Le suivi de l’inclusion financière constitue aujourd’hui un indicateur essentiel de la situation économique et sociale des territoires. En Martinique, le baromètre mensuel de l’inclusion financière publié par l’Institut d’émission des départements d’outre‑mer (IEDOM) permet d’observer l’évolution des difficultés rencontrées par les ménages dans leur relation avec le système bancaire.
Arrêté à la fin février 2026, ce baromètre met en évidence une pression persistante sur les finances des ménages martiniquais, dans un contexte marqué par l’inflation, la hausse du coût de la vie et un ralentissement relatif de l’activité économique.
Une hausse des situations de surendettement
L’un des indicateurs les plus révélateurs concerne les dossiers de surendettement déposés auprès de la Banque de France. Au début de l’année 2026, 29 dossiers ont été déposés en janvier, soit une hausse de près de 32 % sur un an.
Cette progression reflète les tensions croissantes pesant sur les budgets des ménages. Le surendettement résulte souvent d’une accumulation de difficultés : baisse de revenus, chômage, séparation familiale ou encore augmentation des charges liées au logement et à l’énergie.
Les fichiers d’incidents bancaires sous surveillance
Le baromètre repose également sur le suivi de plusieurs fichiers d’incidents bancaires. Parmi eux figure le Fichier central des chèques (FCC), qui recense les personnes frappées d’une interdiction d’émettre des chèques ou d’utiliser une carte bancaire à la suite d’un incident de paiement.
L’IEDOM suit également les inscriptions au Fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP), qui signalent les difficultés rencontrées par les ménages dans le remboursement de leurs crédits. Ces indicateurs constituent un baromètre avancé de la fragilité financière.
Le droit au compte, filet de sécurité bancaire
Le baromètre analyse aussi les désignations de droit au compte, dispositif qui permet à toute personne privée d’un compte bancaire de bénéficier d’un accès minimal aux services bancaires.
Mis en œuvre par la Banque de France, ce mécanisme constitue un élément central de la politique de lutte contre l’exclusion bancaire et garantit l’accès aux moyens de paiement essentiels.
Une situation économique sous tension
Les ménages représentent environ 42 % de l’encours total de crédit dans l’économie martiniquaise. Leur endettement a progressé d’environ 3,7 %, notamment sous l’effet de la hausse du crédit à la consommation.
Dans le même temps, les taux d’intérêt commencent à se stabiliser après plusieurs années de hausse. Les taux moyens se situent autour de 3,5 % pour les crédits immobiliers, tandis que les crédits à l’équipement des entreprises dépassent 4 %.
Un indicateur clé de la vulnérabilité sociale
Pour les analystes économiques, le baromètre de l’inclusion financière constitue un outil précieux d’observation de la vulnérabilité sociale. L’évolution des inscriptions aux fichiers d’incidents bancaires, des dossiers de surendettement ou des demandes de droit au compte permet de détecter rapidement les tensions économiques qui affectent les ménages.
Conclusion
Le baromètre mensuel de l’inclusion financière publié par l’IEDOM offre une lecture précieuse de l’évolution de la situation financière des ménages martiniquais.
Si les indicateurs ne traduisent pas encore une dégradation massive de la situation, la hausse récente des dossiers de surendettement rappelle toutefois la fragilité structurelle d’une partie de la population face aux chocs économiques.