18 mars, journée mondiale du recyclage. Pour l’occasion, l’Acise a organisé les Rencontres du réemploi dans ses locaux à Fort-de-France. Conférences et ateliers ont permis de goûter à l’art de l’upcycling.
Un petit auditoire est assis dans la ressourcerie de l’Acise, rue de la Pointe Simon. Il est question de recyclage, de réemploi, de valorisation et d’upcycling. En cette journée mondiale du recyclage, l’Acise est allée au bout du concept avec des ateliers et des conférences. Des conférences animées par Hervé Sefil, formateur. « Réparer plutôt que jeter », « Économie circulaire en Martinique » ou encore « Les mots du recyclage. » Tant de temps fort pour mettre en avant le recyclage au cœur même de ces Rencontres du réemploi organisées par l’Acise. « La population comprend très bien les tenants et les aboutissants. Ils ont compris au moins l’élément économique », explique Hervé Sefil. Économie solidaire rime avec développement durable.

C’est le principe que tient à faire intégrer l’Acise avec ces Rencontres du réemploi. Le conférencier rappelle le caractère quasi philosophique de l’économie circulaire. « Il faut que nous vivions certes mais tout en gardant à l’esprit qu’il faut que nous laissions quelque chose de viable aux générations futures. » Les articles sont nettoyés, réparés, valorisés, puis remis à la population au moindre coût. C’est ainsi que l’Acise dispose d’une ressourcerie et de sept friperies dans le territoire.
« C’est une association à but non lucratif, donc le but n’est pas de faire de l’argent mais d’essayer d’améliorer notre environnement local. »
Une dimension humaine vient s’ajouter à la mission de l’Acise puisqu’elle opère dans le domaine de l’insertion. L’association permet à des personnes parfois éloignées du marché du travail de trouver ou retrouver une situation professionnelle. « La population martiniquaise a, à mon avis intégré ces deux éléments essentiels que ce soit la partie économique ou la partie insertion professionnelle. »

Lorsque les déchets deviennent ultimes, qu’il est impossible de les recycler localement, ils partent direction l’incinérateur, non loin du centre de tri de l’Acise. Ils feront l’objet d’une valorisation énergétique puisqu’une fois brûlés, ces déchets ultimes produiront de l’électricité.
Hervé Sefil avoue toutefois que les habitudes ont la dent dure en Martinique. « La seconde main ou la réparation n’est pas encore définitivement adoptée par les Martiniquais parce que nous sommes une grosse société de consommation. »
Pour Christelle Blacodon, chargée de communication pour l’Acise, le réemploi fait partie de la culture martiniquaise. « Il y avait cette conscience du réemploi. » Il en va de même pour l’upcycling. « La seconde vie d’un textile ou d’un mobilier fait déjà partie de notre culture. » L’avènement de la fast fashion qui ne prévaut pas uniquement dans le textile a récemment modifié les habitudes de consommation.
« Avec cet accès à ce qui n’est pas cher et donc peu durable, la tentation est grande. On oublie les pratiques de rafistolage. Cette pression de la consommation est venue jusqu’à nous. »
L’Acise prône donc la consommation responsable et durable. Christelle Blacodon tire la sonnette d’alarme : « Cumuler des biens mobiliers ou textiles « Kleenex » fait qu’on est en train de pénaliser notre île. » Avec ces Rencontres du réemploi, l’Acise veut susciter la mémoire vivante de la culture martiniquaise.
Laurianne Nomel




