La Guadeloupe, avec ses paysages pittoresques, ses traditions culturelles et son histoire riche, est souvent associée à l’histoire douloureuse de l’esclavage africain. Cependant, une page souvent omise de ses chroniques historiques est celle des esclaves blancs irlandais, appelés les Irois, qui ont été déportés et asservis sur cette île des Antilles françaises bien avant l’arrivée massive des esclaves africains. Cette exploration, loin des récits traditionnels, vise à démystifier les préjugés, à briser les clichés et à révéler des liens culturels et historiques profonds entre la Guadeloupe et l’Irlande. Ces connexions, dissimulées ou oubliées, sont essentielles pour comprendre la richesse et la diversité de l’héritage guadeloupéen. Plongeons-nous dans cette histoire fascinante et révélatrice qui mêle intrigues, politiques et passions humaines.

Le but de notre incursion sous un angle totalement novateur dans l’Histoire méconnue de la Guadeloupe est de montrer les liens entre le passé et le présent pour rendre intelligibles les phénomènes culturels du présent. Clichés , faux en écriture des chroniqueurs , falsifications et destructions des archives à des fins politiques et idéologiques surtout sous les révolutions et changement de régimes et des institutions, et stéréotypes racistes , des généralités incontournables qui sont le lot commun lorsque l’on s’imagine l’histoire des pays du monde . Cette loi d’airain n’échappe pas à ces imaginaires collectifs, fruits d’échos et d’illusions qui déforment souvent la réalité bien plus amère de ce pays Guadeloupe qui suscite tant de passions, comme si la Guadeloupe mythique des « luttes contre les discriminations sociales » ou des « mille et un rêves de liberté des esclaves blancs et noirs » devait à tout prix assouvir nos chimères et nos fantasmes les plus envoutants.

Or d’après le grand penseur Antoine Gramsci ,on dit que la chronologie est l’ossature de l’Histoire.

Mais il faut admettre aussi qu’il y a quatre ou cinq dates fondamentales que toute personne bien instruite de l’histoire de la Guadeloupe conserve fichée dans un coin de son cerveau et qui ont joué de vilains tours aux historiens . Elles aussi sont des nouvelles périodes totalement méconnues de nos contemporains . Certains connaissent le pan de l’Histoire romaine, ou du Moyen Âge, ou de l’Époque contemporaine et moderne. Et elles sont devenues tellement envahissantes et fossilisantes que nous nous surprenons nous-mêmes à penser quelquefois que l’histoire en Guadeloupe a commencé de 1635 à 1802 , et va sans dire se termine en 1848 . Ces dates sont certes connues dans l’histoire de l’esclavage des afro-guadeloupeens , mais qu’en est-il de l’histoire des premiers esclaves blancs de la Guadeloupe d’origine irlandaise(Irois) déportés en Guadeloupe au milieu du 16ème et 17ème siècle siècle , et ce juste avant la traite négrière.

Lorsque les Français, les Anglais et les Hollandais se lancent dans la traite, refusant le monopole ibérique, les Espagnols et les Portugais ont déjà quelques décennies de pratique derrière eux. Et c’est en 1625 que les Français et les Anglais prennent possession de la petite île de Saint-Christophe, à l’est des Grandes Antilles, un siècle et demi après la découverte de l’Amérique. Jusqu’alors, le petit arc caraïbe n’avait pas fait l’objet d’installations durables. C’est à partir de Saint-Christophe que va progresser l’établissement colonial nord-européen, avec la prise de possession de la Guadeloupe et de la Martinique en 1635, puis de l’ensemble des Petites Antilles entre 1639 et 1660. C’est le début de l’ére des premiers esclaves blancs aux Antilles. Les Hollandais participent rapidement et fortement à ce commerce, par le biais de leur Compagnie des Indes Occidentales. Entre 1621 et 1665, celle-ci fournira aux colons anglais et français la grande majorité de leurs esclaves blancs des Antilles en provenance de l’Irlande , en contrepartie du tabac, qui fut la première production des Petites Antilles. Un peu plus tard, les Danois et les suédois se lancent également. Cependant, pour que le commerce des Îles n’échappe pas aux métropoles, les Anglais et les Français organiseront à leur tour des compagnies de traite dans les années 1660.

