En visite en Martinique avant de rejoindre la Guyane, Catherine Vautrin a réuni jeudi matin les acteurs des forces armées, de la douane et de la justice du territoire à bord d’un bâtiment de la marine nationale. Au cœur des échanges : la lutte contre le narcotrafic, dont elle lie directement la montée en puissance à l’augmentation des homicides sur le territoire.
C’est au pas de course que Catherine Vautrin a effectué sa visite des forces armées en Martinique. Arrivée mercredi, la ministre des Armées et des anciens combattants a quitté l’île pour la Guyane, dès jeudi, tôt dans l’après-midi. Avant son départ, elle a participé ce jeudi matin à une réunion à bord du bâtiment de la marine nationale le Dumont d’Urville. Au centre des préoccupations de cette réunion, la lutte contre le narcotrafic. À bord, sur une table trône le résultat d’une saisie en mer : un ballot de drogue et un moteur sur lequel on peut distinguer les impacts de balles nécessaires pour arrêter l’embarcation. « Ce narcotrafic prend une place extrêmement importante en Martinique, en Guadeloupe et dans l’Hexagone. C’est la raison pour laquelle le gouvernement est très mobilisé », assure la ministre. L’objectif annoncé est d’arrêter les flux et de judiciariser de façon à condamner les auteurs. Catherine Vautrin souligne le lien entre le narcotrafic et l’augmentation des homicides dans le territoire. « Nous avons un sujet de sécurité publique. »
La ministre des Armées a annoncé que 140 personnes seront affectées en Martinique. « Nous allons augmenter les investissements supplémentaires de 150 millions d’euros d’ici à 2030 parce que c’est important que les moyens soient là. » Aériens, terriens, maritimes, Catherine Vautrin explique que tous les moyens militaires à disposition sont mobilisés dans la lutte contre le narcotrafic.

« La France est la deuxième ZEE (Zone économique exclusive) mondiale. Nous sommes bien évidemment un État des Caraïbes comme nous sommes un État de l’Indo-Pacifique. »
En 2024, les FAA avaient saisi 28 tonnes de produits stupéfiants contre plus de 35 tonnes en 2025. Soit une augmentation de 20%. Une hausse que la ministre attribue tant à l’intensification du flux des produits stupéfiants qu’à l’efficacité des forces armées. « C’est la raison pour laquelle nos équipes doivent continuer leur travail. C’est une addition de la mobilisation de chacun de nos moyens. » Elle poursuit : « Il s’agit non seulement de gêner ce trafic mais d’arrêter les auteurs parce que c’est mortifère. Nous connaissons les conséquences en matière financière et en matière humaine et c’est cela que nous voulons combattre. »
Outre la coopération intra nationale, la ministre des Armées insiste sur l’importance de la coopération internationale. « Nous travaillons avec des pays qui sont des pays concernés. Cette notion de protection de la sécurité de nos ressortissants et de l’interdiction des trafics nous conduit à avoir une action de l’État en mer. »
Laurianne Nomel





