Présente en Martinique dans le cadre du 30éme foire de Rivière Pilote et de rencontres avec des acteurs du territoire, Geraldine Lendor-Gabriel, mairesse de Castries, à Sainte-Lucie, a plaidé pour un rapprochement plus concret entre les deux îles. Son intervention met en avant une conviction simple, celle de peuples voisins qui se connaissent encore trop peu alors qu’ils ont beaucoup à construire ensemble. Les échanges, la solidarité, la compréhension mutuelle et le travail commun sont les fils conducteurs de cette prise de parole. Rencontre…
Vous avez tenu à être présente en Martinique. Pourquoi ce déplacement était-il important à vos yeux ?
Il était important pour nous d’être là, parce que ce type de rencontre donne du sens à la relation entre nos territoires. Quand Sainte-Lucie vient en Martinique, ce n’est pas seulement pour participer à un événement ou pour marquer une présence institutionnelle. C’est aussi une manière de dire que nous voulons aller plus loin. Nous voulons créer davantage d’occasions de dialogue, de contact et de coopération. Nous sommes des voisins immédiats dans la Caraïbe, avec des réalités qui, sur bien des points, se répondent. À partir de là, il devient logique de vouloir bâtir une relation plus forte, plus structurée et plus utile pour nos populations. Cette idée de rapprochement est bien celle qui ressort du document transmis.
Au fond, quel message vouliez-vous faire passer à travers cette visite ?
Le message principal, c’est que nos territoires ne doivent pas simplement se croiser de temps à autre. Ils doivent apprendre à travailler davantage ensemble. Trop souvent, dans notre région, chacun avance de son côté alors qu’il existe des intérêts communs, des défis communs et, très certainement, des solutions à construire ensemble. Il y a une proximité géographique, bien sûr, mais il y a aussi des proximités humaines, culturelles et régionales qui devraient nous pousser à renforcer les liens. L’idée n’est pas de rester dans le symbole. L’idée est d’encourager une dynamique durable, avec plus d’échanges, plus de compréhension mutuelle et davantage d’initiatives partagées. C’est bien ce que laisse entendre la transcription, même si elle reste partielle et parfois difficile à lire.
Dans vos propos, on sent aussi une volonté de solidarité entre les deux îles. Est-ce un point central ?
Oui, c’est un point essentiel. Les relations entre territoires voisins ne doivent pas se limiter aux temps forts, aux cérémonies ou aux moments de visibilité. Elles doivent aussi exister quand il faut se soutenir. Dans notre région, nous savons tous que les périodes difficiles peuvent arriver, qu’elles soient économiques, sociales, climatiques ou institutionnelles. C’est justement dans ces moments-là que la qualité des liens compte vraiment. Le fait de mieux se connaître, de mieux se parler et de développer des habitudes de coopération crée une base plus solide. Cela permet d’être plus réactifs, plus proches, plus à l’écoute les uns des autres. Dans le document transmis, cette idée de soutien réciproque dans les moments compliqués ressort clairement comme une justification forte du rapprochement souhaité.
Pensez-vous que cette coopération entre Sainte-Lucie et la Martinique peut prendre une autre dimension dans les années à venir ?
Oui, à condition qu’il y ait de la volonté et de la continuité. Les bonnes relations ne se décrètent pas une fois pour toutes. Elles se construisent avec le temps, avec des échanges répétés, avec des projets qui prennent forme et avec des responsables qui acceptent de faire vivre cette relation. Le document que vous m’avez transmis laisse entendre que cette démarche de rapprochement est déjà engagée depuis quelque temps, mais qu’elle doit encore se consolider. C’est souvent ainsi que commencent les choses importantes. D’abord une intention commune, ensuite des contacts plus réguliers, puis peu à peu des actions plus concrètes. Ce type de coopération peut grandir si chacun accepte de la nourrir dans la durée.
Qu’est-ce qui vous semble indispensable pour que cette relation fonctionne réellement ?
