Alors que la géothermie est régulièrement présentée comme l’une des sources d’énergie renouvelable les plus prometteuses, elle ne représente encore qu’environ 1 % de la consommation finale de chaleur en France, selon un rapport publié mardi par la Cour des comptes. Une situation paradoxale au regard de ses atouts : énergie locale, renouvelable, décarbonée, disponible en continu et non intermittente , un avantage majeur par rapport au solaire ou à l’éolien.

La Cour appelle donc à une réorganisation des dispositifs de soutien, à une gestion plus claire du risque et à une meilleure connaissance scientifique du sous-sol, condition indispensable pour accélérer l’investissement.
Une énergie stratégique pour la décarbonation de la chaleur
En 2022, la chaleur représentait 45 % de la consommation finale d’énergie en France, mais restait à 73 % d’origine fossile, principalement via le gaz naturel. Dans ce contexte, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) ambitionne de quadrupler la production de chaleur géothermique d’ici 2035.
Trois techniques coexistent :
- Géothermie de surface (−200 m) : chaud/froid via la température du sol
- Géothermie profonde (1 000–2 000 m) : exploitation d’eau chaude à 80–150°
Particularité souvent oubliée dans le débat national : la France dispose déjà d’un site de géothermie haute énergie en Guadeloupe, au sein de l’arc antillais, zone volcanique active. Ce type d’exploitation impossible en métropole est considéré comme un levier clé d’autonomie énergétique et de résilience climatique dans les territoires insulaires, où les coûts d’importation des hydrocarbures restent élevés.
Le BRGM plaide depuis plusieurs années pour faire de la géothermie un pilier de la décarbonation des Outre-mer, possibilité déjà explorée en Martinique, en Dominique ou à Sainte-Lucie.
Un enjeu stratégique dans un contexte mondial
À l’échelle internationale, la géothermie connaît un regain d’intérêt : décarbonation de l’industrie (Islande, États-Unis), chauffage urbain (Pays-Bas, Allemagne, Chine), production électrique (Indonésie, Kenya). Dans ce paysage, la France fait figure de dernier, malgré un potentiel réel et une filière industrielle existante.




