Les 18 et 19 juin 2026, la Barbade accueille le Caribbean Economic Forum. Cette plateforme cible plus d’un milliard de dollars de transactions en 48 heures. Pour la Martinique, cet événement d’investissement caribéen arrive à un moment décisif.
Un forum conçu pour les transactions, pas pour les discours
L’ambition est claire dès le départ : le Caribbean Economic Forum (CEF) 2026 refuse d’être une tribune classique. Clinton White, principal du CEF, souligne le positionnement unique. La plateforme est structurée comme un espace de deals concrets. Elle canalise des capitaux privés vers l’économie réelle.
Les secteurs ciblés couvrent la transition énergétique, les systèmes d’eau modernes, les ports résilients et les infrastructures climatiques. En pratique, le forum réunit environ 150 investisseurs. Des institutions de financement du développement, des dirigeants gouvernementaux et des cadres du secteur privé y participent.
Quatre filières structurent les échanges
Première filière : transition énergétique et systèmes électriques résilients. Deuxième : eau, ports et infrastructures climatiques. Troisième : modernisation des systèmes agricoles. Quatrième : économie bleue, infrastructures maritimes et résilience côtière.
Ces quatre secteurs bénéficient de plus de 5 milliards de dollars de financement mixte. Garanties et assistance technique sont incluses. Le forum cible un minimum d’1 milliard de dollars de transactions concrètes. Cela se fera sur les deux journées de l’événement. Gregory N. Hill, fondateur du CEF et associé gérant d’ACERO CAPITAL, résume ainsi : la Caraïbe possède davantage d’opportunités bancables que de bilans capables de les absorber.
La Barbade, hub d’investissement caribéen
Le forum inaugural a été lancé le 17 février à New York. Une table ronde d’investisseurs a été co-organisée avec 17 Asset Management. Depuis, Invest Barbados a signé un accord formel avec le CEF. La Barbade affirme son ambition de devenir le principal hub de mobilisation de capitaux régional.
Ce positionnement barbadien reflète une dynamique plus large. Les flux d’investissements directs étrangers vers l’Amérique latine et la Caraïbe ont augmenté en 2025. Les investisseurs internationaux redécouvrent la zone. De plus, la région a installé environ 700 MW en énergies renouvelables. Cependant, l’agriculture, le tourisme et l’économie bleue subissent des pressions climatiques croissantes.
La Martinique à la croisée des chemins
Pour la Martinique, cet événement surgit à un moment clé. L’accord d’adhésion à la CARICOM a été signé le 20 février 2025 à la Barbade. Serge Letchimy et la Première ministre Mia Mottley ont paraphé cet accord. Il constitue désormais le socle juridique permettant la participation aux travaux caribéens.
Néanmoins, plusieurs obstacles demeurent. Le statut de région ultrapériphérique de l’Union européenne impose des contraintes réglementaires strictes. La Martinique opère dans un cadre normatif distinct de celui de ses voisins anglophones. Cela freine la conclusion de partenariats directs avec d’autres membres de l’adhésion à la CARICOM.
Des secteurs où la Martinique peut peser
Néanmoins, les quatre filières ciblées par le CEF résonnent avec les priorités martiniquaises. La transition énergétique figure au cœur du programme de la Collectivité Territoriale. L’objectif : atteindre 100 % d’énergies renouvelables en 2030. L’expertise accumulée en solaire, géothermie et stockage constitue un atout crédible.
L’économie bleue constitue un autre terrain de convergence. La Martinique dispose d’un domaine maritime exceptionnel. La filière pêche est structurée et compétitive. Ces deux atouts intéressent précisément le CEF. Quant à l’agriculture, les filières canne, banane et maraîchage pourraient bénéficier de financements mixtes. Tout dépend de porteurs de projets maritniquais actifs.
Sur la transition énergétique en Martinique, les opérateurs locaux accumulent une expertise reconnue. Le financement de projets de pêche durable pourrait accélérer via ce forum.
Investissement caribéen : être présent pour exister
Le Caribbean Economic Forum n’est pas un événement parmi d’autres. C’est une fenêtre d’opportunité concrète. Des capitaux sont identifiés. Des décideurs sont disponibles pour signer. Pour la Martinique, la question n’est pas l’intérêt du forum. Elle concerne clairement l’investissement caribéen.
La véritable question est celle-ci : qui siègera à la table les 18 et 19 juin 2026 à Bridgetown ? La CTM y sera-t-elle ? Le port ? Les chambres consulaires ? Les entreprises privées ? C’est en participant activement à cet événement que la Martinique pourra concrétiser son partenariat caribéen et sécuriser des financements régionaux pour sa transformation économique.