Ces esclaves blancs ,qu’ on appelait les Irois ou bien encore les habenois, ont été les grands oubliés de l’histoire de la Guadeloupe, et pourtant on trouve encore aujourd’hui de nombreux descendants des irois notamment dans tout le sud Basse-Terre ,les Saintes , ainsi que dans toute la basse – terre où était concentré les premières exploitations coloniales du tabac , coton , et bois précieux surtout dans la région de vieux habitants , bouillante ,pointe noire et baie- Mahaut. Il faut savoir que Vieux habitants est une commune qui tient son nom des esclaves blancs nommés irois, et appelés encore les hibernois, d’où la déformation du nom des habitants de vieux habitants en habissois.

Un historien irlandais a publié en 2001 un article où il est mentionné que pas moins de 70 000 Irlandais aurait été déportés en Guadeloupe entre 1652 et 1680 et vendus comme esclaves. Capturés en Irlande, ils coûtaient selon l’auteur moins cher que les esclaves africains de l’époque de la traite orientale, d’où des traitements encore plus durs.

Le commerce d’esclaves irlandais commença quand James II vendit 30 000 prisonniers irlandais comme esclaves au Nouveau Monde. Sa proclamation de 1625 ordonnait que les prisonniers politiques irlandais fussent envoyés outre-mer et vendus à des colons anglais des Caraïbes. Au milieu du XVIe siècle, les Irlandais étaient les principaux esclaves vendus à Antigua , Saint Christophe ( aujourd’hui saint kitts et Nevis ), Guadeloupe, et à Montserrat. À cette époque, 70 % de la population totale de Montserrat était composée d’esclaves irlandais.

Esclavage irlandais en Amérique, Sean Callaghan (éd. Mainstream Publishing _ The White Slave, Richard Hildreth éd. Adamant Media Corporation

L’Irlande devint rapidement la plus grande source de bétail humain pour les marchands anglais et hollandais . La majorité des premiers esclaves du Nouveau Monde étaient en réalité des Blancs , car les amérindiens à quelques exceptions ayant toujours refusé de se soumettre au joug de l’esclavage. L’absence de témoignages des chroniqueurs sur cette période des esclaves blancs irois s’explique par la destruction des archives de l’île de Saint Christophe et de la Guadeloupe ,mais il existe des recoupements avec l’histoire de Haïti anciennement l’île d’Ispagnola , où une commune aujourd’hui s’appelle les irois.

Mon approche de l’histoire de la Guadeloupe est pour l’essentiel d’ordre anthropologique, d’où l’incompréhension de mes analyses par certains intellectuels, et la grande incompatibilité de mes thèses avec l’approche livresque et purement didactique de nos historiens antillais et français .
C’est pour cette raison selon moi que cette affaire de l’histoire des premiers esclaves blancs de la Guadeloupe, les Irois, relève de l’histoire méconnue et oublié des historiens…esclaves blancs en Guadeloupe et Haïti un sujet tabou… N’oublions pas qu’ aujourd’hui encore, il existe à Haïti une commune qui s’appelle les Irois et à Marie-Galante une baie des Irois, et dans la ville de Basse-terre au lieu dit calebassier une batterie militaire des Irois ainsi qu’un morne des Irois à Vieux – Fort . Et que dire de la mer d’Iroise en Bretagne où était débarqué les Irlandais esclaves vers la Guadeloupe et Haïti. (L’origine du nom Iroise est obscure. Selon le chanoine Jourdan de La Passardière, il pourrait provenir du féminin de l’ancien nom Irois. Ce serait une allusion aux Irlandais qui empruntaient ce passage en arrivant aux côtes bretonnes.)

