Ce mercredi matin, les acteurs économiques locaux ont tapé du poing sur la table. Ils sont vent debout contre l’augmentation de leurs charges. D’une part leurs factures d’eau chez Odyssi qui enregistrent une hausse de 40% et d’autre part un éventuel vote de la CTM d’une hausse du taux du versement mobilité.
C’est un cri d’alarme que lancent les acteurs de l’économie locale. En cause, les augmentations de leurs charges. Depuis le 1er juillet, les factures prennent l’eau. Les industriels ont vu leur facture d’eau s’envoler avec une hausse 40% appliquée par Odyssi aux entreprises grosses consommatrices d’eau résidant dans le territoire de la Cacem (Communauté d’agglomération du centre de la Martinique). Un nouveau couperet pourrait tomber, cette fois sur toutes les entreprises de plus de 11 salariés : le versement mobilité. Il figure à l’ordre du jour de la séance plénière de la CTM (Collectivité territoriale de la Martinique) au point n°12 de ce jeudi et de ce vendredi. De 2%, il passerait à 3% selon, les acteurs économiques locaux. Instaurée en 2021, cette taxe prélevée sur les entreprises publiques ou privées permet de financer le transport en commun. Ici, Martinique transport. Près de 4500 entreprises en Martinique seraient alors concernées.

Charles Larcher, le président de l’AMPI (Association martiniquaise pour la promotion de l’industrie) explique : « Nous avons une discussion engagée avec les élus d’Odyssi et de la Cacem. L’idée étant de veiller à trouver une solution. On espère arriver à un accord. Les augmentations telles que celles-là sont préjudiciables à la maîtrise des charges et donc à la problématique vie chère. On est sur une taxation de l’ensemble de l’économie martiniquaise de l’ordre de potentiellement 33 millions d’euros de plus. C’est montant énorme qui serait prélevé sur les entreprises avec des conséquences dramatiques : des fermetures d’entreprises, des licenciements. »
Pour le président de l’AMPI, c’est également un coup porté à la concurrence. « Pire, pour nous industriels, c’est de voir rentrer des produits importés plus compétitifs que nous parce que nous n’aurons pas su maîtriser nos charges. » Charles Larcher explique que les élus doivent veiller à ce que les charges des entreprises n’augmentent. Trois réunions ont déjà eu lieu entre les entreprises et la Cacem. « On regrette que ces réunions aient eu lieu après la décision d’Odyssi et de la Cacem. L’idée est de négocier. » Le président de l’AMPI lance un appel à la concertation. « On ne comprend pas que dans un pays comme le nôtre, un petit territoire, on n’arrive pas à se concerter. On doit se rencontrer avant. On doit arriver à mettre en place une politique économique du développement du territoire ensemble. On a le sentiment que les relations sont a posteriori. Nous sommes prêts à la concertation et à la discussion. »
Côté chiffres, les acteurs économiques locaux ont avancé quelques chiffres sur l’aspect impactant d’une éventuelle augmentation du versement mobilité. Selon Philippe Jock, président de la CCIM : « Pour un hôtel qui a environ 100 salariés, cela coûtera 35 000 euros de plus. Il faudra compter 100 000 euros de plus pour un hypermarché. Le versement mobilité concerne l’ensemble des structures qui ont plus de 11 salariés qu’elles soient entreprises, associations ou administration. » Tout comme Charles Larcher, Philippe Jock plaide pour le dialogue. « Il faut une vraie discussion avec les décideurs politiques. »
Laurianne Nomel




