Le dossier vient de connaître son dénouement — hier, jeudi 11 juin. L’Assemblée nationale a rejeté par 74 voix contre 64 la proposition de loi visant à relancer la recherche d’hydrocarbures dans les outre-mer , texte qui visait à déroger à la loi Hulot du 30 décembre 2017.
La chronologie : PPL n°185 déposée le 3 décembre 2025 par le sénateur guyanais Georges Patient (RDPI), adoptée au Sénat le 29 janvier 2026 par 227 voix contre 105 malgré l’avis défavorable du gouvernement, rejetée en commission des affaires économiques le 3 juin (suppression de l’article 1er par amendements LFI/Écologistes), puis rejetée en séance le 11 juin, dans le cadre de la niche GDR, avec Jean-Victor Castor comme rapporteur .
Trois angles forts de cette affaire
La fracture Guyane/gauche hexagonale. Castor et Rimane ont publié un communiqué parlant de « choc » et de « rupture avec la gauche française » — un écho direct à la rupture PPM-PS côté Martinique. À l’issue du vote, Castor a appelé les Guyanais à la désobéissance civile depuis l’hémicycle , dénonçant la « continuité des rapports coloniaux » et un vote qui risque de « créer des troubles à l’ordre public » .
L’union sacrée locale, inédite.
Plusieurs communes ont fermé leurs mairies au public le 11 juin à l’appel de l’Association des Maires de Guyane ; l’Assemblée de Guyane avait voté dès le 29 janvier une motion de soutien , et Serville lui-même plaide pour l’offshore. Le texte a été soutenu par des députés ultramarins, communistes, RN-UDR, Horizons et LR — une coalition transpartisane atypique.
Le contraste régional. 52,9 % de la population guyanaise vit sous le seuil de pauvreté, tandis qu’à moins de 300 km le Guyana produit plus de 660 000 barils/jour depuis les découvertes d’ExxonMobil, le Suriname suivant avec TotalEnergies – une « incohérence » pointée par l’Assemblée de Guyane . À noter en contrepoint : les campagnes d’exploration depuis les années 1970 n’ont jamais confirmé de potentiel exploitable, et TotalEnergies a abandonné ses recherches en 2019, Pouyanné affirmant qu’« il n’y a pas d’hydrocarbures accessibles en Guyane » . Le rapport sénatorial Louault qualifie d’ailleurs la loi Hulot d’« initiative diplomatique davantage qu’écologique » et d’échec, aucun grand producteur n’ayant suivi – et rappelle qu’une dérogation outre-mer avait été introduite au Sénat en 2017 avant d’être supprimée par l’Assemblée en nouvelle lecture.
Gérard Dorwling-Carter





