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    Le combat contre la vie chère est une impasse tant que le modèle économique antillais demeure inchangé. Une tribune de JM. NOL

    décembre 26, 2025Mise à jourdécembre 26, 2025Aucun commentaire
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    .

    La vie chère, révélateur d’un modèle économique hérité et déséquilibré

    La vie chère aux Antilles n’est ni un accident conjoncturel ni une dérive temporaire des marchés, mais l’expression la plus visible d’un modèle économique profondément déséquilibré, hérité de l’histoire coloniale et perpétué sous des formes modernes. En Martinique comme en Guadeloupe, le combat contre la cherté de la vie revient de manière cyclique dans le débat public, porté par des mobilisations populaires, des négociations institutionnelles et des promesses politiques de textes de lois récurrentes. Pourtant, malgré l’intensité des colères et la légitimité des revendications, rien ne change fondamentalement. Les prix restent durablement plus élevés qu’en France hexagonale, le pouvoir d’achat s’érode et le sentiment d’injustice sociale s’enracine. Cette répétition de l’échec n’est pas le fruit du hasard : elle révèle une impasse structurelle.

    Concentration économique, dépendance aux importations et illusion des réponses conjoncturelles

    Le coût de la vie aux Antilles est sensiblement supérieur à celui de l’Hexagone, avec des écarts sur l’alimentation qui atteignent en moyenne plus de 40 % selon les données de l’Insee. Cette situation est souvent expliquée par des facteurs techniques — éloignement géographique, surcoûts de transport, petitesse des marchés, faibles volumes importés — qui, bien que réels, ne constituent que la surface du problème. En réalité, ces éléments masquent une cause plus profonde : la persistance d’un modèle économique fondé presque exclusivement sur l’importation, la concentration capitalistique et la dépendance structurelle vis-à-vis de la métropole.

    L’économie antillaise est organisée autour de circuits d’approvisionnement longs, coûteux et verrouillés, dans lesquels une poignée de grands groupes exerce un contrôle décisif sur l’ensemble de la chaîne de valeur, du port jusqu’au consommateur final. Cette concentration est particulièrement visible dans la grande distribution, l’automobile, l’agroalimentaire et la logistique. Le groupe Bernard Hayot, omniprésent dans les territoires ultramarins, est devenu le symbole de cette domination économique. Mais réduire la vie chère à la seule responsabilité d’un acteur serait une erreur d’analyse : le problème est systémique.

    Les réponses politiques actuelles — bouclier qualité prix, accords temporaires, aides ciblées — agissent comme des pansements sur une plaie ouverte. Elles corrigent les effets sans jamais s’attaquer aux causes.

    Le verrou institutionnel et européen d’un modèle de dépendance

    L’État français se trouve face à une équation politique et budgétaire complexe. Remettre en cause le modèle économique des Antilles reviendrait à reconnaître l’échec de plusieurs décennies de politiques publiques. Dans un contexte de dégradation rapide des finances publiques, toute réforme structurelle est repoussée.

    À cela s’ajoute le cadre européen, qui constitue un verrou politique majeur. Les normes européennes rendent extrêmement difficiles les échanges commerciaux avec l’environnement caribéen, pourtant géographiquement proche. Persister dans le statu quo revient à condamner les économies ultramarines à une dépendance chronique et à une vie chère structurelle.

    L’épuisement du modèle consumériste et tertiarisé post-départementalisation

    Depuis la départementalisation, l’économie guadeloupéenne et martiniquaise s’est profondément transformée, passant d’un modèle productif à une économie massivement tertiarisée. En 2024, près de 88 % de la population active est employée dans les services.

    Ce modèle a permis une élévation du niveau de vie, mais il a aussi installé une dépendance structurelle à la consommation et aux transferts publics. La croissance demeure atone, autour de 1 % par an, insuffisante pour financer les transitions à venir. L’intelligence artificielle, le changement climatique et la contrainte budgétaire rendent le statu quo intenable.

    L’agriculture et le tourisme, souvent invoqués comme solutions, montrent leurs limites structurelles et ne peuvent constituer des moteurs centraux de création de richesse.

    Changer de modèle ou subir l’ajustement : production locale, capital endogène et horizon 2030–2035

    Le problème fondamental est économique et stratégique. Le modèle fondé sur la consommation et la redistribution a atteint ses limites. L’État-providence français entre dans une phase de fragilisation profonde, et le tarissement des transferts publics devient une hypothèse crédible.

    Dès lors, produire davantage de richesses sur place, sécuriser l’emploi hors du périmètre public et reconstruire un capital local inclusif deviennent des impératifs. À l’horizon 2030–2035, deux trajectoires se dessinent : la poursuite de la dépendance ou la construction d’un capitalisme local maîtrisé.

    La diaspora constitue un levier stratégique majeur. Instituer un véritable écosystème de l’entrepreneuriat local est une condition essentielle pour sortir durablement de l’impasse.

     _“Connais ton adversaire, connais-toi, et tu ne mettras pas ta victoire en danger.” “Connais le ciel et connais la terre, et ta victoire sera totale.”_ Sun Tzu* …l’art de la guerre.* 

      _”Koko toujou ka pwan rasin… mé sé koté ou ka planté’y ki ka fè la difewans.”

    _ Jean Marie Nol économiste et juriste en droit public*

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