Le maire du François, Samuel Tavernier est mort brutalement samedi soir alors qu’il participait aux vœux du personnel. Deux jours après, la population franciscaine est toujours sous le choc.
« Sa ou fè ? Nou an deuil ! » Deux Franciscains sont debout au coin de la rue. Ils évoquent le choc du week-end. Cette conversation est sur toutes les lèvres dans la commune du François que ce soit du côté de la mairie, devant la boulangerie ou encore devant le PMU du bourg. Les habitants sont encore sous le choc du décès brutal de leur maire, Samuel Tavernier, samedi soir lors de la réception des vœux au personnel. À l’image de Michèle, franciscaine de toujours. « C’était une personnalité qui était à l’écoute. J’ai eu l’occasion d’être reçue dans son cabinet. Il était humain avec un regard sur tout ce qui se passait dans sa commune. Sa mort est une grande perte. C’est tout un pan de la Martinique qui s’en est allé. Il a laissé une belle trace. »
Ce lundi matin, la rue marchande de la commune semble achalandée. Pourtant, malgré les apparences, le bourg est bien calme comme l’explique William qui comme de nombreux Franciscains a appris la nouvelle par les réseaux sociaux. « D’après ce que dit la communauté, c’était un très bon maire. Le décès touche tout le monde. D’ailleurs la ville est un peu calme aujourd’hui. » Il exprime sa peine pour la femme et la famille de Samuel Tavernier. « Le temps adoucira les choses. »
“On a le cœur blessé”
Bertin, employé municipal est encore très ému. Il n’avait pas pu se rendre aux vœux du personnel. L’employé municipal évoque le défunt maire au présent. « Ça m’affecte beaucoup parce que c’est un homme que je connais bien. En plus, il est très sympa. C’est dommage pour nous dans la commune. Cet événement nous blesse beaucoup. Jusqu’à maintenant, on a le cœur blessé. J’espère que ça va aller pour l’ensemble des Franciscains. » Pour Marius, le maire n’aura pas eu assez de temps à consacrer à la commune. « Il faut au moins deux mandats pour voir les effets d’une politique municipale. Il n’a eu le temps de n’en faire qu’un seul. J’ai appris sa mort par téléphone. On m’a dit qu’il a eu un malaise. Les pompiers n’ont pas pu l’aider pour le faire revenir à la vie. »

Hubert, lui, est bouleversé, il considérait Samuel Tavernier comme un frère. Il peine à trouver ses mots. « C’est compliqué. J’ai été élevé comme lui à morne Acajou. Sa mort est inacceptable.”
Une ville en berne
La ville du François est en berne y compris dans ses lieux les plus saints. « Je suis allée à la messe hier. Même à l’église, il n’y avait pas beaucoup de fidèles », témoigne Laure. Elle a accusé le coup physiquement lorsqu’elle a appris le décès de l’édile. « J’ai eu une migraine et une grosse crise d’angoisse. » Elle espère néanmoins que la commune saura rebondir. « Je pense que l’on va trouver quelqu’un de bien comme lui pour la suite. »
Emmanuel est commerçant dans la rue Homère-Clément. Il tient le bazar Laupa depuis trente ans. Lui aussi est affecté mais se tourne déjà vers l’après. « Il a bien assuré et on va continuer. Il faut qu’on reprenne le François en main. C’est une grande commune. Ça va aller. »
En raison du décès de l’édile, les 11 écoles primaires du François et la crèche municipale étaient fermées ce lundi.
Laurianne Nomel




