Pour marquer le début de l’année 2026 et les 60 ans de l’Office national des forêts (ONF), Valérie Metrich-Hecquet, directrice générale de l’établissement, a choisi la Martinique comme première destination. Du 19 au 21 janvier, une délégation nationale a sillonné l’île pour rencontrer les agents, échanger avec les institutions, et mettre en lumière les projets et actions concrètes engagés pour protéger les forêts et espaces naturels du territoire.
La Martinique a été, cette année, la première étape d’une tournée de terrain menée par la direction générale de l’Office national des forêts. Du 19 au 21 janvier 2026, Valérie Metrich-Hecquet, directrice générale de l’ONF, s’est déplacée sur l’île avec une délégation nationale. Un choix symbolique, puisque ce déplacement intervient au tout début de l’année et dans un contexte particulier : l’établissement public fête ses 60 ans.
Cette visite, portée conjointement par la direction territoriale de l’ONF Martinique et le Comité social et économique (CSE), avait une ambition simple : renforcer la présence de la direction générale sur le terrain, aller à la rencontre des agents et des partenaires, et observer concrètement les actions menées en faveur de la gestion durable des forêts et des espaces naturels martiniquais.
Trois jours d’échanges avec les agents et les partenaires
Durant trois jours, les échanges se sont multipliés avec les équipes de l’ONF en Martinique, mobilisées au quotidien sur des missions très concrètes : protection des milieux naturels, gestion forestière, valorisation des espaces, mais aussi accompagnement des politiques publiques liées à la biodiversité, à la prévention des risques naturels et à l’adaptation au changement climatique.
Ce déplacement a aussi permis de rappeler une réalité souvent méconnue : en Martinique, les enjeux forestiers ne concernent pas uniquement la forêt “en elle-même”. Ils touchent directement à la sécurité du territoire, à la préservation des ressources naturelles, à l’attractivité des sites, et aux équilibres environnementaux fragiles, notamment sur les zones littorales et les reliefs.
Dialogue social : un temps fort de la visite
L’un des moments marquants de ce déplacement a été consacré au dialogue social. Une réunion rassemblant l’ensemble du personnel s’est tenue au Karibea Squash Hôtel. L’objectif : permettre un temps d’échanges autour des engagements nationaux pour 2026 et des moyens prévus pour les mettre en œuvre.
Lors de cette rencontre, la direction générale a également évoqué les tensions sociales qui ont marqué l’année 2025, tout en réaffirmant sa volonté de “conforter les équipes” dans leurs missions et de reconnaître l’engagement de terrain des agents.

Institutions : l’extension des Pitons du Carbet au cœur des discussions
La délégation nationale a également rencontré plusieurs responsables institutionnels. Elle a été reçue par le président de la Collectivité territoriale de Martinique, Serge Letchimy, ainsi que par Fernand Odonnat, conseiller exécutif en charge de l’aménagement.
Ces échanges ont notamment permis de réaffirmer une priorité partagée : finaliser l’extension de la Réserve biologique intégrale des Pitons du Carbet, dans le cadre du bien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Une question centrale pour la protection de la biodiversité, mais aussi pour la cohérence des engagements de la Martinique autour de son patrimoine naturel.
Autre séquence institutionnelle : une rencontre avec le préfet de Martinique, Étienne Desplanques, consacrée aux priorités de l’État en matière de politiques forestières et environnementales.
Cœur Bouliki, Montagne Pelée, Mangles : des sites emblématiques au programme
Au-delà des réunions, la visite s’est construite sur le terrain, au contact direct des réalités martiniquaises. Plusieurs sites emblématiques ont été intégrés au programme, parmi lesquels :
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Cœur Bouliki, l’un des principaux espaces d’accueil du public en forêt,
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la Montagne Pelée, au titre du cœur du bien UNESCO,
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l’Anse Charpentier,
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Le Marigot,
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les Mangles, concernés par des projets de reboisement et de compensation écologique.
À chaque étape, la délégation a rencontré des agents directement impliqués, mais aussi les partenaires institutionnels et techniques engagés aux côtés de l’ONF.
Des actions concrètes déjà engagées sur le territoire
Le communiqué met en avant plusieurs actions structurantes et résultats observables, montrant que la gestion forestière n’est pas un principe abstrait mais un travail quotidien, avec des opérations mesurables.
Reboiser avec des espèces indigènes. Entre 2024 et 2025, l’ONF a planté près de 100 000 m² de forêt, mobilisant une trentaine d’espèces forestières indigènes, dans le cadre du programme France 2030 financé par l’État. Une plantation réalisée au Marigot, en forêt domaniale du littoral, a permis d’illustrer la dynamique, avec un taux de réussite annoncé à 90 %.
Suivre l’évolution des forêts dans le temps. L’ONF a mis en place 12 placettes permanentes de 2 500 m² en forêt. Ces “carrés de forêt”, suivis de manière régulière, servent à observer les impacts du changement climatique sur les écosystèmes forestiers. Plus de 1 000 arbres ont été identifiés et feront l’objet d’un suivi.
Limiter les espèces envahissantes. L’établissement poursuit aussi la lutte contre l’expansion des espèces exotiques envahissantes, qui menacent les espèces natives. Pour limiter les introductions dans les milieux sensibles, quatre stations de biosécurité permettent aux randonneurs d’enlever la terre sous leurs chaussures avant d’entrer en Réserve biologique intégrale et dans le cœur du bien UNESCO. Les études menées montrent que, dans la terre récoltée, 42 % des espèces sont exotiques, ce qui confirme l’utilité de ces dispositifs.
Prévenir les incendies, un risque désormais identifié. L’ONF indique également avoir mis en évidence un risque émergent lié aux feux de forêt et avoir lancé l’élaboration d’un Plan de Protection des Forêts Contre les Incendies. La visite a aussi souligné les synergies engagées depuis 2025 sur la prévention et la défense des forêts contre les incendies, en partenariat avec le SDIS.
Une dynamique collective portée par de nombreux partenaires
Au fil des échanges, un point ressort : la gestion durable de la forêt en Martinique s’appuie sur une dynamique collective. Les communes de Saint-Joseph et de Sainte-Marie sont citées parmi les partenaires, aux côtés de la CTM, mais aussi de plusieurs institutions majeures : la DAAF, le Parc naturel régional de Martinique, l’ADEME, l’Office français de la biodiversité, le Conservatoire botanique national de Martinique, ou encore le Grand Port Maritime.
L’ONF insiste ainsi sur la nécessité de travailler en réseau pour répondre aux enjeux environnementaux, sociaux et territoriaux du pays.
Une visite qui s’inscrit dans une tournée plus large
À travers cette première étape de l’année en Martinique, la direction générale de l’ONF affirme son attachement au rôle joué par l’établissement public sur le territoire depuis six décennies, tout en mettant en avant la continuité des actions et la volonté de consolider la présence des équipes sur le terrain.
La visite martiniquaise s’inscrit enfin dans une tournée antillaise plus large menée du 19 au 24 janvier 2026, avec une seconde étape en Guadeloupe.
Philippe Pied




