« Sans cette confiance, aucun projet collectif n’est possible, aucune transformation profonde de notre société ne peut advenir. »
Lors des vœux 2026 de La Martinique Ensemble, Max Pied a pris la parole autour d’un thème central : la responsabilité politique. Son discours s’ouvre sur un constat simple et direct : la relation entre citoyens et élus est fragilisée, et cette crise de confiance pèserait aujourd’hui sur la capacité du territoire à avancer.
Selon lui, cette défiance n’a rien d’abstrait. Elle serait visible dans les échanges du quotidien, dans le découragement ambiant, et dans cette phrase devenue familière : « De toute façon, les politiciens sont tous pareils ». Le propos met également en avant une lassitude face aux querelles, aux oppositions stériles et aux promesses non tenues, qui peuvent donner le sentiment que les préoccupations concrètes des habitants passent au second plan.
Un diagnostic sévère sur la vie publique
Le discours revient ensuite sur une critique plus large du débat politique en Martinique. Il décrit un espace public parfois dominé par des affrontements idéologiques, des postures et des invectives, au détriment de solutions pratiques. Dans cette lecture, la conséquence serait nette : abstention en hausse, désintérêt grandissant pour la chose publique, et désillusion y compris chez les citoyens habituellement engagés.
Sur le fond, plusieurs difficultés sont rappelées comme persistantes : chômage, cherté de la vie, insécurité, dégradation des services publics. Autant de sujets qui, selon l’orateur, s’accumulent et renforcent l’impression d’un système politique impuissant ou inefficace.
Une méthode et des principes revendiqués
Au-delà du constat, l’intervention propose une ligne de conduite : changer de méthode, sortir des logiques de clans, et remettre la politique au service de l’intérêt général. L’idée est résumée ainsi : l’action publique devrait redevenir un outil de transformation sociale et un espace de débat où l’opposition d’idées reste possible, mais avec un cadre de respect mutuel.
Le discours s’appuie ensuite sur plusieurs résolutions internes au mouvement, présentées comme des repères. Il y est question d’un positionnement « démocrate et républicain », de refus de toute discrimination, de respect du pluralisme, mais aussi de la primauté de la personne humaine comme boussole morale. La parité et l’inclusivité sont également citées comme des principes structurants.
« La politique ne doit plus être une arène où s’affrontent des egos ou des clans. »
Le refus de la violence et la référence aux faits
Un passage important du discours concerne le rejet de la violence comme mode d’expression politique. L’orateur rappelle que l’histoire martiniquaise a été marquée par des luttes parfois dures, tout en affirmant qu’en 2026, dans une démocratie « imparfaite mais réelle », la violence politique n’est pas justifiable. Barricades, émeutes, destructions et agressions sont citées comme contre-productives, car elles éloigneraient une population qui aspire avant tout à la paix et à la sécurité.
Autre axe mis en avant : une politique fondée sur les faits. Le discours insiste sur la nécessité de s’appuyer sur l’étude, les expertises et la concertation, dans un contexte où les fausses informations et les théories du complot brouillent la compréhension du réel. Il est précisé que cette démarche ne vise pas une posture technocratique, mais une capacité à croiser les regards (scientifiques, associations, acteurs de terrain, citoyens) pour mieux décider.
Transparence, pédagogie, participation
Enfin, l’intervention accorde une place importante à la citoyenneté active : informer, expliquer, rendre compte. L’élu est décrit comme devant être présent, accessible, et capable de pédagogie. Des outils sont cités pour illustrer cette logique, comme une newsletter hebdomadaire de suivi des actions et les rendez-vous « Nou ka ouvè lawonn », présentés comme des espaces de débat ouverts au public.
Le propos se conclut sur une idée : la confiance ne se décrète pas, elle se construit dans la durée, par la cohérence entre paroles et actes, la proximité, la transparence et l’honnêteté.
Philippe Pied
ICI LE DISCOURS DE MAX PIED




