L’égalité d’accès aux soins est l’un des piliers du pacte social français. Pourtant, dans les territoires ultramarins, ce principe reste souvent théorique. Espérance de vie plus faible, surmortalité infantile, déserts médicaux, difficultés d’accès financier ou géographique : les écarts persistent et interrogent la capacité des politiques publiques à répondre aux réalités locales. À travers son intervention au nom du Groupe des Outre-mer, Pierre Marie‑Joseph dresse un constat direct et appelle à une adaptation profonde des stratégies sanitaires.
Des indicateurs de santé préoccupants
Malgré l’universalité affichée du système de santé français, les Outre-mer cumulent plusieurs fragilités. Deux indicateurs suffisent à mesurer l’ampleur des écarts : l’espérance de vie et la mortalité infantile. Sur ces deux plans, les territoires ultramarins restent en retrait par rapport à l’Hexagone. À cela s’ajoute un vieillissement rapide de la population, qui accentue la pression sur les structures de soins.
Selon l’intervention, ces difficultés ne relèvent pas d’un hasard mais d’un ensemble de facteurs démographiques, économiques, géographiques, sociaux et environnementaux, combinés à des politiques publiques parfois mal ajustées aux réalités locales.
Des systèmes de soins sous tension
Plusieurs territoires ultramarins figurent parmi les plus grands déserts médicaux de France. D’autres ne disposent pas de toutes les offres de soins nécessaires. Partout, le manque de professionnels de santé est criant.
Résultat : certains citoyens renoncent à se soigner en raison de délais trop longs, de l’éloignement ou de contraintes financières. Une situation qui met à mal le principe même d’égalité devant la santé.
Les barrières ne sont pas uniquement géographiques. Elles sont aussi administratives et financières, freinant l’accès effectif aux soins pour une partie de la population.
Des pistes concrètes déjà engagées
L’intervention souligne que des solutions existent déjà dans les territoires. Le développement de maisons de santé et de centres pluridisciplinaires montre des résultats positifs. L’exemple des maisons de santé pluridisciplinaires universitaires, notamment expérimentées à La Réunion, est cité comme une voie prometteuse pour renforcer la présence médicale et l’ancrage des praticiens.
Trois leviers ressortent comme prioritaires :
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la formation
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l’attractivité
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la fidélisation des soignants
L’innovation est également présentée comme un outil clé pour réduire les contraintes de distance et améliorer la continuité des soins.
Vers une différenciation sanitaire territoriale
La crise du Covid-19 a révélé des limites dans la coordination et le fonctionnement des structures sanitaires. Pour y répondre, l’intervention plaide pour une véritable différenciation territoriale des politiques de santé.
Autrement dit, adapter les stratégies aux spécificités de chaque territoire plutôt que d’appliquer des modèles uniformes.
L’objectif final est clair : rétablir le pacte social et républicain par le droit effectif à la protection de la santé et à l’accès aux soins.
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Le texte intégral de l’intervention de Pierre Marie-Joseph est disponible ici : Télécharger le discours complet




