Emmanuel Macron a demandé jeudi au gouvernement de renforcer significativement la lutte contre le narcotrafic, en particulier dans les ports et les aéroports, et de changer d’échelle dans les Antilles, où la situation est jugée particulièrement préoccupante. À quelques semaines des élections municipales, le chef de l’État a exigé de nouvelles mesures opérationnelles et rapides.
Lors d’une réunion à l’Élysée réunissant le Premier ministre Sébastien Lecornu et plusieurs membres du gouvernement, un point a été fait sur les décisions prises depuis novembre dernier ainsi que sur de nouvelles orientations stratégiques souhaitées par le président.
Un « plan douanes massif » dans les ports et les aéroports
Emmanuel Macron a demandé l’élaboration d’un « plan douanes massif » afin de muscler l’action de l’État contre le narcotrafic dans les ports et les aéroports, estimant nécessaire de « changer d’échelle ». Ce plan devra être remis dans un délai d’un mois par le Premier ministre et la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin.
Les autorités estiment que les opérations ciblant les « mules », notamment sur les vols au départ de la Guyane, ont produit des résultats significatifs, mais ont également entraîné un déplacement des trafics vers d’autres plateformes aéroportuaires ainsi que vers le fret et les bagages.
Face à cette adaptation des réseaux criminels, le président a demandé des investissements massifs dans les scanners afin d’élargir les contrôles au-delà des seuls passagers, ainsi que le lancement d’opérations « coup de poing » dès les prochains jours dans plusieurs aéroports, y compris dans l’Hexagone.
Après Marseille, une mobilisation renforcée dans les Antilles
Après Marseille, Emmanuel Macron estime que « la mobilisation doit être totale et beaucoup plus massive » dans les Antilles, où il prévoit de se rendre dans les prochains mois. Il réclame des moyens humains, techniques et interministériels à la hauteur de la gravité de la situation, marquée en 2025 par un nombre élevé de narchomicides, notamment à Fort-de-France en Martinique.
Le chef de l’État attend d’ici un mois des propositions concrètes, incluant un plan d’urgence pour les quatre îles de la zone – Saint-Martin, Saint-Barthélemy, Guadeloupe et Martinique – assorti d’une coopération régionale immédiatement renforcée avec les partenaires d’Amérique du Nord et du Sud.
Sensibilisation, coopération internationale et réponse judiciaire
Emmanuel Macron a également demandé le lancement, d’ici la fin du premier trimestre, d’une campagne nationale de sensibilisation sur les ravages de la consommation de drogues. En décembre, il avait annoncé le doublement de l’amende forfaitaire pour usage de stupéfiants, d’autres mesures devant figurer dans le prochain projet de loi sur la sécurité du quotidien.
Sur le plan international, le président a insisté sur la nécessité d’obtenir des résultats concrets afin que les auteurs d’assassinats liés aux cartels, opérant depuis l’étranger, puissent être localisés et neutralisés judiciairement. Des dispositions visant à désengorger des juridictions nationales saturées par les dossiers liés au narcotrafic seront intégrées au prochain projet de loi du garde des Sceaux, Gérald Darmanin.
Cette réunion, à laquelle participaient notamment les ministres Gérald Darmanin, Amélie de Montchalin, Laurent Nuñez, Stéphanie Rist et Naïma Moutchou, était la troisième du genre depuis celle du 18 novembre, organisée quelques jours après un assassinat à Marseille sur fond de violences liées au narcotrafic. JPB




