Le 27 août, Yan Monplaisir a lancé son avertissement : le congrès des élus du 25 septembre serait une mascarade institutionnelle, un pas de plus vers la concentration du pouvoir entre les mains de la Collectivité Territoriale de Martinique. Selon lui, la démocratie serait menacée, les résultats de la CTM depuis 2015 seraient médiocres, et les Martiniquais n’auraient pas demandé une telle réforme.
L’argument est commode. Mais il repose sur une lecture partielle des faits et sur une méfiance excessive envers un outil démocratique pourtant prévu par la Constitution. Car le pouvoir normatif local n’est pas une dérive autoritaire : il est encadré par la loi, contrôlé par le juge et, surtout, soumis au verdict du peuple. Il ne s’agit pas de s’arracher à la République, mais de lui donner un visage adapté à notre réalité insulaire.
Et si la CTM avait failli ? Les chiffres disent autre chose.
Le chômage a reculé de 19 % en 2015 à 12,5 % en 2022. Les résultats scolaires progressent : près de 90 % de réussite au bac en 2024. Le tourisme a rebondi : 720 000 visiteurs en 2022, plus du double de l’année précédente. Oui, les transports restent chaotiques. Oui, le chômage des jeunes, à 36 %, est un scandale. Mais ce bilan est contrasté, non désastreux. Ce qu’il prouve surtout, c’est qu’avec des leviers mieux adaptés, la Martinique peut avancer plus vite et plus loin.
Adapter les normes locales, c’est se donner le pouvoir d’agir sur ce qui compte. Simplifier des procédures pour construire plus vite, former nos jeunes en tenant compte de nos besoins réels, moduler les taxes locales pour alléger la vie chère sans étrangler les communes. C’est ça, le sens du débat du 25 septembre : rapprocher la décision de la vie quotidienne.
Alors non, refuser le congrès n’est pas un acte de prudence. C’est une dérobade. C’est confondre critique légitime et paralysie volontaire. La démocratie n’a rien à craindre du débat. C’est au contraire son oxygène. Le 25 septembre, il ne s’agit pas de décider à huis clos, mais de préparer avec transparence les choix qui devront être soumis aux Martiniquais. Refuser ce moment, c’est tourner le dos à l’avenir.
Gérard Dorwling-Carter



