À l’occasion du Salon International de l’Agriculture, la Région Guadeloupe, l’INRAE et le Cirad ont signé, le 26 février 2026, une convention de partenariat stratégique visant à accélérer les transitions agricoles et à renforcer la souveraineté alimentaire et économique de l’archipel.
La signature est intervenue sur le stand de la Guadeloupe en présence de Marie-Luce Penchard, vice-présidente de la Région, de Harry Archimède, président du centre Antilles-Guyane de l’INRAE, et d’Élisabeth Claverie de Saint Martin, présidente-directrice générale du Cirad.
Conclue pour une durée de cinq ans, cette convention établit un cadre commun destiné à mobiliser la recherche, l’innovation et l’expertise scientifique au service des priorités agricoles, alimentaires, sanitaires et environnementales du territoire.
L’ambition affichée est de développer des solutions adaptées aux réalités locales, dans une approche intégrée du développement économique, afin de réduire la dépendance structurelle aux importations et d’améliorer la compétitivité des filières locales.
Les trois partenaires entendent répondre aux défis posés par les aléas climatiques, les risques sanitaires et la vulnérabilité des systèmes productifs tropicaux.
L’accord vise ainsi à améliorer la résilience des systèmes agricoles en renforçant simultanément leurs performances économiques, sociales et environnementales. La recherche pluridisciplinaire devra favoriser le développement de systèmes de production plus économes en intrants, mieux adaptés aux conditions tropicales et capables de préserver durablement les écosystèmes.
L’approche dite « One Health », qui articule la santé animale, humaine et végétale, constitue un axe structurant du partenariat. Elle implique le renforcement des outils d’anticipation et d’aide à la décision pour la gestion des risques climatiques et sanitaires, ainsi que la mise en œuvre de solutions alternatives conciliant performance agricole et préservation de l’environnement. La diversification des productions et la structuration des filières figurent également parmi les priorités stratégiques.
Au-delà de la production agricole, la convention entend soutenir la compétitivité de l’agrotransformation en Guadeloupe. Les signataires souhaitent encourager l’émergence de nouvelles productions à fort potentiel économique, stimuler l’innovation et la transformation des produits, valoriser les ressources locales dans une logique de bioéconomie et faciliter le transfert des résultats de la recherche vers les entreprises et les exploitations.
Un comité de pilotage stratégique réunissant la ssurera le suivi et l’évaluation des actions, ainsi que la mobilisation coordonnée des financements régionaux, nationaux et européens. Dans ce cadre, le projet européen « TAESA » (Transitions Agroécologiques pour des Systèmes Alimentaires locaux et durables en Guadeloupe) occupe une place centrale. Inscrit dans la priorité 1 du programme FEDER-FSE+ 2021-2027 dédiée à la recherche et à l’innovation, ce projet est porté conjointement par l’INRAE et le Cirad et repose sur une démarche participative associant chercheurs, agriculteurs, transformateurs, décideurs publics et consommateurs.
Doté d’un budget supérieur à 17 millions d’euros et financé à 85 % par le FEDER, TAESA se déploiera sur cinq ans autour de la préservation et de la caractérisation de la biodiversité, de la création et de l’amélioration variétale, de la conception d’agroécosystèmes innovants, de la valorisation des produits et de l’appui aux politiques publiques. À la suite de la décision du comité régional unique de programmation du 13 février 2026, la Région, en tant qu’autorité de gestion du FEDER, doit signer les conventions juridiques de mise en œuvre du projet avec l’INRAE et le Cirad.
Par ailleurs, un second projet intitulé « GUS » (« Guadeloupe Une seule Santé »), centré sur l’approche One Health, devrait être signé au cours du premier semestre 2026. L’ensemble de ces initiatives traduit la volonté de la Région Guadeloupe d’ancrer durablement sa stratégie de souveraineté alimentaire dans la recherche, l’innovation et la coopération scientifique.