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Covid-19 : pourquoi le gouvernement tente de lever les doutes sur le vaccin d’AstraZeneca

Covid-19 : pourquoi le gouvernement tente de lever les doutes sur le vaccin d’AstraZeneca
mars 05
02:47 2021
Temps de lecture : 4 minutes

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, se fait injecter une dose du vaccin AstraZenaca contre le Covid au Groupe hospitalier Sud Ile-de-France, à Melun (Seine-et-Marne), . (THOMAS SAMSON / AFP)

 

Ce vaccin est perçu comme moins efficace que ses concurrents des laboratoires  Pfizer-BioNTech et Moderna. A tort, explique l’exécutif, alors que la vaccination à destination des 50-64 ans avec des comorbidités vient de démarrer avec ce produit.

Article rédigé par 

Anne Brigaudeau

francetelevisions  

« Efficace, sûr et bien toléré. » Alain Fischer, le « Monsieur vaccin » du gouvernement, a passé plusieurs minutes à défendre le vaccin d’AstraZenaca, lors de la conférence de presse gouvernementale du 26 février consacrée aux mesures de lutte contre le Covid-19« Pour des raisons injustes, ce vaccin est considéré comme moins efficace et moins toléré » que ceux de Pfizer-BioNTech et Moderna, mais « ce  n’est pas exact », a asséné l’immunologiste.

Pourquoi l’exécutif tente-t-il de rassurer sur le vaccin mis au point par la firme suédo-britannique et les chercheurs britanniques d’Oxford, perçu comme moins efficace que ses concurrents à ARN messager ? Eléments de réponse, alors que les médecins généralistes peuvent, depuis le 25 février, administrer une première dose du vaccin AstraZeneca à leurs patients de 50-64 ans souffrant de comorbidités.

Parce qu’une étude écossaise rassure sur son efficacité 

Selon les dernières avancées scientifiques, le vaccin d’AstraZeneca serait finalement aussi performant que les vaccins à ARN messager de Pfizer-BioNtech et de Moderna pour éviter les formes graves de la maladie. Pour étayer ce propos, Alain Fischer a mis en avant une étude (lien en anglais) réalisée en Ecosse par l’université d’Edimbourg. Comme il l’a précisé, il s’agit d’une prépublication, qui n’a donc pas encore été revue par d’autres chercheurs et acceptée pour publication. Mais cette étude, réalisée à partir de l’administration de la première dose du vaccin d’AstraZeneca à 400 000 Ecossais, contient néanmoins, si elles sont confirmées, des indications intéressantes, a-t-il expliqué.

Ce vaccin offrirait ainsi « un taux de protection analysée à travers les hospitalisations qui est légèrement supérieur au taux de protection assuré par le vaccin Pfizer qui a été administré à 700 000 Ecossais. On est au même niveau de protection très élevé, à plus de 90% (…) ce qui est tout à fait remarquable ». Ce vaccin serait donc particulièrement efficace pour prévenir les formes graves de la maladie nécessitant une hospitalisation.

Sous une forme un peu plus directe, la ministre déléguée à l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, avait également fait le même constat, mercredi 24 février sur LCI.« Les dernières études scientifiques montrent que le vaccin AstraZeneca est très efficace sur les formes graves. Et c’est ce qu’on recherche. » 

Parce que le gouvernement veut convaincre les hésitants

Les autorités françaises veulent aussi vaincre les réticences des patients, notamment par rapport aux effets secondaires rapportés. Dans un hôpital de Rouen(Seine-Maritime) où 20 soignants avaient reçu une dose d’AstraZenaca, « un tiers a ressenti des symptômes grippaux » temporaires, rapporte France 3. « J’ai été vaccinée mercredi soir et j’ai été malade toute la nuit, j’ai eu de très gros frissons, j’ai 39,5 °C de fièvre« , témoigne ainsi une infirmière.

Dans son suivi hebdomadaire des effets indésirables des vaccins, publié le 26 février, l’Agence nationale du médicament (ANSM) confirme que « depuis le début de la vaccination avec le vaccin AstraZeneca, 971 cas d’effets indésirables ont été analysés (…). La grande majorité de ces cas concerne des syndromes pseudo-grippaux, souvent de forte intensité (fièvre élevée, courbatures, céphalées) ».

Est-ce grave ? Alain Fischer a reconnu, le 26 février, qu’il était exact que « certaines personnes jeunes » avaient « présenté un symptôme grippal » après avoir été vaccinées avec une dose d’AstraZenaca. Mais « il existe un moyen simple d’arrêter cette réaction, c’est de prendre du paracétamol juste avant la vaccination et si besoin, toutes les six heures. Ce vaccin est bien toléré », argumente-t-il dans la vidéo ci-dessous, évoquant le cas de confrères « ayant fait le choix de ne pas proposer le vaccin AstraZenaca à [leurs] patients ».

 

 

En revanche, Alain Fischer ne répond pas à la question de ce médecin interrogé par France Bleu Azur, qui s’interroge sur l’efficacité du vaccin d’AstraZeneca face au variant identifié en Afrique du Sud. Le sérum britannique n’est pas efficace contre les formes modérées du Covid-19 liées à ce variant, selon la chercheuse de l’université d’Oxford Sarah Gilbert qui dirige le développement du vaccin, mais pourrait le rester contre les formes graves de la maladie. 

Parce qu’il est urgent d’accélérer la vaccination pour endiguer l’épidémie

« Les personnes de 50 à 64 ans avec des comorbidités ont absolument besoin du vaccin, s’indigne encore Alain Fischer dans sa réponse aux médecins réticents à administrer le vaccin AstraZeneca. On ne peut pas attendre. » Pour lui, donc, il n’est pas question de retarder la vaccination alors que le produit est efficace. Au 22 février, selon les données fournies par le gouvernement, plus d’un million de doses d’AstraZeneca avaient été livrées à la France. Mais le 26 février, trois semaines après le début de la vaccination des soignants et au lendemain du début de la vaccination des 50-64 ans par les généralistes, seules 180 000 personnes avaient reçu une première dose de ce vaccin, selon les données compilées par Guillaume Rozier, fondateur du site

Quarante-huit heures plus tard, Guillaume Rozier remarquait que le mouvement s’accentuait, avec « 100 000 doses injectées en deux jours »

Parce que la vaccination pourrait être étendue aux 65-74 ans

Enfin, l’usage du vaccin d’AstraZeneca pourrait être étendu à la tranche 65-74 ans, tombée dans un « angle mort » de la stratégie de vaccination. Ces sexagénaires ou septuagénaires n’ont en effet droit ni au vaccin Pfizer-BioNTech (réservé aux plus de 75 ans), ni au vaccin d’AstraZeneca (destiné aux moins de 65 ans). Le ministre de la Santé, Olivier Véran, l’avait suggéré le 25 février. « Le vaccin AstraZeneca serait beaucoup plus efficace que ce qu’on croyait », y compris au-delà de 65 ans, « ce qui pourrait changer la donne », avait-il déclaré. « Il semble que ce vaccin soit efficace chez les personnes de plus de 65 ans », avait surenchéri Alain Fischer, avant d’ajouter que la Haute Autorité de santé (HAS) avait été saisie. Alors qu’elle réserve pour l’instant ce vaccin aux moins de 65 ans, la HAS « devrait revoir sa copie » et se « prononcer dans un délai de deux semaines sur une autorisation pour son administration à un public plus âgé », selon Le Journal du dimanche.


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