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    Répondre à la crise sociétale martiniquaise :pour une traduction politique du diagnostic d’André Lucrèce

    février 3, 2026Mise à jourfévrier 3, 2026Aucun commentaire
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    L’analyse proposée par le sociologue André Lucrèce dans Antilla, sous le titre « Analyse d’une crise sociale majeure. Le cas de la Martinique », a le mérite rare de déplacer le regard. Elle rompt avec une lecture strictement économique ou conjoncturelle des difficultés martiniquaises pour poser un diagnostic plus profond : celui d’une crise sociétale, voire civilisationnelle, marquée par une désagrégation progressive des mécanismes de socialisation, de transmission et de civilité.

    Ce texte appelle moins une réaction émotionnelle qu’un effort collectif de lucidité. Il invite surtout à une question centrale : comment traduire ce diagnostic sociologique en réponses politiques et sociales fonctionnelles ?

    Dépasser la réduction économique de la crise

    L’un des apports majeurs de l’analyse d’André Lucrèce est de montrer que la focalisation quasi exclusive sur la vie chère, aussi légitime soit-elle, ne suffit plus à expliquer l’état de la société martiniquaise. La montée des violences, la banalisation des incivilités, la diffusion d’une contre-culture marquée par le ressentiment et la brutalité ne peuvent être comprises comme de simples effets mécaniques de la précarité.

    Ce déplacement du regard oblige le débat public à reconnaître que la crise actuelle est aussi une crise des cadres, des normes et des repères qui structuraient autrefois la vie collective. Ignorer cette dimension revient à traiter les symptômes sans jamais s’attaquer aux causes.

    La socialisation, angle mort de l’action publique

    Le texte met au centre la question de la socialisation : comment une société apprend-elle à ses membres, dès l’enfance, les règles de la vie commune, le rapport à l’autorité, le respect de l’autre ? André Lucrèce montre que ces mécanismes, longtemps portés par la famille, l’école et des formes implicites de ritualisation sociale, sont aujourd’hui profondément fragilisés.

    Or cette question demeure largement absente des politiques publiques, souvent cantonnées à des réponses sociales, sécuritaires ou compassionnelles. Chercher des réponses fonctionnelles suppose de considérer la civilité comme un enjeu politique à part entière, et non comme un simple supplément moral ou éducatif.

    Famille, autorité et responsabilité collective

    Le passage consacré à l’évolution de la structure familiale est sans doute le plus sensible, mais aussi l’un des plus décisifs. En soulignant l’ampleur de la monoparentalité et l’effacement fréquent de la figure paternelle, André Lucrèce ne cherche pas à désigner des coupables, mais à décrire un fait social massif et ses conséquences sur la construction de l’autorité et de la transmission.

    Le débat public martiniquais ne peut durablement esquiver cette question. Accompagner les familles est indispensable, mais cela ne peut suffire si cet accompagnement n’est pas articulé à une réflexion sur la responsabilité parentale, la présence éducative et la transmission des normes. Là encore, l’enjeu n’est pas moral, mais fonctionnel : une société qui n’assure plus la transmission de ses règles se condamne à l’escalade des violences.

    Une jeunesse en rupture de cadres

    L’analyse des jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation éclaire un autre nœud central de la crise. Le ressentiment, décrit par le sociologue, naît moins de la pauvreté en soi que du décalage entre des aspirations fortes et l’absence de perspectives crédibles. Dans ce vide, la violence peut devenir un mode d’expression, voire de reconnaissance.

    Répondre à cette situation suppose autre chose que des dispositifs incitatifs fragmentés. Il s’agit de recréer des cadres collectifs structurants, capables de redonner du sens, de l’appartenance et des responsabilités à une jeunesse largement désaffiliée.

    Pour un changement de paradigme dans le débat martiniquais

    La force du texte d’André Lucrèce est d’obliger à un changement de paradigme. La crise qu’il décrit ne se résoudra ni par des slogans, ni par une addition de plans sectoriels. Elle appelle une réflexion globale sur les fondements mêmes de la vie en société : transmission, autorité, civilité, responsabilité.

    Répondre à cette analyse, ce n’est pas la radicaliser, mais en tirer les conséquences politiques. Si la crise est sociétale, alors les réponses doivent l’être aussi. Refuser ce débat, au nom du confort idéologique ou de la peur de heurter, reviendrait à laisser se poursuivre la dynamique de décivilisation que le sociologue décrit avec gravité.

    En publiant ce texte, André Lucrèce ne dresse pas un constat désespéré, mais lance un avertissement. Il rappelle que la civilisation n’est jamais acquise, et qu’elle peut régresser lorsque les mécanismes de socialisation se délitent. La responsabilité collective est désormais de transformer ce diagnostic en choix politiques clairs, capables de restaurer des cadres communs et de redonner une trajectoire à la société martiniquaise. 

    Gérard Dorwling-Carter

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