Lundi et mardi, les acteurs locaux du tourisme se sont rejoints aux Trois-Îlets à l’occasion de « stratégie tourisme durable, deux jours pour agir ». Dans hall de l’hôtel Bakoua, s’était érigé un village des solutions pour l’occasion. Ce moment fort a permis de sensibiliser les professionnels au tourisme durable.
Près d’un million de visiteurs ont foulé le sol martiniquais en 2024. Une manne de plusieurs centaines de millions d’euros pour l’économie locale. Mais qui pourrait bien se tarir. Dans les années 1980, la Martinique est une destination touristique à la mode et connaît un tourisme de masse. Seulement voilà, le tourisme, il a changé. Bien que, lors de la haute saison, les avions et les bateaux déversent un flot massif de visiteurs, ces derniers aspirent à plus. Plus que la plage, la mer et le ciel bleu. Le touriste est en quête d’authenticité. C’est là qu’intervient le tourisme durable. Une façon de voyager qui respecte l’environnement et la culture locale. Le voyageur veut être éco responsable et veut par conséquent consommer éco responsable. Les entreprises qui les accueillent se mettent au vert. C’était l’objet de la rencontre organisée par la CCI (Chambre de commerce et d’industrie), lundi et mardi à l’hôtel Bakoua des Trois-Îlets. L’événement « stratégie tourisme durable, deux jours pour agir » est la nouvelle formule condensée de la semaine du tourisme durable.

L’objectif est d’accompagner les entreprises qui souhaitent amorcer ce virage ou celles qui souhaitent poursuivre leur démarche de transition écologique. « Il ne faut pas se voiler la face. Nous avons un environnement qui est très changeant. Nous avons une pression sur les milieux naturels qui peut avoir un impact sur le produit ou le service proposé par le professionnel », alerte Rodrigue Vallié, responsable du pôle tourisme et animation du territoire à la CCI. Un changement de pratique s’impose. Lors de cette rencontre, les entreprises ont été sensibilisées au tri et à la réduction des déchets, à la sobriété énergétique, la valorisation de leur engagement environnemental. L’accessibilité pour les personnes porteuses de handicap entre également dans le domaine du tourisme durable dans une logique inclusive.
Un véritable changement de cap
Le changement de cap vers le tourisme durable n’est pas qu’une question de mode. Il s’agit de faire perdurer l’activité économique en préservant l’environnement tout en séduisant une clientèle de plus en plus sensible à cette thématique. « Il y a des clients qui choisissent un établissement en lien avec son empreinte environnementale et de ses actions en faveur de l’environnement », explique Rodrigue Vallié.

Expertise conseil, gestion des déchets, énergies renouvelables, le village des solutions mis en place par la CCI regorge de clefs pour saisir la transition écologique. Parmi les exposants, l’entreprise Green advisor FWI et Gabrielle Mauvois, consultante en tourisme durable. Elle est là pour mettre le pied à l’étrier des entreprises souhaitant s’engager dans cette voie environnementale. « Le tourisme durable, c’est tout ce qui est responsabilité sociétale des entreprises : le respect de l’environnement, le bien être des salariés, des communautés locales mais aussi l’aspect économique », indique Gabrielle Mauvois. L’ambition est de sortir du tourisme de masse tel que l’a connu la Martinique. Une tendance mondiale, assure la consultante. « Les entreprises n’auront pas d’autres choix que de se mettre à la responsabilité sociétale parce que cela devient en plus une obligation règlementaire. C’est mieux de prendre ce tournant avant d’y être obligé. »
« Préserver la nature pour les générations futures »
En matière de transition écologique, l’hôtel Bambou resort aux Trois-Îlets fait figure de bon élève. En effet, la structure d’hébergement a entamé son virage il y a déjà une décade. Elle bénéficie de plusieurs labels dont « Destination d’excellence » et « Green globe ». Tri des déchets, récupération, recyclage, la réduction à la source, économie d’énergie. « On fait attention aux installations de climatisation. On essaie d’avoir des classes A ou B. Pareil pour les ampoules. On est au 100% led », précise Marc Adélise, assistant de direction et chargé RSE à l’hôtel Bambou. Les clients qui séjournent ne sont pas insensibles à la démarche. « Ce sont des efforts qui sont soutenus et continus. La direction croit au développement durable. Elle pense que notre activité a un large impact sur notre environnement. Nous sommes au bord de l’eau, nous en sommes les premiers témoins. On doit préserver notre nature pour les générations futures. »
Laurianne Nomel





