La guerre en Iran n’est pas seulement un drame régional de plus pour la Guadeloupe et la Martinique .
Elle agit comme un véritable « sismographe » de nos fragilités économiques, en faisant grimper le prix du pétrole, du gaz, de l’électricité , des engrais et même de l’ensemble des biens de consommations.
Le baril de Brent évolue désormais autour de 100 à 110 dollars, soit près de 40 à 45 % de plus qu’avant les premières frappes en Iran.
Et les prix de référence du gaz en Europe ont déjà augmenté d’environ 60 à 80 % en quelques semaines.
Des conséquences sans mesure.
Dans un entretien récent avec The Economist, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a d’ailleurs prévenu que les perturbations énergétiques liées à la guerre au Moyen‑Orient pourraient entraîner des répercussions sur les économies qui devraient durer « des années », et non quelques mois, estimant que trop d’infrastructures ont déjà été endommagées pour espérer un retour rapide à la normale et jugeant que les marchés sont « peut‑être trop optimistes » quant à la durée et à l’ampleur du choc.
Quand au Fonds monétaire international, il prévoit que l’économie d’une majorité de pays va souffrir des conséquences du conflit.
Rares seront les pays à sortir indemnes sur le plan économique et financier de la guerre au Moyen-Orient, prévient le Fonds monétaire international (FMI), qui s’attend à une croissance mondiale en forte baisse et à une inflation nettement plus élevée cette année.
Ce choc arrive au pire moment
Les économies n’ont pas encore digéré la crise sanitaire, la guerre en Ukraine, ni la montée des tensions commerciales qui fragmentent la mondialisation.Dans ce contexte, la guerre en Iran agit comme un « choc de plus », mais un choc de trop.
Car il ne s’agit pas seulement d’un événement isolé.
Il s’additionne à la hausse du coût du crédit, à la transition écologique à financer, aux dettes publiques déjà gonflées par les crises successives. Les chocs ne se succèdent plus, ils se superposent jusqu’à devenir dévastateurs pour l’économie, et la Guadeloupe et la Martinique ne devraient pas y échapper quelque soit la future configuration politique et institutionnelle.
JM Nol