrale pour les départements et collectivités d’Outre-mer utilisant l’euro pour monnaie. De fait, l’Iedom a pour mission de stratégie monétaire et la stabilité financière. L’institut est responsable de la mise en circulation des pièces et des billets. 48,4 millions de billets ont été prélevés au guichet de l’Iedom contre 51 millions l’année dernière. « On continue à œuvrer pour que la qualité de ces billets soit la meilleure possible. »

L’institut œuvre également à alerter sur la circulation de faux billets avec des ateliers gratuits à destination des professionnels. Onze ont eu lieu en 2025. « Ils ont rassemblé des populations de commerçants ou des forces de l’ordre ou des personnels de caisse de magasins de la grande distribution. » Quant à sa mission de stabilité financière, il assure un rôle d’observateur de l’activité bancaire. Mais le cœur de la mission de l’Iedom est le service notamment aux entreprises à travers différentes actions qui visent à la prévention des difficultés. « On assure une fonction de médiation du crédit. »
Outre cette fonction, il assure celle de point d’entrée pour les TPE/PME qui rencontreraient des difficultés financières. 125 chefs d’entreprise ont été accompagnés en 2025. L’Iedom attribue des cotations aux entreprises. « Cela nous donne une meilleure connaissance de l’économie de notre territoire. » L’institut n’assiste pas uniquement les entreprises mais le grand public également, plus particulièrement les personnes en situation de fragilité financière. « Nous assurons le secrétariat de la commission de surendettement des particuliers. » En 2025, l’Iedom a reçu 675 dossiers de surendettement contre 525 en 2024. Autre fonction, l’institut assure la gestion des fichiers nationaux d’incidents de paiement notamment un droit d’accès à ces fichiers. Ils ont été consultés plus de 6300 fois. « Curieusement, ce sont des personnes qui viennent pour savoir ou vérifier si elles sont fichées. »
L’Iedom est opérateur de la stratégie d’éducation économique budgétaire et financière. « C’est une mission qui a été confiée par l’État à la Banque de France en 2017. » Il s’agit de sensibiliser les jeunes, les personnes en fragilité financière et les entrepreneurs par le biais d’action phare comme la Semaine de l’éducation financière qui se déroule tous les ans en mars. De la quatrième à des étudiants à l’université, l’institut éduque à la gestion budgétaire et financière.
Laurianne Nomel




