À l’occasion du Salon international de l’agriculture 2026, la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a placé l’accélération de la Recherche et Développement (R&D) au cœur de la stratégie agricole ultramarine. Cette orientation s’inscrit dans un contexte de renégociation budgétaire européenne (Cadre financier pluriannuel 2028-2034) ainsi que de tensions croissantes autour du maintien du programme POSEI. L’enjeu pour la ministre est double : moderniser les filières et sécuriser durablement leurs financements.
Accélération de la Recherche et du développement
La R&D désigne l’ensemble des travaux scientifiques et techniques destinés à améliorer les performances productives, sanitaires et environnementales des filières agricoles. Son accélération implique une augmentation des moyens financiers, des capacités scientifiques et de la rapidité de transfert vers les exploitations. Elle suppose un renforcement des financements dédiés à l’innovation agricole tropicale, des partenariats consolidés avec le CIRAD, l’INRAE et les universités ultramarines, le développement de variétés résistantes aux stress climatiques et phytosanitaires, l’expérimentation des nouvelles techniques génomiques (NGT), ainsi qu’une adaptation réglementaire – notamment en matière d’épandage par drones – aux réalités spécifiques des exploitations tropicales.
Données chiffrées des POSEI, FEADER et budget RUP (2021-2027)
Le soutien européen constitue le socle financier des agricultures ultramarines. Le programme POSEI représente environ 653 millions d’euros par an pour l’ensemble des Régions ultrapériphériques. Environ 63 % de ce budget est orienté vers les filières traditionnelles telles que la banane et la canne-sucre-rhum, tandis qu’environ 21 % est consacré aux filières de diversification. Le FEADER demeure un instrument majeur du développement rural dans le cadre de la PAC 2021-2027. Par ailleurs, la politique de cohésion européenne mobilise près de 392 milliards d’euros sur la période 2021-2027, incluant les RUP. Ces montants illustrent la dépendance structurelle des filières ultramarines aux arbitrages budgétaires européens et soulignent les risques économiques qu’impliquerait toute dilution du POSEI dans la future PAC.
Martinique et RUP : vulnérabilités structurelles et impératif d’innovation
La Martinique et les autres RUP cumulent insularité, dépendance aux intrants importés, pression phytosanitaire accrue et exposition aux aléas climatiques. Dans ce contexte, l’innovation accélérée vise à sécuriser les rendements face aux cyclones et aux sécheresses, à réduire la dépendance aux produits phytosanitaires importés, à diversifier les productions agricoles et à renforcer la transformation locale. Elle contribue également à soutenir la compétitivité des filières stratégiques et à consolider la souveraineté alimentaire territoriale et nationale.
Dimension diplomatique et défense de l’article 349 TFUE




