Le tourisme caribéen explose : Curaçao, Bahamas et Antigua affichent des records.
Le tourisme caribéen vit un printemps exceptionnel en 2026. Plusieurs destinations concurrentes enregistrent des hausses spectaculaires. Dans ce contexte, la question du positionnement devient stratégique pour la région.
Curaçao : la nouvelle locomotive du tourisme caribéen
L’île néerlandaise affiche une dynamique impressionnante. Curaçao a enregistré 10,1 % d’arrivées supplémentaires en mars 2026. Cette croissance s’installe dans la durée depuis janvier.
En janvier, l’île a accueilli 79 387 visiteurs séjour, soit 8 % d’hausse. La durée moyenne de séjour progressait de 4 % pour atteindre 9,4 nuits. De plus, la croissance provient de l’Amérique du Sud (+15 %), l’Amérique du Nord (+8 %) et l’Europe (+6 %). L’Europe reste la première région émettrice avec 28 922 visiteurs.
Une stratégie marketing offensive
Cette performance n’a rien d’un hasard. L’office du tourisme curaçaolais a lancé une initiative marketing baptisée « Beyond the Blue ». Cette stratégie repositionne l’île au-delà de ses plages. Elle englobe culture, gastronomie, art et histoire.
Par ailleurs, plusieurs compagnies aériennes ajoutent des vols depuis les grands hubs nord-américains. Cette connectivité renforce le tourisme caribéen régional.
Bahamas : Nassau bat tous les records du tourisme caribéen

L’archipel bahaméen confirme son statut de géant régional. Le ministère du Tourisme a annoncé un record historique : 12,5 millions de visiteurs en 2025. Les arrivées ont progressé de 11,4 % sur un an.
Ce chiffre dépasse de plus de 70 % les niveaux d’avant-pandémie de 2019. La dynamique se poursuit en 2026 avec vigueur.
Au premier trimestre 2026, les arrivées étrangères totales ont bondi de 17,5 %. Elles ont atteint 3,8 millions de visiteurs. Les arrivées maritimes progressaient de 19,6 % et le segment aérien gagnait 5,2 %.
Le vice-Premier ministre souligne la portée stratégique de cette réussite. La directrice générale du Tourisme insiste sur la force de la marque Bahamas. Enfin, la nouvelle ligne directe Tampa-Nassau renforce la connectivité Caraïbes-États-Unis.
Antigua et la croisière : un modèle du tourisme caribéen
La croisière reste le moteur principal de la croissance régionale. Aux Bahamas, elle représente 86,5 % des arrivées totales. Cela correspond à plus de 10,6 millions de visiteurs maritimes, soit une hausse de 14 % sur un an.
Antigua bénéficie pleinement de cette tendance. L’île figure comme escale obligée des itinéraires MSC, Costa et Royal Caribbean. Son port de Saint John’s draine un flux constant de croisiéristes.
Les grands opérateurs augmentent leurs déploiements caribéens. Ils répondent à la demande croissante pour les vacances de luxe en courte distance.
Quelle riposte pour la Martinique ?
Face à ce contexte, le Comité Martiniquais du Tourisme doit accélérer. Présidé par Bénédicte di Geronimo et dirigé par Bruno Brival, dispose aussi d’une équipe au Bureau Amériques et une au Bureau France-Europe.
Miser sur la différenciation culturelle
La Martinique combine mer, plages, forêts et volcans. Le site UNESCO Montagne Pelée et Pitons du Nord est désormais Réserve mondiale de biosphère. L’île préserve aussi un patrimoine comme la yole, inscrite au patrimoine culturel immatériel.
Toutefois, ces atouts restent insuffisamment monétisés. La concurrence directe se cristallise sur la croisière.
Fort-de-France constitue déjà un port d’embarquement majeur pour MSC et Costa. L’enjeu consiste à convertir les escales en séjours longs. Il faut attirer la clientèle nord-américaine et canadienne – qui plébiscite Curaçao et les Bahamas. Enrichir l’offre culturelle hors saison carnavalesque demeure prioritaire.
Connectivité aérienne : le nerf de la guerre
Les exemples curaçaolais et bahaméen le prouvent : sans nouvelles liaisons aériennes, pas de croissance durable. L’ARCAM joue ici un rôle clé au conseil d’administration du CMT.
La pression sur les compagnies pour ouvrir des routes devient prioritaire. Le Canada et les États-Unis restent des marchés cibles essentiels. La connectivité aérienne demeure l’atout stratégique du tourisme caribéen martiniquais.





