Jeudi 29 janvier 2026, le Sénat a adopté par 227 voix contre 105 une proposition de loi visant à lever, dans les territoires d’outre-mer, l’interdiction de recherche, d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures. Porté par le sénateur Georges Patient et examiné au nom de la commission des affaires économiques par Vincent Louault, le texte marque une inflexion notable dans l’approche française de la question énergétique en outre-mer.
Une réouverture encadrée
La proposition de loi ne concerne que les territoires ultramarins de la République française. Elle prévoit d’abroger les interdictions existantes afin de rouvrir la possibilité d’accorder des permis d’exploration et des autorisations d’exploitation d’hydrocarbures. Les promoteurs du texte insistent sur un développement « contrôlé et encadré » des activités extractives, supposé tenir compte des réalités environnementales et économiques propres aux outre-mer.
L’objectif affiché n’est pas une exploitation tous azimuts, mais la création d’un cadre juridique permettant, au cas par cas, d’évaluer des projets. Autrement dit, la loi ouvre une porte sans rendre automatique l’exploitation.
Des arguments énergétiques et économiques
Plusieurs impératifs sont mis en avant pour justifier cette évolution. D’abord, la sécurisation de l’approvisionnement énergétique de la France, dans un contexte international marqué par les tensions sur les marchés de l’énergie. Ensuite, la réduction de la dépendance extérieure et du coût des importations d’hydrocarbures.
Le texte met également en avant la perspective d’une activité économique stable dans les territoires ultramarins : emplois directs et indirects, retombées fiscales, structuration de filières locales et effets d’entraînement sur certains secteurs portuaires ou industriels.
La question de la compatibilité climatique
Les auteurs de la proposition de loi soulignent que cette réouverture devrait s’inscrire dans le respect de la trajectoire de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC). Cet argument vise à répondre aux critiques sur une éventuelle contradiction entre relance des hydrocarbures et engagements climatiques.
Reste que la conciliation entre exploitation d’énergies fossiles et transition énergétique demeure un point de débat majeur. Les opposants au texte alertent régulièrement sur les risques environnementaux, l’image des territoires concernés et la cohérence des politiques publiques à long terme.
Un débat loin d’être clos
L’adoption au Sénat constitue une étape politique importante, mais elle ne clôt pas le débat. La suite du parcours législatif et les positions du gouvernement comme de l’Assemblée nationale seront déterminantes.
Pour les outre-mer, la question dépasse la seule énergie : elle touche aux modèles de développement, à la souveraineté économique, à la protection des milieux naturels et à la place de ces territoires dans la stratégie nationale. La discussion sur les hydrocarbures en outre-mer s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur l’avenir énergétique et économique de ces régions.




