À Fort-de-France, la cérémonie du 14 juillet 2026 a réuni militaires, policiers, gendarmes, douaniers, pompiers, personnels de santé et acteurs de la sécurité civile. Présidée par le préfet Étienne Desplanques, elle a permis de présenter au public (venu nombreux) les femmes, les hommes et les moyens engagés quotidiennement dans la protection de la Martinique. Dans un contexte marqué par la progression des trafics, le directeur interrégional des douanes Antilles-Guyane, Pascal Decanter, rappelle l’importance de la coopération entre les services de l’État et de la prévention auprès de la population.

« Toutes ces forces sont là pour vous, pour vous aider, vous accompagner et vous protéger. »
Tirs au canon, honneurs aux drapeaux, revue des troupes, remises de médailles, passage aérien et défilés à pied et motorisé ont rythmé la cérémonie organisée, mardi 14 juillet, allée de la Dissidence, sur le front de mer de Fort-de-France. Vingt et un coups de canon avaient été annoncés depuis la base navale du Fort Saint-Louis pour ouvrir cette matinée commémorative.
Sous la présidence d’Étienne Desplanques, préfet de la Martinique, les principales forces militaires et civiles présentes sur le territoire ont défilé devant un public venu nombreux. Militaires, policiers, gendarmes, douaniers, sapeurs-pompiers et anciens combattants ont notamment participé à la cérémonie.
Selon le préfet, cette édition a également permis de mettre en valeur les ambulanciers et les personnels du SAMU, présents pour la première fois dans le défilé, aux côtés des forces armées aux Antilles, du Régiment du service militaire adapté de la Martinique et des différents services de sécurité intérieure.

Trois hélicoptères dans le ciel de Fort-de-France

L’une des particularités de cette édition a été la présentation de trois hélicoptères basés en Martinique. Leur passage au-dessus du front de mer a rappelé l’importance des moyens aériens pour les opérations de surveillance, de secours, d’évacuation et de lutte contre les trafics.

« Tous ces moyens sont basés ici en Martinique »,
a souligné Étienne Desplanques. Pour le représentant de l’État, leur présence illustre la mobilisation permanente de services différents, mais complémentaires, au service de la sécurité des Martiniquais.
La cérémonie ne se limitait donc pas à une succession de formations et de véhicules. Elle entendait rendre visibles celles et ceux qui interviennent quotidiennement sur les routes, en mer, dans les quartiers, aux frontières, dans les ports et à l’aéroport.
Le public a d’ailleurs pu, après le défilé, aller à la rencontre des militaires, policiers, gendarmes, pompiers et personnels de la sécurité civile afin de mieux connaître leurs missions et leurs équipements.
Une commémoration inscrite dans l’histoire
Pour Étienne Desplanques, la fête nationale demeure également un moment de transmission historique. Le préfet a rappelé que le 14 juillet renvoie à la prise de la Bastille, à la remise en cause de la monarchie et à l’élan révolutionnaire qui a traversé la France et ses anciennes colonies.
Il a notamment évoqué les liens entre la Révolution française, les bouleversements intervenus à Saint-Domingue et la première abolition de l’esclavage en 1794. Une manière, selon lui, d’inscrire la cérémonie martiniquaise dans une histoire plus large, celle de la liberté, de la République et des combats menés pour l’égalité.
« Certains vont parfois jusqu’au sacrifice suprême. Ils méritent le respect, l’aide et le soutien de la population. »
Le préfet s’est ainsi félicité de la présence du public, considérant cette participation comme une marque de reconnaissance envers les personnels engagés. « C’est un immense honneur pour les troupes », a-t-il déclaré, en rappelant que ces femmes et ces hommes exercent parfois leurs missions dans des conditions particulièrement difficiles.
La douane en première ligne contre les trafics

La cérémonie a aussi été marquée par une simulation d’opération antidrogue réalisée par les agents des douanes. Sur le front de mer, plusieurs personnels ont présenté les différentes étapes d’une intervention contre un trafic de stupéfiants.
À la tête de la direction interrégionale des douanes Antilles-Guyane depuis novembre 2025, Pascal Decanter, administrateur supérieur des douanes, rappelle que son administration intervient à la fois dans la lutte contre les trafics, la sécurisation des échanges commerciaux et la perception des droits et taxes.
Les douaniers recherchent en priorité les stupéfiants, mais également les armes, le tabac de contrebande, les contrefaçons, les médicaments illégaux et les marchandises ne respectant pas les normes sanitaires ou commerciales. Les contrôles peuvent notamment porter sur les jouets importés à l’approche des fêtes de fin d’année.
Une autre partie de leur activité concerne le contrôle des déclarations effectuées par les entreprises et les particuliers. La douane vérifie la régularité du transport des marchandises, leur dédouanement, leur mise à la consommation et le paiement de la fiscalité applicable.
Une tendance toujours orientée à la hausse
Le bilan de l’année 2025 permet de mesurer l’importance de cette activité. En Martinique, environ 900 kilos de produits stupéfiants ont été saisis par les services douaniers, dont près des trois quarts étaient constitués de cocaïne. Plus de 10 tonnes de tabac de contrebande ont également été interceptées.
Pour 2026, les premières données disponibles indiquent, selon Pascal Decanter, une tendance qui demeure orientée à la hausse.
Face à cette pression, les douaniers interviennent dans les ports, à l’aéroport, sur les routes et en mer. Les moyens nautiques présentés lors du défilé permettent notamment d’intercepter les embarcations suspectées de transporter des produits illicites.
Ces interventions sont conduites en coopération avec la police, la gendarmerie, les forces armées aux Antilles et les services judiciaires spécialisés. Après la saisie des marchandises, l’objectif est de remonter les filières, d’identifier les organisateurs et d’interpeller les responsables des réseaux.
« Derrière les produits saisis, il y a des organisations et des personnes que nous devons aller chercher », insiste Pascal Decanter. La douane dispose pour cela de services spécialisés capables de participer aux enquêtes judiciaires et financières.
Prévenir et signaler
Le directeur interrégional appelle enfin à renforcer la prévention, notamment auprès des jeunes. Il invite la population à ne pas céder aux propositions d’argent facile et aux sollicitations des trafiquants, qui peuvent entraîner de lourdes conséquences judiciaires, familiales et sociales.
Il encourage également les personnes disposant d’informations sur des mouvements suspects, des transports inhabituels ou des activités pouvant être liées à un trafic à se rapprocher des autorités compétentes.
La cérémonie du 14 juillet aura ainsi permis de rappeler une réalité, derrière les uniformes et les démonstrations, la protection du territoire repose sur des professionnels mobilisés, mais également sur la vigilance et la coopération de l’ensemble de la population.
« La lutte contre les trafics ne se gagnera pas uniquement par les saisies, elle se gagnera aussi par la prévention, la vigilance et le refus collectif de l’argent criminel. »







