L’économiste Peter Schiff dresse un portrait assez sombre du marché de l’emploi et de l’état du marché immobilier alors que plusieurs signaux d’alerte évoquent 2008 et l’éclatement prochain d’une “bulle”…Source www.presse-citron.net – Par © Binyamin Mellish / Pexels

En ce moment, plusieurs économistes sont en train de tirer la sonnette d’alarme. Aux États-Unis, en particulier, la sortie de la pandémie de covid et l’éclatement de la crise de l’énergie s’est soldée surtout par une flambée de la dette fédérale, des destructions d’emploi de qualité et la création de nombreux emplois publics (pas forcément reflétée par des créations d’emploi de qualité dans le privé) ce qui assombrit, selon l’économiste Peter Schriff, un tableau déjà très sombre.

En effet, « le nombre d’Américains ayant plusieurs emplois a augmenté de près de 400 000 […] pour atteindre un nouveau record historique », note Peter Schriff qui souligne que les plus de 50 000 créations d’emplois de fonctionnaires “sapent la croissance économique” en conduisant “à des déficits plus importants et à plus d’inflation”.

Le décor d’une nouvelle crise plus grave qu’en 2008 est en place… reste le déclencheur

Interrogé sur du taux directeur et des prix dans l’immobilier il est d’avis qu’une “bulle” est bel et bien sur le point d’éclater, comme en 2008 – voire pire. Car dans une telle situation, avec d’un côté les prix qui continuent d’augmenter et de l’autre la baisse du nombre de crédits, les banques se trouvent cette fois encore dans une impasse. Elles ne peuvent d’un côté pas vendre autant de crédits immobiliers qu’avant. Mais de l’autre côté, elles restent incitées à le faire, pour ne pas se mettre en difficulté sur les garanties de prêts déjà octroyés.

Or, si en 2008, le coeur du problème était lié à un type de crédit spécifique de piètre qualité, appelé “subprime” – au tournant de 2024, il concerne absolument tous les crédits hypothécaires des banques. Ces dernières perdent déjà en ce moment de l’argent, avec un retour, qui est, au mieux, de 4%, pour un coût de l’argent qui est “aujourd’hui de 5,2%” aux États-Unis, note Peter Schriff. Et ce dernier de jeter un énorme pavé dans la marre : “l’ensemble du système bancaire [américain] est complètement insolvable”.

“Un ralentissement de l’économie va en réalité causer une accélération de l’inflation. La raison est que pendant que l’économie ralentit, les déficits budgétaires augmentent et le dollar chute. Ce développement cause encore plus d’inflation, ce qui pousse à la fois le rendement de long-terme et les prix de la consommation encore plus haut”, explique Peter Schriff sur 𝕏.

Au-delà de l’immobilier grand public, le secteur commercial est dans une situation encore pire – sur fond d’explosion du nombre de bureaux vacants et de “pertes énormes” déjà essuyées par les banques. Pour se protéger contre ce risque d’ampleur systémique, Peter Schriff, cité par Investing, conseille de se détourner des bonds du trésor américain et autres obligations en dollars. Et de n’investir que dans des valeurs refuge comme l’or et les matières premières, tout en misant, au-delà, sur les investissements capables de conserver une valeur réelle et de produire suffisamment de revenus pour suivre, a minima, l’inflation ou la devancer.

Et en France ? Début octobre, cet article publié par le journal Le Monde tirait également la sonnette d’alarme pour l’hexagone. Les propriétaires sont en ce moment forcés de baisser les prix de vente sur fond de baisse d’un quart du volume de transactions et du tarissement de l’octroi de nouveaux crédits immobiliers. Le marché vit, en Europe aussi, la fin d’un cycle d’euphorie. Dans le même temps du côté de la BCE, les taux d’intérêt des opérations principales de refinancement, de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt ont été relevés à respectivement 4,50 %, 4,75 % et 4,00 % le 20 septembre 2023.

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