Ce soir, au siège du Medef Martinique à Dillon, sa présidente Catherine Rodap a ouvert l’année 2026 avec un message clair : les entreprises ont tenu bon en 2025, mais elles ont besoin de sérénité pour continuer à avancer. Devant les adhérents, administrateurs et partenaires institutionnels, elle a rappelé que diriger une entreprise en Martinique, ce n’est pas seulement gérer une activité : c’est faire preuve de courage, malgré un contexte souvent incertain.
Dès les premiers mots, la présidente a adressé ses vœux « de santé, de paix et de sérénité » aux chefs d’entreprise et à leurs familles, en soulignant le rôle discret mais essentiel de ceux qui accompagnent les entrepreneurs au quotidien. Une entrée en matière qui annonce le ton : humain, direct, et centré sur la réalité du terrain.
Une année 2025 difficile, mais des entreprises qui ont résisté
Dans son discours, Catherine Rodap dresse un constat sans détour : 2025 n’a pas été une année simple. Les entreprises ont dû faire face à l’inflation, à l’instabilité des règles, à la pression fiscale, aux tensions sociales, aux difficultés de recrutement, ainsi qu’aux incertitudes budgétaires nationales et européennes. À cela s’ajoutent, a-t-elle rappelé, les fragilités structurelles propres au territoire.
Malgré tout, elle insiste : les chefs d’entreprise ont tenu. Ils ont continué à investir, recruter, former et innover. Non pas par “posture”, mais parce que, selon elle, entreprendre est un acte de responsabilité. Elle affirme ainsi que le Medef Martinique a été présent aux côtés des entreprises, dans ce contexte exigeant.

2026 : la demande de visibilité et de stabilité
Pour 2026, la présidente du Medef Martinique met en avant une priorité : la sérénité. Elle la présente comme une condition essentielle pour décider, investir et transmettre.
Son message repose sur trois mots :
- visibilité, pour agir sans avancer “dans le brouillard”,
- stabilité, pour construire sur un socle solide,
- lisibilité, pour permettre aux entreprises de se projeter.
Elle reconnaît la fragilité du territoire et les tensions économiques qui pèsent sur les entreprises, notamment l’empilement des fiscalités et certaines décisions publiques qui peuvent, selon elle, affecter l’emploi et la compétitivité. Mais elle tient à préciser : le Medef ne se place pas dans la plainte, et refuse “la résignation”. Son rôle, dit-elle, est de dire la réalité avec responsabilité.

La jeunesse : “une obligation morale et économique”
Un autre axe fort du discours concerne la jeunesse martiniquaise, présentée comme une priorité collective. Catherine Rodap pose une question centrale :
« Quelle Martinique voulons-nous pour nos enfants ? »
Elle affirme que la jeunesse n’est pas un slogan, mais un devoir. Elle appelle à mieux former, mieux orienter, et surtout à valoriser le travail, l’apprentissage et l’alternance, afin de créer des perspectives là où certains ne voient “que des impasses”. Dans cette logique, elle réaffirme le rôle des entreprises et annonce que le Medef continuera à faire le lien entre école, formation et emploi.
Défendre l’entreprise, c’est défendre l’emploi et la cohésion sociale
La présidente rappelle également une idée qu’elle juge trop souvent oubliée : l’entreprise n’est pas seulement un acteur économique, c’est aussi un lieu de lien social. Derrière chaque entreprise, elle évoque des salariés, des familles, des parcours de vie, et des territoires qui tiennent.
Son message est net : défendre l’entreprise, ce n’est pas défendre des intérêts particuliers. C’est défendre l’emploi, la dignité par le travail, et la cohésion sociale.

Remerciements aux partenaires et appel à la coopération
Catherine Rodap a salué les partenaires institutionnels et acteurs de l’emploi et de l’insertion avec lesquels le Medef Martinique travaille : la préfecture, France Travail, l’Adie, le RSMA, la Fondation Excellence SMA, l’Agefiph, le Rectorat, ainsi que les élus du collège employeur du Conseil des prud’hommes de Fort-de-France, en citant la vice-présidente Valérie Pavius.
Elle affirme la volonté du Medef de poursuivre le dialogue avec tous les acteurs en 2026, et de rester un espace d’échanges “exigeant”, utile à celles et ceux qui entreprennent.
« L’entreprise fait partie de la solution »
En conclusion, la présidente adresse un message de confiance et de courage, avec une conviction forte : l’entreprise n’est pas un problème à régler, ni un sujet à instrumentaliser. Elle est “une partie de la solution”.
Pour 2026, Catherine Rodap appelle à avancer ensemble, même sans penser pareil. Selon elle, le Medef Martinique doit rester un point d’ancrage, au service des entrepreneurs et du territoire.
“Très belle et heureuse année”, a-t-elle conclu, sous les applaudissements.
Philippe Pied