Cela étant dit, j’ai l’avantage de porter à votre connaissance que d’après de nouvelles recherches sur les Irois ( esclaves blancs) d’origine irlandaise de la Guadeloupe ), j’ai acquis la conviction que les masques carnavalesque de la commune de vieux fort relèvent bien d’une tradition irlandaise. Ces masques dont l’origine est inconnue jusqu’à présent sont issus de la tradition irlandaise de la fête de Saint Patrick. L’origine de ce carnaval des Irois de Guadeloupe est incontestablement irlandaise, et c’est la plus vieille tradition culturelle connue dans notre île . Cette manifestation carnavalesque demeure toujours un mystère, mais les fortes ressemblances avec le carnaval de Montserrat laissent interrogateurs nombreux des ethnomusicologues. Ces ressemblances sont certainement dues aux nombreuses transactions entre Vieux Fort , les Saintes , Deshais , et Montserrat qui ont un temps été peuplé d’une grande quantité d’esclaves blancs d’origine irlandaise.

De nombreuses autres traditions entourent les Mas Vyéfò. Au début, le départ des défilés des Mas Vyéfò se faisaient dans le bik à mas, endroit tenu secret à l’Anse Dupuis où les hommes se retrouvaient à la sauvette pour se déguiser. Était – ce une forme de marronage ?

Avant que les colons n’arrivent en Guadeloupe, les habitants amérindiens utilisaient le manioc, qui est toujours présent dans la cuisine antillaise (farine de manioc), mais aussi la châtaigne. Ils fumaient la viande sur du bois vert, à la façon « boucané avec des châtaignes » dont nous pouvons toujours nous régaler aujourd’hui .

D’ailleurs, en Guadeloupe au 16ème siècle, la châtaigne ( une variété différente de celle de la France) était très répandue sur les monts du houelmont jouxtant Basse- Terre et Vieux Fort ,et se trouvait à la base de l’alimentation des Irois qui était en fait des esclaves blancs ni plus ni moins.

A noter dans la continuité de l’histoire des esclaves blancs Irlandais ( Irois ), un élément totalement ignoré des historiens, c’est l’histoire des premières exploitations coloniales de bois précieux avec la mise en valeur des Antilles avant le tafia, le tabac, le coton, l’indigo, le café le cacao, le rhum, le sucre …

Cette histoire ignorée c’est aussi en premier lieu celle de la pêche des lamantins, des esturgeons, des baleines dans la mer des caraïbes par les vikings, et l’élevage des racoons ( ratons laveurs) ainsi que la culture des huîtres perlières dans la mangrove par les Caraïbes , et l’exploitation des salines par les vikings pour la conservation de la nourriture.

Entre 1621 et 1665, l’Irlande fournira aux colons anglais et français la grande majorité de leurs esclaves blancs, en contrepartie du bois et du tabac, qui furent les premières productions coloniales des Petites Antilles. On retrouve le nom irlandais de Birmingham dans une ancienne habitation à Baie-Mahault en Guadeloupe dont le premier propriétaire était forestier, et qui exportait en France , l’acajou , le gommier , le gaiak , le mahogany et le bois de rose .

Un peu plus tard, l’on note la présence des esclaves blancs Irois dans les plantations de cotons de vieux fort et de la Côte sous le vent. Aussi, il est signalé l’existence des Irois dans les moulins à rhum ( tafia ) de Baillif, et dans les indigoteries de Trois Rivières et de Terre de Bas. A noter également la présence des Irois dans les fours à chaux de Trois Rivières et des Saintes.
Ainsi Terre-de-Bas a fait l’objet d’une exploitation intensive de bois à usage de parfum et teintures exportés vers l’Europe au 17ème et 18ème siècle, et terre de Haut d’une exploitation de sel au lieu dit Marigot et Grand Anse à l’étang Belenus.

