Accord interterritorial inédit, nouveau contrat de concession avec EDF, investissements soutenus dans le réseau et l’éclairage public : le Syndicat mixte d’énergie de la Martinique a connu six années de transformation. Un bilan qui pose les jalons de la transition énergétique du territoire.
Faire de la Martinique une référence en matière d’énergie. Telle est l’ambition que s’est fixée le Syndicat mixte d’énergie de la Martinique (SMEM) au fil des dernières années. Une montée en puissance que vient de prolonger la reconduction de Ralph Monplaisir à sa présidence, le 28 mai dernier, pour une nouvelle mandature de six ans. Nous publierons très prochainement une interview du président réélu.
La première étape marquante intervient en mars 2022. La Martinique, la Guadeloupe et la Réunion signent à Fort-de-France un accord présenté comme historique. Pour la première fois, trois territoires insulaires s’unissent d’une seule voix face aux opérateurs nationaux, afin d’exiger davantage de transparence et d’investissement sur leurs réseaux. Un an plus tard, en février 2023, une refonte des statuts vient acter l’élargissement des missions de l’institution : le syndicat mixte d’électricité devient syndicat mixte d’énergie, signe d’un périmètre désormais bien plus large que la seule distribution électrique.
L’année 2024 confirme cette dynamique. En avril, le SMEM organise en Martinique une table ronde consacrée au réseau dans les territoires d’outre-mer. L’événement mobilise les parlementaires martiniquais ainsi que les autorités organisatrices de la distribution de l’électricité de Martinique, de Guadeloupe, de Guyane et de la Réunion. Il renforce la posture commune de ces territoires face à EDF et concrétise leur coopération. La même année, le SMEM signe avec l’opérateur un nouveau contrat de concession portant sur trente ans d’engagement, au plus près des exigences des élus et de leurs ambitions pour le développement du réseau de distribution : extension, renforcement et enfouissement des lignes.
Sur le terrain, les chiffres traduisent cette dynamique. Selon le SMEM, près de 17 millions d’euros ont été investis dans le réseau depuis 2022. À cela s’ajoutent 28 millions d’euros consacrés au programme PEPP, une nouvelle offre de gestion de l’éclairage public. Vingt communes l’ont déjà adoptée, avec à la clé 70 % d’économies réalisées.
Énergies renouvelables, mobilité électrique, réseau intelligent : c’est sur ces fronts que le SMEM entend désormais avancer, en s’appuyant sur un nouvel organigramme pensé pour renforcer ses compétences. Autant de chantiers qui dessinent la Martinique énergétique de demain.
Philippe Pied





