Le mot « poésie » vient du grec « poiesis », qui signifie « faire ». Quelles que soient notre origine, notre identité de genre ou notre milieu socio-économique, nos vies sont jalonnées de multiples points communs. En réalité, nous nous ressemblons plus que nous ne sommes différents. La poésie offre un espace, un pont d’inclusion et de connexion sociale pour l’humanité. Elle s’adresse à notre humanité commune et à nos valeurs partagées, transformant les poèmes les plus simples en un puissant catalyseur de dialogue et de paix.
On sous-estime souvent l’impact de la poésie sur le rapprochement des individus. Pourtant, la poésie est un puissant moyen d’expression linguistique capable d’unir des personnes d’horizons divers. La Journée mondiale de la poésie est célébrée chaque année le 21 mars. Cette journée est dédiée à l’hommage aux poètes, à la renaissance des traditions orales de récitation de poésie, et à la promotion de la lecture, de l’écriture et de l’enseignement de la poésie. De plus, elle favorise les échanges entre la poésie et d’autres formes d’art, comme le théâtre, la danse, la musique et la peinture, et accroît la visibilité de la poésie dans les médias.
Le thème de cette année est « La poésie comme pont vers la paix et l’inclusion ».
Dans un monde empreint de paix et d’inclusion, la Journée mondiale de la poésie permet de considérer les vers comme des ponts universels reliant les peuples par-delà les cultures, favorisant ainsi l’empathie et la compréhension. La participation des jeunes est essentielle pour cette journée importante. La Journée mondiale de la poésie stimule la créativité et l’intelligence émotionnelle en encourageant l’écriture, la lecture et la performance publique de poèmes, notamment chez les jeunes.
Déclarée par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) en 1999, la Journée mondiale de la poésie encourage la lecture, l’écriture, la publication et l’enseignement de la poésie, tout en reconnaissant son pouvoir d’inspirer la créativité, de préserver les langues menacées et de favoriser le dialogue interculturel. La poésie est l’une des formes d’expression humaine les plus profondes. Elle est présente dans toutes les cultures et toutes les langues, des anciennes traditions orales des griots d’Afrique de l’Ouest aux mouvements contemporains de poésie orale dans les centres urbains.
En célébrant une date commune, le monde reconnaît que, malgré nos différences linguistiques, le besoin humain d’exprimer ses émotions et sa vérité par la poésie est universel. La poésie donne la parole à ceux qui, autrement, resteraient inaudibles et offre aux poètes la possibilité de gagner leur vie ; oui, la poésie peut être monétisée et les poètes devraient tirer profit de leur travail.
La poésie est unique en ce sens qu’il n’est pas nécessaire de suivre des études universitaires pour être reconnu comme poète. En effet, certains des plus grands poètes de notre époque étaient autodidactes et inspirés par leur propre vécu. La Journée mondiale de la poésie est une invitation mondiale à célébrer la singularité et la richesse de l’expression poétique. Les communautés de poètes, les établissements d’enseignement et les amateurs de poésie peuvent organiser des lectures et des événements culturels pour mettre en lumière la diversité de la poésie mondiale.
Interroger la poésie
L’enseignement de la poésie peut s’avérer à la fois complexe et enrichissant. Une collègue m’a confié qu’elle choisit les poèmes pour les élèves du primaire (de la 7e à la 9e année) de manière à offrir à tous les élèves les mêmes chances de participation. Elle a ajouté qu’il n’existe pas d’espace réservé aux garçons ou aux filles, compte tenu du pluralisme de notre société. Elle a conclu que l’attitude de l’enseignant envers l’enseignement de la poésie est plus importante que la réaction des garçons. Elle a également constaté que les garçons de sa classe de littérature du Caribbean Secondary Education Certificate (CSEC) ont des opinions bien tranchées et apprécient les débats animés.
L’étude de la poésie peut sembler intimidante au premier abord, mais elle s’apparente à toute autre forme d’écriture qui utilise le langage et d’autres techniques. Les garçons s’interrogent souvent sur la pertinence de la poésie, et de nombreux enseignants peinent à leur apporter une réponse satisfaisante. L’enseignant doit être attentif aux forces et aux faiblesses de ses élèves. Il existe indéniablement une dimension genrée dans la perception de la poésie. Celle-ci est souvent stéréotypée comme une forme d’art « féminine », ce qui peut engendrer un préjugé la considérant comme « anti-masculine ».
Les garçons apprennent davantage par le toucher et, à ce titre, il convient de leur laisser la liberté de mettre en scène la poésie afin de la rendre plus pertinente culturellement et adaptée à leur stade de développement. Il ne faut jamais sous-estimer le rôle de l’intelligence artificielle dans la création et l’analyse de la poésie. L’intelligence artificielle (IA) s’est révélée être une créatrice de poésie étonnamment performante, des études montrant que les non-spécialistes ont souvent du mal à distinguer les poèmes générés par l’IA de ceux écrits par des humains.
L’enseignement de la poésie devrait être un plaisir. La poésie peut être considérée comme l’art du langage. Le langage poétique utilise les mêmes mots et la même grammaire, mais les réorganise pour intensifier le sens, les émotions et le rythme grâce à des procédés poétiques. On y trouve des métaphores et des comparaisons, des images pour évoquer les sensations, et des techniques sonores comme l’allitération, l’assonance et l’onomatopée.
Un pont pour la paix et l’inclusion
En cette Journée mondiale de la poésie, envisageons la poésie comme un vecteur de rapprochement des cultures et des nations. Repensons-la comme un catalyseur d’inspiration pour une nouvelle génération de poètes, notamment parmi les hommes, dont beaucoup la perçoivent comme anti-masculine. Puisse cette Journée mondiale de la poésie être le fondement de la paix, de l’inclusion et de l’espoir pour les peuples du monde, en particulier là où les guerres et les crises humanitaires sévissent. Que le monde soit inspiré à nouveau en cette
Journée mondiale de la poésie et que les dirigeants des grandes puissances fassent un pas en arrière et donnent une chance à la paix.
Pour conclure, je partage la première strophe de mon poème intitulé : Voyage parallèle.
« Nous progressons, courant après l’urgence de demain, tandis qu’ils ralentissent, repliant tranquillement les années derrière eux. »
Wayne Campbell est un éducateur et un commentateur social qui s’intéresse aux politiques de développement et à leur impact sur les questions culturelles et/ou de genre.
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@WayneCamo
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