En paralysant le régime iranien, Donald Trump met à mal la stratégie chinoise des Routes de la soie et poursuit l’endiguement de l’empire du Milieu.
Pièce maîtresse de la stratégie moyen-orientale de Xi Jinping, la République islamique d’Iran subit les frappes des armées israélienne et américaine. Cette campagne éclair fragilise l’économie iranienne et réduit fortement ses exportations.
Pour la Chine, premier importateur de brut iranien, ce sont près de 12 millions de barils de pétrole qui manquent à l’appel en une semaine. Après la capture du chef d’État vénézuélien en janvier dernier, Donald Trump prive une nouvelle fois son grand rival chinois d’un allié économique important.
Carrefour des Routes de la soie
Carrefour oriental des Routes de la soie, l’Iran incarnait une stratégie d’investissement de long terme que Pékin intensifiait depuis plusieurs mois. Quelques semaines avant le début de l’opération « Fureur épique », plusieurs entreprises publiques chinoises avaient accéléré la signature de contrats majeurs.
Le groupe de construction Shanghai Baoye signait des contrats d’acier, la société publique Pinggao Electric développait des sous-stations électriques et China Railway Container Transport organisait des corridors ferroviaires vers l’Asie centrale.
Le secteur énergétique demeurait central dans ces relations économiques, avec des importations régulières de pétrochimie iranienne et de minerai de fer. Pékin et Téhéran avaient d’ailleurs signé en 2021 un partenariat stratégique sur vingt‑cinq ans.
Le contrôle des ressources stratégiques
Les États-Unis ont engagé une stratégie globale pour limiter l’influence économique et technologique de la Chine. Les terres rares, indispensables aux batteries, aux technologies avancées et à l’industrie de défense, restent contrôlées à environ 70 % par la Chine.
Washington cherche donc à diversifier ses approvisionnements et à réduire la dépendance occidentale à ces ressources. La même logique s’applique au secteur des semi‑conducteurs.
Taïwan, principal producteur mondial de puces avancées, constitue un maillon essentiel de cette rivalité stratégique. Les sanctions américaines visant les puces avancées cherchent à freiner l’innovation technologique chinoise.
L’intelligence artificielle, nouveau front stratégique
Les tensions se manifestent également dans le domaine de l’intelligence artificielle. Les États-Unis dominent actuellement les modèles de langage, les infrastructures cloud et les plateformes numériques mondiales.
Mais la Chine investit massivement pour combler son retard. Malgré ces efforts, elle demeure encore dépendante de technologies et de composants produits par des entreprises américaines comme Intel ou Nvidia.
Une rivalité durable
Malgré les pressions américaines, la Chine reste une puissance économique majeure. Avec un excédent commercial dépassant 1,2 trillion de dollars et un appareil industriel dominant, elle conserve une capacité d’adaptation importante.
Pékin observe attentivement l’évolution des rapports de force et poursuit sa stratégie de puissance, tout en gardant un œil attentif sur Taïwan, dont le rôle dans la chaîne mondiale des semi‑conducteurs demeure crucial. JPB