Vingt ans de carnaval s’étalent sur les murs du Rond-point des arts. Le groupe carnavalesque VaKband célèbre deux décennies d’existence. Pour fêter cet anniversaire comme il se doit, une exposition retrace le parcours de l’association à travers des vidéos, des photos et des audios.
Le bruit et la clameur s’élèvent du premier étage du centre commercial du Rond-point à Fort-de-France. Les chalands, attirés par le son entêtant des percussions, arrivent par l’escalator leur sac de courses encore à l’épaule. Mardi soir, VaKband était en prestation au Rond-point des arts. En ce mois de février, le carnaval s’invite partout y compris dans les galeries marchandes. Mais cette fois, VaKband ne célèbre pas que le carnaval, l’association fête ses 20 ans. Le bel âge pour une structure qui est née de l’autre côté de l’Atlantique à Bordeaux. Une exposition photos au Rond-point des arts lui est d’ailleurs dédiée. On ne peut s’y tromper. Le jaune fluo et l’orange, couleurs fétiches de VaKband, sont de mise et ornent l’espace muséal consacré à l’histoire du groupe de Carnaval version Bordeaux et version Péyi. « Cette exposition VaKband 20 ans a été pour nous une introspection sur le chemin parcouru depuis la création de l’association à Bordeaux », explique Daria Charles-Alfred, vice-présidente. L’objectif est de plonger le public dans les coulisses d’un groupe de carnaval.
« Il s’agit de voir comment sont pensés et élaborés les costumes, la musicalité et le visuel global du groupe. »
Pour que cette expérience soit sensorielle, l’exposition mise sur l’interaction.
« Nous avons intégré des bandes-son et des vidéos de façon à ce que le public voie les parties cachées du spectacle donné dans la rue et qu’ils puissent partager ce qu’on a vécu depuis tant d’années. »

L’exposition brosse le portrait d’une association à la genèse singulière. La structure carnavalesque naît à Bordeaux en 2006. Des étudiants antillais nostalgiques du carnaval décident d’y ramener un peu de culture péyi. Quelques années plus tard, le groupe s’enracine en Martinique.
« Ce groupe a évolué les premiers temps à Bordeaux et comme une promesse qu’on s’était faite, on s’était dit que les premiers qui reviendraient au pays créeraient à nouveau le groupe. »
VaKband peyi n’a eu aucun mal à se mêler aux autres groupes de carnaval. « Il avait quand même une appréhension parce que le public n’est pas le même. Dans l’Hexagone, le public est plus sensible puisque les étudiants qui sont loin de chez eux vont avoir une affection particulière pour le groupe. Une fois ici, nous nous sommes retrouvés dans la grande arène de la scène carnavalesque et on a été très bien accueillis par les autres groupes. »

VaKband possède sa propre musicalité. « On prend des musiques du monde que l’on retranscrit dans le carnaval. On fait du carnaval typiquement traditionnel mais on trouve notre ressource dans le monde », précise Rudy Cizo le leader du groupe. Celui qui fait partie de VaKband depuis douze ans, le confirme, le lieu de création du groupe a influé sur leur son.
« Dans l’Hexagone, on a accès à des musiques différentes. Quand on écoute la radio, on entend de la musique qu’on n’a pas l’habitude d’entendre ici comme la techno ou la soul. On essaie de retranscrire ce genre de musique dans VaKband. »
Le groupe de 50 musiciens compte bien disséminer sa joie de jouer et de danser lors des prochaines parades de carnaval.
L’exposition est visible au Rond-point des arts, au premier étage du centre commercial le Rond-point à Fort-de-France jusqu’au 21 février.
Laurianne Nomel