L’histoire nous apporte un élément totalement novateur sur monsieur Grizel de Sainte-Marie, propriétaire de poterie à Terre-de-Bas . Les poteries étaient utilisées pour expédier des essences de parfum de bois d’Inde en Europe. D’ailleurs, l’on compte encore à terre de bas de nombreuses essences aromatique et tinctoriales d’arbres comme le merisier dans la forêt de terre de bas. La production de parfums et poteries, avec la main d’œuvre servile des Irois, c’était la principale richesse de terre de bas .

Dans un livre intitulé « Colons et engagés aux Saintes du XVIIème au XIXème siècle – de monsieur PERON Patrick, cet auteur a recensé plus de 400 patronymes d’origine irlandaise de descendants des personnes venues s’installer et travailler en Guadeloupe dans les grandes habitations du sud Basse-Terre dont les Saintes faisaient partie.

Les Irois et les Iroises étaient les habitants de l’Irlande en Français médiéval la « mer iroise » (et non pas « d’iroise ») est une forme adjective qui désigne le lieu de Passage des Irlandais dès le 16ème siècle.
Cachez-moi cette Mer Celtique que je ne saurais voir disait un historien Breton !
En Françe , cette mer est désormais passée sous silence.
On sait tous très bien que l’Histoire est pour le moins « adaptée », et pour le plus, falsifiée. Et cela dans à peu près tous les pays selon les orientations que le pouvoir central en place veut, ou pas, donner au passé. Mais il peut aussi en être de même pour la géographie notamment s’agissant de la Mer Celtique : c’est sans doute pourquoi très peu de personnes en Bretagne et dans le reste de l’Hexagone ignorent même jusqu’au nom de cette large mer qui baigne quatre des six pays celtiques de la planète : l’Irlande, le Pays de Galles, les Cornouailles et la Bretagne.
Le terme d’Iroise apparait pour la première fois en 1693 sur deux cartes mentionnant « Le Passage de l’Yroise » et « Iroise » à cet endroit. Le Passage de l’Iroise devient simplement Iroise en 1819 et ce n’est qu’à la fin du XXᵉ siècle que la dénomination « mer d’Iroise » s’est imposée. Mais la déportation des irlandais a bien commencé au 16ème siècle et s’est accentuée au 17ème siècle. D’ailleurs, notons pour la petite histoire , qu’au XIe siècle, Dublin était déjà le plus grand marché d’esclaves d’Europe et un dixième de la population britannique est esclave – ce qui aura profondément marqué l’identité anglaise, dont l’hymne national déclame que « les Britanniques jamais ne seront des esclaves », justement parce qu’ils l’ont été. Patrick, saint patron de l’Irlande, a été au Ve siècle lui même esclave. Ces éléments d’ordres historiques peuvent paraître infimes comparés aux plus de 12 millions d’Africains déportés outre-Atlantique, mais ils montrent comment les Antilles , dès le début, se sont construits sur l’esclavage des blancs et la privation de liberté des irlandais .

Résultat, vers 1650, « plus de la moitié de la population blanche de la Guadeloupe était constituée d’esclaves Irlandais », cultivant le tabac ou le coton et exploitant le bois précieux de la Basse -terre.
La « Baie des Irois » sur l’île de Marie-Galante, est mentionné par les archives où des boucaniers sont notés dans les correspondances de 1645. Le beau-père de Louis XIV, Constant d’Aubigné (1585-1647), père de la marquise Françoise de Maintenon et éphémère gouverneur de Marie-Galante a eu affaire aux « Irois » selon une recherche de Louis Merle. L’auteur estime que Constant d’Aubigné et sa famille ont bien vécu dans une plantation à Marie-Galante avant d’être contraints par des attaques menées par des « Irois » (Irlandais) de fuir vers la Martinique .
Il apparaîtra certainement par la suite de la diffusion de mon texte sur l’apport culturel des irois aux traditions de la Guadeloupe, que cette instrumentalisation de la culture depuis quelques années est sans doute illusoire, puisque la culture fait l’homme autant que celui-ci la fait.
Dans cet ordre d’idée, l’on peut relever l’apport de l’écrivain irlandais Lafcadio Hearn, né le 27 juin 1850 à la recherche du passé oublié des irois esclaves blancs des Antilles. D’une mère grecque et d’un père irlandais. Il s’intéresse à la culture créole et publie en 1885 un dictionnaire de proverbes créoles, Gombo Zhèbes et un recueil de cuisine, « la Cuisine créole ». Il s’installe à la Martinique en 1887 et y demeure jusqu’en 1889, le temps de collecter les récits et croquis anciens des Antilles françaises et d’écrire ses deux romans Chita et Youma.

