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    Home » L’IGNORANCE MILITANTE DE LA RÉFORME FONCIÈRE MARTINIQUAISE, PAR YVES-LÉOPOLD MONTHIEUX
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    L’IGNORANCE MILITANTE DE LA RÉFORME FONCIÈRE MARTINIQUAISE, PAR YVES-LÉOPOLD MONTHIEUX

    avril 30, 2024Aucun commentaire
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    Rien de ce qui suit ne figure aux programmes des Écoles et de l’Université. Dans les années 1960 – 1970, parmi les décisions faisant suite aux évènements de décembre 1959, trois mesures majeures ont été décidées par le gouvernement. Elles ont marqué de façon indélébile la société et l’histoire martiniquaises, mais aussi sa géographie. On les nomme BUMIDOM, SMA, Réforme foncière. Fruits d’un volontarisme incontestable, ces mesures s’étaient heurtées à l’opposition de la gauche classique (PCM, PPM, PS) et des mouvements indépendantistes. Regroupés à la marge du parti communiste sous le vocable ”gauchiste”, ces derniers se recommandaient des idées maoïstes, trotskystes, castristes et autres. Un condensé sulfureux qui a pu s’expérimenter lors des événements de Chalvet, en février 1974.


    Source : https://fondaskreyol.org/


    Tandis que le BUMIDOM est devenu la victime expiatoire de la lutte anticolonialiste et que le SMA (service militaire adapté) a su s’arracher à l’accusation d’“armée d’occupation coloniale”, les adversaires de la Réforme foncière usèrent et usent encore d’un artifice intellectuel inédit : le silence militant et la tenue des Martiniquais dans une totale ignorance de ce moment de leur histoire. Aucune génération de scolaires et d’étudiants n’en a entendu parler. Pire, nombreux sont les personnes vivant sur ces propriétés qui ne savent rien de l’origine de celles-ci. Aussi, après avoir réussi à noircir le BUMIDOM et échoué à en faire de même pour le SMA, on est parvenu à effacer de l’histoire la troisième grande mesure du gouvernement. La seule réforme foncière effectuée en Martinique, laquelle aura durablement redessiné la structure de la campagne martiniquaise.

    La récente affaire d’indivision successorale, qui a provoqué tant d’émois et fait ressurgir des traumatismes enfouis, pourrait être l’occasion de rappeler cette opération exceptionnelle qui a concerné des milliers de parcelles issues des habitations sucrières. Les soucis de succession relatifs à ces dernières s’ajoutent aux déboires causés par la transmission des plus anciennes. Contrairement aux deux premières mesures, les opposants ne se sont pas empressés de condamner ouvertement une réforme qui transformait des petits agriculteurs en propriétaires de leurs terres. Un tel discours eût discrédité leurs auteurs auprès du monde agricole et au-delà. D’autant plus que de nombreux cadres des partis politiques et des municipalités y trouvèrent leur compte.

    En ce premier décembre 1960 à l’Assemblée nationale, la réforme foncière voulue par le général de Gaulle avait conduit nos deux députés martiniquais, un de droite, Victor Sablé, favorable ; l’autre de gauche, Aimé Césaire, défavorable ; à une confrontation de haute tenue. Si l’opération n’était pas vraiment attendue, elle a servi d’aubaine aux agriculteurs désireux de développer leurs activités professionnelles, et aux autres, qui pouvaient ainsi devenir propriétaires, d’atteindre une ambition naturelle.

    Suggérée au début du siècle dernier par un directeur des services agricoles, une mesure analogue mais de moindre importance avait été prise localement, en Martinique. « Le conseil général de la Martinique [avait] racheté plusieurs grands domaines – “des habitations sucrières” – et les [avait] morcelés en lots de quatre ou cinq hectares »[1]. Très bien accueillie par le monde agricole, la Réforme de 1961 avait été combattue par le député-maire de Fort-de-France et son ancien ami du parti communiste, le maire du Lamentin. Dans l’une de ses figures de style, le député Aimé Césaire avait accueilli dans le même discours l’annonce du projet[2] par un vibrant « je dis donc bravo ! », pour le pourfendre aussitôt, y craignant « la transformation [des agriculteurs] en métayers ou colons partiaires sur de petites propriétés d’un hectare pour un loyer très cher, un tiers de la récolte[3] » ; ainsi que la perspective d’un « “microfundium” grevé de charges parasitaires considérables[4] ». Il préconisa une « réforme agraire, à l’exemple de Fidel Castro à Cuba[5] », et (ce qui peut être considéré comme le contraire) « l’accession à la propriété rurale rendue possible à une paysannerie sans terre[6]». C’est finalement la seconde recommandation qui advint : la fort peu castriste accession à la propriété.

    Tel n’était pas l’avis de Georges Gratiant qui partageait de façon absolue la fugace référence à la méthode cubaine de son ancien ami. Le dignitaire du PCM était, au contraire de Césaire, opposé à « l’amputation des grands domaines », au morcellement de la terre martiniquaise en petites unités agricoles et à l’entrée en propriété des travailleurs. N’était-ce pas, vu du PCM, faire une brèche dans l’unité de la classe ouvrière que de transformer des travailleurs en de petits servants du capitalisme ? L’opposition du maire était telle qu’il usa de références magico-religieuses pour décourager ses administrés de faire affaire, argumentation que cinquante ans plus tard le Président de la CTM fera usage pour sécher sa participation à l’inauguration d’une récente exposition vouée à l’art africain. Reste que dans cette affaire, le maire du Lamentin aura toujours été cohérent. D’une part, une fois acquises, il refusa de déclasser ces terres agricoles ou de permettre d’y construire ; d’autre part, il rétrocéda à son ancien propriétaire plusieurs hectares de l’habitation du Lareinty. En réalité, la commune en aurait fait l’acquisition pour les geler et limiter la portée du démembrement de l’habitation. Parions qu’à cette occasion un deal vertueux a pu être noué entre les deux parties, quant à leur destination.

    Notons enfin que pour suppléer la défaillance de leurs collègues du Lamentin et encouragés par le député-maire de Sainte-Marie, des petits agriculteurs de cette commune avaient pu acquérir des dizaines de parcelles, notamment au quartier Bois-Rouge, à Ducos. Par ailleurs, de nombreux militants communistes n’avaient pas suivi les consignes du parti, dont le regretté Dolor Banidol, pourtant cadre du parti, disparu en avion au cours d’une mission. Un ami du défunt devait déclarer à l’aîné des orphelins, laissés dans la misère : “Érèz di bonè papa zot té dézobéi le pawti. Sé sèl bagay i kité ba zot”.

    Fort-de-France, le 26 mars 2024

    Yves-Léopold MONTHIEUX

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