Le 3 juin 2026, la Secrétaire générale de la CARICOM, Dr Carla Barnett, a porté la voix caribéenne au Sommet des États insulaires sur l’océan à Tokyo. Son plaidoyer a structuré autour de la gouvernance océanique, du climat et de la biodiversité. Cette approche interpelle directement les territoires français des Antilles.
Tokyo, scène mondiale de l’urgence caribéenne
Les 3 et 4 juin 2026 à Tokyo, chefs d’État et représentants des États insulaires du monde se sont réunis. Cet événement était dédié à l’action durable pour des îles résilientes. Dans cet amphithéâtre diplomatique inédit, la CARICOM a présenté son approche régionale de la gouvernance océanique.
Cette approche souligne l’importance d’intégrer trois éléments clés. D’abord, la résilience climatique. Ensuite, la conservation de la biodiversité. Enfin, le développement durable. Ces trois piliers doivent construire des économies bleues solides.
Les contraintes des petits États insulaires
Dr Carla Barnett dirige la CARICOM depuis 2021. Cette économiste bélizerienne a mis en lumière les contraintes majeures. Les petits États insulaires en développement font face à des impacts du changement climatique severes.
Cinq obstacles bloquent leur action. Le financement reste insuffisant. Les questions de sécurité maritime persistent. Le manque de données scientifiques limite les décisions. Les capacités techniques demeurent limitées. Par conséquent, la vulnérabilité des Caraïbes n’est pas seulement environnementale. Elle est aussi profondément institutionnelle.
Une région en première ligne – Initiative Vision 30×30
Les Caraïbes subissent déjà les effets d’une crise qu’elles n’ont pas créée. Les ouragans s’intensifient. Les sécheresses deviennent prolongées. L’érosion côtière s’accélère. Le blanchissement des coraux progresse. Les pertes économiques croissent.
Ces phénomènes menacent directement cinq secteurs clés. Les infrastructures côtières sont exposées. Le tourisme dépend d’un environnement sain. L’agriculture subit des impacts directs. Les moyens de subsistance des populations s’amenuisent. Par ailleurs, la responsabilité globale reste inégale : la CARICOM ne contribue que marginalement aux émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Pour répondre à cette injustice climatique, douze gouvernements caribéens ont lancé lors du sommet une initiative novatrice. L’initiative « Actioning Blue : Vision 30×30 pour les Caraïbes » vise un objectif ambitieux. Elle prévoit d’atteindre 30 % d’aires marines protégées d’ici 2030. Cet objectif s’aligne avec le cadre mondial sur la biodiversité adopté à Montréal en 2022.
Toutefois, le financement reste un point critique majeur. L’objectif de développement durable n°14 concerne la conservation et l’exploitation durable des océans. Cet objectif demeure l’un des moins dotés à l’échelle internationale.
Un mécanisme régional de gouvernance océanique en action
La dynamique ne se limite pas aux tribunes onusiennes. En amont du sommet de Tokyo, une avancée institutionnelle a été franchie. Un total de 17 États et 9 organisations intergouvernementales ont signé un mémorandum d’entente.
Ce mémorandum établit un mécanisme de coordination. Son objectif : assurer une gouvernance océanique intégrée. Elle couvre les grands écosystèmes marins de la Caraïbe et du Plateau nord-brésilien. Ainsi, ce mécanisme renforce la coopération entre pays.
De surcroît, la CARICOM avance des actions régionales coordonnées. Le financement climatique figure parmi les priorités. La gouvernance océanique reste centrale. La protection de la biodiversité s’impose comme urgence. Pour la Dr Barnett, l’océan ne symbolise pas seulement une réalité géographique. Il représente l’identité même, la culture et la survie des peuples caribéens.