Mais, quelle que soit la nature du rapport que l’homme entretient avec elle, la culture peut être comprise comme un processus de dénaturation dans le contexte délétère de l’esclavage. C’est certainement le cas pour ce qui nous concerne de la danse ancestrale de la quadrille d’origine très certainement irlandaise de Guadeloupe .En effet , la danse de la quadrille a été inventé à Dublin en Irlande.Et force est de constater que la musique de la quadrille de vieux-fort , ça ressemble fort à une musique Celtique irlandaise.
Voilà une vidéo de la quadrille de vieux fort. Notez bien la différence !!!
Les ressemblances sont certainement dues aux nombreuses transactions entre Vieux Fort et Montserrat qui a un temps été peuplé d’une grande quantité d’esclaves blancs d’origine irlandaise. D’après certaines sources, il semblerait que l’on trouve aussi le même type de musique dans le carnaval à Montserrat. Pendant le carnaval , ils ont le même costume à miroirs et la même musique ( flûtes et tambourins ) que ceux des carnavaliers de la région de vieux-fort. Quoiqu’il en soit,il suffit de visionner ce reportage de Arte pour s’en convaincre : Monserrat, l’île irlandaise des Caraïbes. C’est ainsi que j’ai découvert à partir dune méthodologie empruntée à la science anthropologique que la culture irlandaise résiduelle est encore très vivace en Guadeloupe, particulièrement dans les traditions de la commune de vieux fort en Guadeloupe , notamment au niveau des masques ,des costumes et de la musique de carnaval et aussi de la broderie ancienne de Vieux-Fort qui s’avère être irlandaise.

Tout autre chose que j’ai l’avantage de vous communiquer comme découverte , c’est la tradition créole de frotter trois feuilles d’un trèfle sur une morsure de guêpes pour calmer la douleur. Cette tradition créole est d’origine irlandaise. Quelle est la signification du trèfle dans la tradition irlandaise ?
La légende raconte que le saint patron chrétien Patrick a expliqué aux Celtes le concept de la Sainte Trinité (le Père, le Fils et le Saint-Esprit) en ayant recours au trèfle à trois feuilles. Au fil des siècles, la plante des prairies est devenue l’emblème de Saint-Patrick avant de devenir une plante médicinale de toute la Guadeloupe. Le nom de ce trèfle créole à trois feuilles s’est malheureusement perdu au fil du temps.
Les esclaves blancs irlandais appelés encore Irois travaillaient dans les champs de coton de la côte sous le vent de la basse terre et aussi dans la coupe et le transport de bois. Ces esclaves se faisaient souvent piquer par des guêpes dans la forêt et donc utilisaient cette méthode ancestrale du trèfle à trois feuilles pour soulager et guérir les morsures de guêpes. Le trèfle à trois feuilles est le symbole de l’Irlande. Ce n’est pas la seule ressemblance avec l’Irlande, ses vertes collines et ses falaises battues par les vents qui ressemble à la côte sous le vent . Par ailleurs, il semble également que ce n’est pas la seule similitude culturelle ,car la coiffe créole des anciennes matadors du sud basse-terre est un tissu madras vert et blanc aux couleurs irlandaises de saint Patrick, le saint patron des Irlandais.

https://www.arte.tv/fr/videos/109358-140-A/invitation-au-voyage/

Et de plus, que penser du mystère qui entoure ,encore aujourd’hui ,la tradition semble-il d’origine irlandaise de la broderie ancestrale de la commune de vieux fort ?
Voilà ce qu’on lire sur ce sujet du centre de broderie !

