Selon l’Insee, l’économie martiniquaise connaît en 2025 un repli significatif et durable de son activité, confirmant une tendance de fond amorcée dès l’année précédente. Au premier trimestre 2025, le volume d’heures rémunérées recule de 1,3 % sur un an, un indicateur particulièrement révélateur de l’affaiblissement de l’activité réelle. Cette contraction concerne la quasi‑totalité des secteurs, traduisant une dégradation transversale du tissu économique, au‑delà de simples ajustements conjoncturels.
Le phénomène se prolonge au deuxième trimestre 2025, avec une nouvelle baisse de 1,3 % en glissement annuel, attestant que le ralentissement n’est ni ponctuel ni sectoriel. Les économistes y voient la prolongation directe des tensions sociales majeures de 2024, marquées par les mouvements contre la vie chère, les blocages d’axes économiques stratégiques et les perturbations durables des chaînes d’approvisionnement locales. Ces épisodes ont non seulement affecté la production et la consommation à court terme, mais aussi entamé la confiance des acteurs économiques, des ménages comme des entreprises, avec des effets retardés qui continuent de se faire sentir en 2025.
Les analyses rétrospectives de l’année 2024 confirment que l’économie martiniquaise était déjà entrée dans une phase de fragilisation structurelle, combinant instabilité sociale, hausse des coûts (énergie, transport, intrants) et essoufflement de la demande intérieure. Si certains secteurs laissent entrevoir en 2025 de timides signaux de rebond — notamment dans des activités soutenues par la dépense publique ou par des effets de rattrapage — ces dynamiques restent insuffisantes pour inverser la tendance globale.
À la fin de l’année 2025, les indicateurs disponibles confirment ainsi un ralentissement persistant de l’économie martiniquaise. L’emploi salarié du secteur privé recule, reflet d’une prudence accrue des entreprises face à un environnement jugé incertain, tandis que le taux de chômage demeure élevé, pesant sur le pouvoir d’achat et la consommation. Cette situation est partiellement amortie par une légère progression de l’emploi public, qui joue, comme souvent en Outre‑mer, un rôle de stabilisateur social et économique. Toutefois, cette compensation reste limitée et pose, à moyen terme, la question de la soutenabilité d’un modèle de croissance reposant largement sur la dépense publique.
Dans ce contexte, la conjoncture économique martiniquaise apparaît moins comme une simple fluctuation cyclique que comme le symptôme d’une vulnérabilité structurelle persistante, exacerbée par les chocs sociaux, les contraintes liées à la vie chère et l’étroitesse du marché local. Le ralentissement observé en 2025 s’inscrit ainsi dans une trajectoire plus large, où les fragilités économiques, sociales et institutionnelles tendent à se renforcer mutuellement, appelant des réponses structurelles plutôt que