La première condition, c’est la compréhension mutuelle. On ne peut pas bien travailler ensemble si l’on ne prend pas le temps de comprendre les attentes, les contraintes, les priorités et les réalités de l’autre. Il faut dépasser la simple cordialité. Il faut apprendre à mieux se connaître pour construire des relations qui soient à la fois sincères et efficaces. La confiance naît de cette connaissance réciproque. À partir du moment où cette confiance existe, les projets sont plus faciles à imaginer, à discuter et à mettre en œuvre. Dans la transcription, cette idée revient de manière très nette, avec l’idée que mieux se connaître permet de mieux travailler ensemble.
Castries porte elle-même une vision de développement local. Cette ouverture régionale s’inscrit-elle dans cette logique ?
Oui, cela s’inscrit pleinement dans cette logique. Dans des communications officielles antérieures, Geraldine Lendor-Gabriel a déjà expliqué que le développement de Castries passe aussi par des relations renforcées avec des partenaires locaux, régionaux et internationaux, avec l’idée de mobiliser des soutiens, des opportunités et des ressources extérieures au bénéfice de la ville. Cette orientation montre que l’ouverture n’est pas un sujet secondaire, mais une composante de sa vision municipale. Dans ce cadre, un rapprochement avec la Martinique apparaît cohérent, parce qu’il s’inscrit dans une lecture plus large du développement et du rôle que peuvent jouer les coopérations régionales.
Votre présence en Martinique peut-elle être vue comme un signal politique et territorial ?
Oui, dans une certaine mesure. Une visite de ce type dit quelque chose. Elle signifie qu’il existe une volonté de contact direct, une volonté de reconnaissance mutuelle, et aussi une volonté de sortir des relations purement protocolaires. Lorsqu’une mairesse se déplace pour participer à une foire et rencontrer des acteurs d’un territoire voisin, elle envoie forcément un signal. Ce signal, ici, semble être celui d’un intérêt réel pour une relation plus vivante entre Sainte-Lucie et la Martinique. La transcription ne détaille pas de programme précis de coopération, mais elle exprime clairement cette volonté de rapprochement et de travail commun.
Concrètement, que peut produire une meilleure relation entre Sainte-Lucie et la Martinique ?
Elle peut produire beaucoup, à condition d’être prise au sérieux. Elle peut d’abord améliorer la circulation des idées, des expériences et des bonnes pratiques. Elle peut aussi créer des occasions de rencontre plus fréquentes entre institutions, acteurs économiques, organisateurs d’événements, responsables locaux et porteurs de projets. Elle peut enfin contribuer à faire émerger une véritable habitude de coopération caribéenne, fondée non pas sur les grands discours, mais sur des échanges concrets. Le document ne donne pas le détail de futurs projets, mais il exprime nettement cette ambition générale de construire davantage ensemble.
Cette volonté de rapprochement repose-t-elle aussi sur une vision plus humaine de la région ?
Oui, très clairement. Ce qui transparaît dans cette prise de parole, c’est une approche qui n’est pas uniquement administrative ou institutionnelle. Il y a derrière cela l’idée que des peuples voisins ont intérêt à mieux se connaître, à se soutenir et à se respecter dans leurs différences comme dans leurs proximités. Cette dimension humaine est importante, parce qu’elle donne du sens à la coopération. Elle rappelle qu’avant les dispositifs, les accords ou les projets, il y a des femmes, des hommes, des communautés et des territoires qui peuvent décider de mieux avancer ensemble. C’est cette philosophie d’ensemble qui ressort le plus nettement du texte transmis.
Un mot pour conclure ?
Ce que cette parole rappelle, c’est qu’entre Sainte-Lucie et la Martinique, la proximité ne devrait pas être un simple constat géographique. Elle peut devenir une force. Encore faut-il lui donner un contenu, une direction et une continuité. À travers cette intervention, Geraldine Lendor-Gabriel semble défendre une idée simple mais importante, celle d’une Caraïbe de voisinage, de coopération et de soutien mutuel. Une idée qui, dans le contexte martiniquais comme dans celui de Sainte-Lucie, mérite d’être entendue. Le maire de Rivière Pilote et nous avons signé un pacte d’amitié qui amènera à un jumelage des deux communes dans un avenir proche.
Roland Dorival et Philippe PIED








