COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE L’OECO
À travers la Caraïbe orientale, l’arrivée persistante d’algues sargasses présente depuis longtemps un défi critique pour les communautés côtières, les écosystèmes marins et les économies locales. Cependant, les enseignements tirés d’un voyage d’étude complet en Martinique et en Guadeloupe guident désormais une réponse transformée et axée sur les solutions au sein des États membres de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO).
Soutenue par le programme RIGHT du 11e FED de l’Union européenne et par le projet SARSEA, une délégation d’experts techniques et de décideurs politiques représentant neuf États membres de l’OECO a entrepris une mission stratégique (du 1er au 5 juin) afin d’examiner des modèles avancés de gestion et de valorisation. En observant les opérations menées dans les régions ultrapériphériques françaises de la Caraïbe, cette initiative visait à lier l’innovation technique aux politiques régionales, transformant ainsi une menace écologique partagée en un pilier essentiel de l’économie bleue caribéenne.

Mettant l’accent sur ce défi régional commun et sur la force des solutions collaboratives, Susana Agüero, gestionnaire de programme à la délégation de l’Union européenne auprès de la Barbade, des États de la Caraïbe orientale, de l’OECO et de la CARICOM/CARIFORUM, a souligné l’importance de ce partenariat :
« La Martinique fait partie des régions françaises qui s’attaquent exactement aux mêmes problèmes que ceux qui touchent les économies, la santé publique et le tourisme dans l’ensemble de la Caraïbe et des États membres de l’OECO. Nous apprenons directement de leur expérience. Ils ont mis en place un réseau intégré combinant plusieurs approches, allant de la collecte manuelle aux barrages maritimes spécialisés et au ramassage au large. De plus, les développements en cours en matière de stockage et de transformation permettront bientôt de convertir les sargasses en produits commerciaux de valeur, protégeant simultanément les secteurs vulnérables et la santé des communautés. »
L’urgence de mettre en œuvre ces solutions éprouvées est évidente dans toute la région, où la décomposition des algues sur les rivages, comme dans le village de pêcheurs de Soubise à la Grenade, libère des gaz toxiques et perturbe la vie quotidienne. Au-delà des perturbations côtières immédiates, les sargasses en décomposition dégradent les mangroves et les récifs coralliens essentiels, accélèrent l’érosion côtière et pénalisent lourdement les pêcheurs artisanaux en endommageant leurs équipements et en restreignant l’accès aux zones de pêche. Relever ces défis multifacettes exige l’approche coordonnée et interinstitutionnelle démontrée lors de cette mission.

L’un des objectifs majeurs de l’OECO est la valorisation, c’est-à-dire la conversion des sargasses brutes en ressources commercialement viables. Sur le site de Holdex au François, en Martinique, les participants ont observé des modèles fonctionnels de compostage et de production de bioénergie, démontrant comment les sargasses transformées peuvent améliorer les rendements agricoles jusqu’à 14 % ou fournir du biogaz rentable pour les besoins énergétiques.
Évoquant ces enseignements opérationnels lors d’une table ronde avec les autorités locales à Marie-Galante, Natasha Deterville-Moise, responsable par intérim de l’Unité de développement économique de l’OECO, a noté :
« Les données opérationnelles recueillies guideront directement l’élaboration de plans régionaux d’atténuation et d’adaptation robustes. En encourageant une collaboration active entre les parties prenantes publiques et privées, la Commission de l’OECO positionne les solutions éprouvées dans les territoires français comme un cadre pratique pour bâtir une Caraïbe orientale plus résiliente et durable. »
Tout au long de la tournée, les délégués ont examiné chaque étape du cycle de gestion des sargasses :
- Interception au large et protection côtière : Analyse des barrages de protection et des barges spécialisées en Martinique, conçus pour capturer les algues avant qu’elles n’atteignent les littoraux fragiles.
- Collecte respectueuse de l’environnement : Visite des sites de Macabou et de la Pointe Faula. Le Dr Hardin Jn. Pierre, représentant le ministère de l’Agriculture de Sainte-Lucie, a souligné que l’observation de la collecte manuelle était particulièrement instructive, car elle mettait en avant des méthodes évitant l’usage de machines lourdes qui compactent le sable des plages et perturbent les habitats critiques de nidification des tortues marines.
- Surveillance de la qualité de l’air et de la santé publique : Partenariat avec Madininair en Martinique et Gwad’air en Guadeloupe pour passer en revue les systèmes de surveillance et d’alerte précoce qui fournissent des alertes sanitaires basées sur des données fiables aux populations côtières.
- Protocoles de sécurité en première ligne : Miklembly Bridgeman, du ministère du Tourisme de la Grenade, a mis en avant la valeur des détecteurs de gaz individuels utilisés lors des opérations sur le terrain, soulignant que l’application de protocoles de sécurité similaires au sein de l’OECO sera essentielle pour protéger les équipes d’intervention.
En traduisant ces pratiques testées sur le terrain, ces cadres institutionnels et ces partenariats public-privé en politiques régionales concrètes, la Commission de l’OECO continue de faire progresser un avenir durable et résilient face au climat pour les communautés côtières de la Caraïbe orientale.