Jours de Vieux-Fort » : une origine mystérieuse …

» Cette broderie traditionnelle, activité séculaire à laquelle les femmes de Vieux-Fort ont consacré leur vie depuis près de 400 ans. Installée dans les ruines du Fort de l’Olive, les brodeuses pratiquent un art qui remonterait au début de la colonisation en 1635 . En effet, Madame de Lafayolle, favorite de la reine Anne d’Autriche aurait obtenu l’autorisation d’amener en Guadeloupe de jeunes filles orphelines (vraisemblablement des irlandaises) de pensionnats religieux en vue de les marier a des colons. Ce serait elles qui auraient introduits cet artisanat. Points tranche d’orange ou mère poule ou encore croix à bras en éventails ou en papillon, autant de points créés par ses petites mains qui confectionnent nappes, draps, napperons mais aussi robes de baptême. »

…. » L’origine des « Jours » – la broderie de Vieux-Fort – remonte sans doute au début de la colonisation mais personne, en vérité, ne sait précisément comment est née cette tradition. Pour certains historiens, ce serait les marins Vieux-Fortains qui auraient ramené ce savoir-faire – des échantillons de dentelle ou de mouchoirs ajourés – des îles anglophones. Leurs femmes ont ensuite commencé à broder elles-mêmes leurs ouvrages, créant leurs propres modèles. D’autres y voient au contraire un héritage de la Bretagne. Les Bretons , en s’installant aux Saintes avaient emporté avec eux des machines pour passer le coton et leur broderie. Les pêcheurs de Vieux-Fort, à leur contact, auraient ramené dans leur village l’art de la broderie. Dernière hypothèse , les Jours de Vieux-Fort pourraient être l’héritage laissé par un groupe de demoiselles ( irlandaise ? ) bien stylées par des religieuses des Carmes au début de la colonisation.

Quelles que soient ses origines, la broderie de Vieux-Fort a vite gagné ses lettres de noblesse. En 1965, les brodeuses ont décroché trois des treize prix décernés à l’Exposition de l’Art Artisanal à Paris. »

Une interrogation supplémentaire sur l’apport culturel des irois avec la broderie ancestrale de vieux fort qui serait peut-être aussi d’origine irlandaise, mais il faut cependant noter l’absence de témoignages écrits des chroniqueurs de l’époque et d’archives qui étayent pour le moment cette thèse .Pourtant à une époque remontant à quelques années j’avais lu un texte énigmatique sur la tradition ancestrale de la broderie de vieux fort et j’avais été par curiosité rendre visite à ces brodeuses installées au sein du fort l’olive ,et qui après discussion, m’avaient appris que certains points de la broderie de vieux fort sont uniques au monde . Et qu’en dépit des recherches effectuées par des experts de la broderie ancienne de France, l’on n’a jamais su les origines de ces points « jours »uniques de la broderie de vieux fort . J’en avais tiré quelques conclusions à l’époque . Mais tout compte fait, c’est bien possible que cette tradition de la Guadeloupe soit également d’origine irlandaise.

A noter dans la continuité de l’histoire des esclaves blancs irois, un élément totalement ignoré des historiens, c’est l’histoire des premières exploitations coloniales de mise en valeur des Antilles avec le sel , le tafia ,le tabac, le coton ,l’indigo, le café le cacao ,le rhum, le sucre …

Alors que la mémoire coloniale française revient régulièrement dans l’actualité, nos compatriotes Guadeloupéens er Martiniquais devraient se pencher avec le plus grand intérêt sur cette période de l’esclavage des blancs.

« EVE PASYANS OU KA VWE LONBRIK A PIS «
– traduction littérale : avec patience on voit le nombril des puces.
– morale : La patience nous aide à mieux voir les choses !

« An ja vwè van vanté, koko vèt tonbé, koko sèk rété an pyé »

Jean Marie Nol économiste et chroniqueur de l’histoire de la Guadeloupe

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