Merci l’année 2020.

En cette année 2020, j’ai beaucoup appris, beaucoup découvert, des choses que j’ignorais, des choses dont je ne pensais pas qu’elles pouvaient exister encore en Martinique.

Cette année 2020 a été très formatrice pour moi. J’ai du apprendre à travailler sans projets. Je me suis trouvé obligé de me donner des objectifs, des projets personnels et collectifs, qui, même s’ils ne se réalisaient pas, me permettaient de travailler sans me causer de frustrations.

 

J’avais beaucoup de projets qui n’ont pas pu se réaliser. Comme cela ne pouvait pas se faire, je me donnais d’autres objectifs : lire tant de livres, écrire tel passage, terminer tant de peintures. Cela me permettait d’être toujours en action, et de ne pas subir la violence sanitaire.

Cela m’a montré l’importance d’avoir des amis, et d’avoir ce pilier de la vie qui est la famille.

Cette crise a aussi fait le tri parmi mes amis. Je peux les compter sur les doigts. Beaucoup de ceux qui me suivaient n’étaient pas de vrais amis, ils me suivaient parce qu’ils pensaient que je pouvais leur apporter quelque chose. Avec le confinement, ils ont montré leur vrai visage.

Des gens que je connaissais depuis des années ont fait partie de ce tri. Cela fut difficile.

Cela a montré comment l’art en Martinique est faible. Ces artistes sont faibles, faibles en projets, faibles en solidarité. Même quand ce sont des projets qui ne se réaliseront pas forcément, il y a besoin de solidarité, de transmettre des savoirs.

Il existe des gens qui s’organisent pour casser les projets les plus solidaires, comme la baie des Tourelles.

Ce qui m’a beaucoup étonné, c’est de voir toute cette faiblesse identitaire. Le confinement a fait ressortir nombre de frustrations, dont identitaires, et pour de nombreuses personnes, a fait ressortir des mal-être, des manifestations qui ont montré leur faiblesse. Je ne croyais pas que cela existait encore en Martinique.

Ils ont créé des souffrances supplémentaires, sociétales, qui s’ajoutent aux souffrances sociales.

Cette année 2020 a montré que la vie d’avant est résolument terminée. Elle m’a permis d’être convaincu que seul le travail d’artiste peut améliorer la vie des gens.

La souffrance sociale est tellement dure, avec le chômage de masse, la perte du travail pour certains…

Le travail des artistes permet à la population de résister à tout ce climat social, qui va s’aggravant.

Le résultat de tous ces confinements, déconfinements, reconfinements… me positionne dans cet espace martiniquais comme un porteur de projets pour amener la, les connaissances que les anciens m’ont transmises.

On ne peut plus jouer solo. Nous sommes obligés de nous regrouper pour affronter les choses qui sont à l’intérieur de nous, et affronter l’extérieur, les problèmes sociétaux.

C’est pour cela que je vais renouveler le projet Kaz Lakou et quelques autres projets à travers des expositions et des rencontres.

L’année 2021 pour moi est une aire de résistance et de résilience.

Bonne année 2021, artistiquement vôtre,

Habdaphaï

 

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